L’histoire nous dira si le discours du premier ministre Mark Carney au Forum économique mondial de Davos aura l’effet que beaucoup d’analystes lui souhaitent. Le message sur l’état de la politique internationale a capté l’attention, mais l’un des points essentiels du premier ministre était surtout: investissez au Canada.
Sans aucun doute, l’allocution du premier ministre canadien était bien écrite, bien rendue, courageuse et empreinte de réalisme; ou de pragmatisme, comme il le dit souvent. Il a dit tout haut ce que beaucoup de chefs d’État semblent avoir de la difficulté à comprendre ou à accepter – du moins en public. Soit qu’il n’y a plus de grandes puissances économiques qui travaillent dans un esprit de collaboration.
Il ne faut cependant pas oublier où et devant qui ce discours a été fait. Le Forum économique mondial de Davos est une conférence sur le développement économique. Des milliers de chefs et cheffes d’État et d’entreprises y sont invités pour échanger sur la «croissance, la résilience et l’innovation», est-il écrit sur le site du Forum (traduction libre).
Les phrases coup de poing et les envolées lyriques de Mark Carney créaient une carte au trésor où le «X» était mis en évidence. S’il a peint l’image d’un monde où les relations internationales sont en pleine rupture et que les grandes puissances imposent l’instabilité, c’était pour mieux présenter le Canada comme un pays stable, fiable, où il est prudent d’investir.
«Nous avons»
Entre les constats politiques, il y avait plusieurs listes sur ce que le Canada a, ce que le Canada est. Le terme «we have» («nous avons») revient neuf fois dans le discours. Le terme «we are» («nous sommes») revient 18 fois en lien avec ce que le Canada fait ou représente.


