400 ans après, Molière fait encore rire


15 mars 2016 à 9h44

«Quand on aime le théâtre, on est presque obligé d’aimer Molière. C’est l’athlète complet du théâtre: à la fois un metteur en scène, un directeur de troupe et un écrivain», nous explique le metteur en scène Alain Vercollier après le spectacle des Indisciplinés Molière fait la comédie, vendredi soir dernier à l’Alliance française.

«C’est assez rare d’avoir les trois éléments», dit-il. «En plus, ça ne prend pas une ride. C’est encore d’une actualité formidable et très drôle. C’est aussi un devoir de faire continuer de faire connaître un patrimoine, pas seulement français ou francophone mais universel.»

«L’Alliance française m’avait demandé de monter un spectacle», raconte-t-il. «J’ai essayé de suivre la vie de Molière en intégrant des séquences qui illustraient bien où en était Molière à l’époque de manière chronologique. Je connaissais beaucoup de personnes de talent dans Les Indisciplinés.»

La pièce retrace, par l’intermédiaire de deux présentatrices, la vie de Jean-Baptiste Poquelin alias Molière, sous la forme d’un pot pourri atypique et comique des scènes les plus marquantes de ses œuvres.

Remarquablement bien jouée, le public – la salle était comble les 11 et 12 mars – était visiblement ravi à la fin. Un beau succès!

«J’aime bien les formules des pots pourris, car elle est assez souple», poursuit M. Vercollier. «Personnellement, je préfèrerais parfois monter une pièce du début à la fin, mais ça permet de donner beaucoup d’informations, d’être souple, de s’adapter au talent des acteurs et j’avais la contrainte de faire plaisir à beaucoup d’acteurs et actrices.»

Dix-neuf comédiens étaient présents sur scène et Alain Vercollier admet que ce spectacle fut un véritable défi. «Mais on avait un très bon technicien de l’Alliance française pour la musique.»

Professeur émérite de littérature et de théâtre à l’Université de York, Alain Vercollier est très actif dans la vie culturelle de la francophonie de Toronto. «Pour l’instant, je n’ai pas d’autres projets, je vais me reposer un peu, car cela demande beaucoup de répétitions. Même si le projet a été écrit depuis assez longtemps, les répétitions ont commencé en Janvier.»

«J’aime enseigner Molière: c’est toujours un plaisir d’entendre mes étudiants rire quatre siècles après.»

«J’ai de la tendresse pour Molière, car quand on connait un peu sa vie, c’est quelqu’un qui a eu beaucoup de courage, qui a beaucoup d’obstacles à franchir. On a dit beaucoup de mal sur sa vie personnelle. Il a été plus ou moins abandonné par Louis XIV vers la fin au profit de Lully. Il a eu une vie difficile, mais admirablement courageuse. Je pense qu’en 2016, on a besoin d’exemple comme cela pour la sagesse et savoir lutter contre l’obscurantisme.»

Alain Vercollier a fait remarquer que le succès de la pièce venait également du fait que certains personnages collaient de manière remarquable dans la peau des acteurs. «C’était une belle équipe, les acteurs avaient de la bonne volonté et beaucoup de talent.»

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