Josée Ouimet: À quoi bon s’aimer si l’on doit se quitter?

Josée Ouimet, Le voyage de l’espoir, tome 2
Josée Ouimet, Le voyage de l’espoir, tome 2, Je reviendrai, roman, Montréal, Éditions Hurtubise, 2026, 326 pages, 26,95 $.
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Publié 25/03/2026 par Paul-François Sylvestre

Comment sait-on si on éprouve de l’affection ou de l’amour? Comment départager ces sentiments pourtant si forts? La réponse se trouve au cœur de l’intrigue que brode Josée Ouimet dans Je reviendrai, le tome 2 du roman Le voyage de l’espoir.

Le premier tome présentait Edith et Edward, deux jeunes Britanniques envoyés au Canada pour échapper aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale. On les retrouve chez les Gendron, leur famille d’accueil à Montréal où ils s’épanouissent loin de la fureur du Führer.

Fiancé disparu

Edith apprend le français, termine ses études et, à 18 ans, devient institutrice. Intelligente, généreuse et jolie, elle est courtisée par des jeunes hommes cherchant une épouse. Ils essuient un refus poli car Edith a un fiancé à Londres. Celui-ci ne lui a cependant plus donné signe de vie.

Le roman rappelle que «le Canada a voté à quatre-vingts pour cent pour la conscription, mais le Québec, lui, a voté contre à soixante-douze pour cent».

Une façon pour les jeunes hommes d’y échapper consiste à se marier. On voit des fils qui décident d’épouser leurs cousines, des arrangements convenus par les deux familles en ces temps incertains où rien n’est normal.

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Mariage de raison

À défaut de pouvoir ravir le cœur d’Edith, le fils de la famille Gendron lui propose un mariage de raison. Or, la jeune femme aspire seulement à une union basée sur «un amour dans lequel elle s’abandonnerait corps et âme. Un amour régi par des sentiments réciproques, par une loyauté sans faille.»

Trop de si et de peut-être se bousculent néanmoins dans la tête d’Edith. Si elle n’avait pas quitté l’Angleterre, comme le lui demandaient ses parents… Si elle avait pu former un couple avec son fiancé et fonder une famille…

Josée Ouimet excelle dans l’art de camper aussi bien des personnages qui nourrissent des sentiments non réciproques que des personnages qui nourrissent des sentiments ne ressemblant en rien à de l’amitié.

Revenir

Le titre du second tome, Je reviendrai, nous laisse deviner un dénouement trop facile de l’intrigue. Une petite voix ne cesse, en effet, de rappeler à Edith la promesse faite à ses parents de revenir en Angleterre.

Je ne vous cacherai pas, cependant, que ce Je reviendrai revêt une autre signification pour le jeune frère d’Edith…

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Le contexte de la conscription

Le roman illustre bien comment des Québécois ont voulu se sauver de la conscription parce qu’ils ne souhaitaient pas défendre un pays qui n’était pas le leur.

Il explique aussi que certains se sont enrôlés tout en refusant d’aller au front. Comment? En devenant des gardiens de prisonniers de guerre dans des camps de détention au Canada. Ces soldats qui ne portaient pas le brassard de combattant étaient appelés zombies.

Les deux tomes du roman Le voyage de l’espoir mêlent avec brio l’historique, le psychologique et le romantique. On ne s’ennuie jamais.

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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