Stop Racisme Canada veut rapprocher les communautés racisées des pouvoirs

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Le fondateur de Stop Racisme Canada, Joe Tamko. Photo: Sandjong Tchami Cédrick Donald, Association étudiante de l’Université de l’Ontario français, ProfiPreneur Board Impact
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Publié 09/03/2026 par François Bergeron

Le communicateur et animateur torontois Joe Tamko, très engagé auprès des communautés noires, crée un organisme national, Stop Racisme Canada, avec l’objectif de «donner aux communautés racisées les outils pour accéder au pouvoir économique, politique et médiatique».

Le lancement officiel sur LinkedIn Live est programmé le samedi 14 mars à midi. Un site web stopracisme.ca est en construction. L’ambition est d’offrir dès septembre prochain des programmes de construction de marque personnelle, communication stratégique, littératie financière, rédaction de demandes de subventions et formation en vue d’intégrer des conseils d’administration.

Le nouvel organisme sera d’abord orienté vers la communauté francophone, mais sera ouvert aux alliances avec des organismes anglophones.

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Le logo du nouvel organisme.

Enjeu de pouvoir

«Le racisme systémique n’est pas seulement un enjeu social», estime Joe Tamko. «C’est aussi un enjeu de pouvoir, d’accès, de narration et de compétences stratégiques.»

«Il ne suffit plus de dénoncer le racisme systémique. Stop Racisme Canada veut devenir un véritable acteur de transformation sociétale, combinant média, formation, accompagnement et lobbying. L’objectif est d’outiller les personnes racisées pour qu’elles prennent leur place dans toutes les sphères du pouvoir: économiques, politiques et institutionnelles.»

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Le racisme systémique vient, selon lui, du peu de personnes racisées dans les institutions. Augmenter leur présence là où se prennent les décisions contribuera à le réduire ou l’éradiquer. Stop Racisme Canada servira donc d’incubateur de talents.

Français de parents camerounais, Joe Tamko possède une vingtaine d’années d’expérience de communication et de gestion de projets en Europe, au Japon et en Amérique du Nord. Il a vécu huit ans à Montréal et plus de dix ans à Toronto. Il a notamment animé l’émission Stop racisme 105.1 à CHOQ-FM en 2022.

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Joe Tamko animant un atelier au Centre francophone du Grand Toronto. Photo: CFGT

Formations, média, lobbying, technologies

Stop Racisme Canada reposera sur quatre piliers intégrés, explique-t-il à l-express.ca: former les individus; changer le narratif médiatique; faire du lobbying pour des politiques équitables; et démocratiser l’accès aux outils technologiques comme l’IA.

Pour l’instant, il multiplie les rencontres avec des partenaires potentiels et il participe à des événements lui permettant de s’adresser à sa clientèle cible, notamment les jeunes afro-descendants.

«Je pousse les gens à se poser les questions suivantes: Qui raconte notre histoire? Qui décide des budgets dans nos écoles? Qui siège dans les conseils d’administration? Qui a accès aux leviers économiques? Trop souvent, les personnes racialisées sont absentes de ces espaces, et quand elles y sont, elles n’ont pas toujours les outils pour y rester ou pour y avoir un impact réel.»

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Stop Racisme Canada se donne donc pour mission «d’autonomiser et de mobiliser les personnes racialisées au Canada en leur offrant des outils de communication stratégique, de leadership et de développement économique».

Son slogan: «De la parole au pouvoir».

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Joe Tamko (à droite) lors d’une activité au Centre francophone du Grand Toronto. Photo: CFGT

Gouvernement fédéral raciste

Selon lui, «attendre du gouvernement qu’il éradique le racisme systémique, alors que ce même racisme est présent au plus haut niveau de ses institutions, c’est être naïf».

Le gouvernement lui-même, s’indigne-t-il, «se bat en justice contre un recours collectif de victimes du racisme systémique au sein de la fonction publique, utilisant l’argent de nos taxes pour défendre un système clairement dysfonctionnel au lieu de rectifier en profondeur cette injustice».

Il fait allusion ici à un recours collectif de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) datant de 2020, débouté l’an dernier en cour fédérale pour des raisons procédurales. L’AFPC réclamait 2,5 milliards $ en dommages et intérêts pour 45 000 fonctionnaires qui auraient été victimes de racisme systémique.

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Le syndicat s’est alors tourné vers la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP), qui vient de confier l’affaire au Tribunal canadien des droits de la personne.

Parlement, fin de session
L’édifice du Parlement à Ottawa. Photo: archives l-express.ca

Joe Tamko mentionne toutefois que la Commission elle-même est accusée, par certains de ses employés, d’entretenir une culture du racisme anti-Noirs, de sexisme et d’autres discriminations. En 2023, le Conseil du Trésor et le Comité sénatorial permanent des droits de la personne ont tous deux dénoncé «une culture de racisme systémique» à la CCDP et «une crise de confiance» envers tout le système fédéral de protection des droits de la personne.

«C’est précisément ce genre de situation qui justifie l’existence d’un organisme comme Stop Racisme Canada», conclut Joe Tamko. «Quand les institutions censées protéger les victimes de discrimination sont elles-mêmes touchées par ce qu’elles doivent combattre, il faut que les communautés s’outillent par elles-mêmes.»

Cohérence

Au sujet de la multitude de stratégies antiracistes adoptées depuis des décennies par nos gouvernements, Joe Tamko estime que ces ministères et agences «accumulent année après année des recommandations sans mettre en place des actions déterminantes».

«La plupart des initiatives existantes se concentrent sur un seul aspect: la sensibilisation, la dénonciation ou la formation isolée.» Stop Racisme Canada promet d’«intégrer tout ça dans un écosystème cohérent».

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«C’est un positionnement apolitique, ancré dans l’action, et résolument tourné vers les résultats.»

Auteurs

  • François Bergeron

    Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et numériques, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

  • l-express.ca

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