En 2020, la Franco-Ontarienne Hélène Koscielniak abordait la transidentité comme sous-thème dans son roman intitulé Génération sandwich. Aujourd’hui, Laurence Caron-C. place ce phénomène au cœur de Portraits de Laurent, un plaidoyer pour un affranchissement de toutes formes de carcans.
Avant même le titre du roman, le livre s’ouvre sur une note biographique. On précise que la transidentité de Laurence Caron-C. influence sa pratique artistique. «Iel s’intéresse à tous les sujets qui, de quelque façon, se rapportent à l’identité, à la perte ou à l’invalidation de celle-ci, de même qu’aux phénomènes d’invisibilisation sociale.»
Laurent est le personnage principal. Dès l’introduction, on apprend que, un morceau à la fois, il se sera reformaté·e, remodelé·e, remastérisé·e, affiné·e, poli·e, raffermi·e, repeint·e, déformé·e, altéré·e, désaffecté·e, reformé·e, réimaginé·e, dégrossi·e, déconstruit·e et analysé·e.
Nouvelle identité
À l’école, Laurent a le casier 523 dans la rangée des secondaires 5. Un jour, sur son casier, il est écrit «crisse de fif» à l’encre noire. En écoutant la chanson Ma langue dans ton oreille, d’Amélie Prévost, il retient les mots suivants: «si tu n’es pas content change ou farme ta yeeeeule».
Laurent a une épiphanie. Quelle égérie! Ce sera son nom, son nouveau nom, sa nouvelle identité, sa prochaine persona. Laurent s’appelle maintenant Égérie. Son père ne veut rien savoir, évidemment, de «c’te lubie-là».


