Wagner, l’aventurier de la musique

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Publié 21/05/2013 par Gabriel Racle

On peut ne pas aimer la musique de Wagner et lui préférer une musique plus classique. Mais on ne peut ignorer son existence et sa contribution musicale, surtout en cette année 2013 au cours de laquelle le monde musical tout entier commémore le 200e anniversaire de sa naissance.

L’Année Wagner

«Adulé par les uns, détesté par les autres : maître de l’opéra, Richard Wagner (1813-1883) ne laisse personne indifférent. À l’occasion du bicentenaire de sa naissance, les salles et les orchestres du monde entier rendent hommage en 2013 à cet incomparable génie du drame lyrique.»

C’est ainsi que l’ambassade d’Allemagne annonce triomphalement l’ouverture de l’Année Wagner.

Richard Wagner est né le 22 mai 1813 à Leipzig, en Allemagne. Et s’ouvrait ainsi, dans cette période troublée par les guerres napoléoniennes, la vie «d’un artiste célèbre et controversé.»

«Wagner traverse son siècle en artiste, en révolutionnaire, en aventurier.»

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Pour s’en convaincre, il n’est que de prendre connaissance du petit livre de Jacques De Decker, Wagner, Inédit, Gallimard, 276 p. C’est un autre ouvrage de la collection Folio, Biographie, si précieuse pour qui veut se documenter rapidement sur la vie et l’œuvre d’une célébrité artistique, et d’où proviennent les quelques citations de cet article.

Orientation artistique

«Tous les membres de la famille (de Richard Wagner) avaient la fibre musicale.» Le directeur de l’opéra de Dresde où elle s’était établie, Carl von Weber, un compositeur, était un ami de la famille. Grâce à lui, Richard découvre l’opéra. C’est pour lui un «éblouissement.»

«Convaincu dès lors, à l’âge de onze ans, qu’il deviendrait compositeur, il se résigna à prendre des leçons de piano, lui qui jouait d’instinct», et il va étudier des partitions musicales. En un sens, sa carrière est tracée. Il s’inscrit en 1831 à la section musicale de l’université de Leipzig, mais trouve les cours fastidieux.

Objectif

«Il a un objectif : être en mesure de composer une œuvre digne de son idole, la Schroeder-Devrient, la “diva” de son temps, mais n’a pas l’impression que les cours dispensés lui facilitent la voie dans ce sens.» Cet objectif, Wagner l’atteindra un jour, non par son opéra Les Fées, terminé vers 1834, qui ne sera jamais joué de son vivant, mais après avoir assisté à un opéra qui va susciter sa réflexion.

Il est frappé par le contraste entre le jeu de la cantatrice et le reste de la distribution.» Il voit les chanteurs comme des instruments, qui ne traduisent aucune émotion humaine.

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Dans un journal, il écrit: «Nous sommes trop cérébraux et trop savants pour créer de chaudes créatures humaines.» C’est certainement un point important dans la carrière musicale de Wagner.

La suite des événements va le montrer et vers 1850, parlant de sa vision artistique, il écrira:  «Pour moi, la rupture est décidée».

Œuvres de jeunesse

Sans entrer dans les détails des voyages, des aventures sentimentales et des engagements politiques de Wagner, dont on prendra connaissance dans l’ouvrage cité, il reste l’essentiel, son œuvre musicale. En 1842, il avait produit un opéra, Rienzi, le dernier des Tribuns, «qui fait vivre à Wagner le plus grand triomphe de sa carrière», même si cet opéra «n’est pas une de ses grandes œuvres.»

En 1843 est créé le Vaisseau fantôme, qui déçoit le public qui le juge trop austère par comparaison avec Rienzi. Tannhäuser, «son cinquième opéra et le deuxième de ses dix opéras principaux» est créé en 1845, suivi par Lohengrin, l’histoire du «chevalier au cygne», exécuté en 1850 sous la direction de Liszt, ami de Wagner alors en exil. C’est un succès. «Lohengrin avait décollé pour gagner toute l’Europe et le monde entier.»

Œuvres de maturité

On classe dans cette catégorie Tristan et Isolde, vu comme le chef-d’œuvre de Wagner, Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg, L’Anneau du Nibelung ou Tétralogie, un ensemble de quatre opéras basés sur des mythologies allemandes et scandinaves, et son dernier opéra, Parsifal, tirée de la légende du Graal.

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Wagner a aussi bien d’autres œuvres à son actif. Le 13 février 1883, il est emporté par une crise cardiaque à Venise où, malade, il était venu passer l’hiver avec sa famille.

Style

«Richard Wagner a entièrement transformé la conception de l’opéra à partir de 1850, le concevant non plus comme un divertissement, mais comme une dramaturgie sacrée…»

Il révolutionne l’opéra par la durée et la puissance instrumentale. Il crée le «drame musical» dans lequel l’orchestre devient désormais protagoniste au même titre que les personnages. Maître révolutionnaire de l’Opéra, il est aussi considéré comme le père du leitmotiv, la répétition d’un thème musical pour rappeler un sentiment, l’état d’un personnage.

Wagner est ainsi l’auteur «d’une œuvre vaste, cohérente et novatrice.»

Auteur

  • Gabriel Racle

    Trente années de collaboration avec L'Express. Spécialisé en communication, psychocommunication, suggestologie, suggestopédie, rythmes biologiques, littérature française et domaine artistique. Auteur de très nombreux articles et d'une vingtaine de livres dont le dernier, «Des héros et leurs épopées», date de décembre 2015.

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