Vérification des faits : comment se rapprocher du public?

fake news

On peut répondre aux questions du public, l'impliquer dans la recherche d'infos ou carrément aller à sa rencontre. (Photo: Denisismagilov | Dreamstime.com)


4 juillet 2018 à 10h00

L’explosion des médias voués à la vérification des faits — et le succès populaire de certains d’entre eux — témoigne d’un besoin, chez une partie du public, de mettre de l’ordre dans la surdose d’information.

Mais en certaines circonstances, il est également possible au public et aux vérificateurs de se parler. Trois cas présentés au congrès Global Fact 5 tenu du 20 au 22 juin à Rome.

200 réponses par mois

Désormais, «nous ne vérifions que ce que les gens nous demandent de vérifier», résume la journaliste Pauline Moullot, du service français CheckNews. Il s’agissait à l’origine de la rubrique Désintox du quotidien Libération, née d’une expérience de vérification des déclarations des candidats aux élections.

Libération lui a donné une orientation nouvelle en septembre 2017: uniquement répondre aux questions du public. Ce qui va des demandes de vérification proprement dites jusqu’aux questions d’information sur tous les sujets possibles et imaginables.

8000 questions reçues depuis 10 mois, 1600 «réponses uniques» publiées. Ils étaient trois journalistes, ils sont maintenant huit, a expliqué Moullot. «Les réponses vont de quelques mots à quelques milliers de caractères» et le temps nécessaire pour en écrire une va de quelques heures à, dans un cas… six mois.

Pourquoi avoir fait ce virage? «Pour être redevable devant nos lecteurs, rejoindre une nouvelle audience et renouveler la confiance du public envers les médias.»

Quand le public devient vérificateur

Collaboration encore plus étroite avec le public dans le cas de l’initiative The Observers — un autre projet français, comme son nom ne l’indique pas… Ici, c’est le public, où qu’il soit dans le monde, qui fournit «les vérificateurs amateurs d’images».

«Des gens ordinaires qui deviennent des sources fiables d’info», est venu expliquer à Global Fact le rédacteur en chef chez France 24, Derek Thomson.

Qu’il s’agisse d’une photo ou d’une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux après une tragédie ou d’une image dont un lecteur questionne l’authenticité, le principe est le même: The Observers demande à son réseau si quelqu’un peut identifier le lieu, les gens ou les circonstances. La plateforme diffuse à présent en quatre langues: français, anglais, arabe, persan.

Antonio Martinez, directeur du projet mexicain Horizontal, qui a lui aussi fait appel à l’expertise du public après le tremblement de terre de février, a suggéré à ce sujet un double mot d’ordre: vérifier veut dire que vous l’avez vu de vos propres yeux ou que vous avez parlé à deux personnes qui l’ont vu.

Public récalcitrant

Aller rejoindre un public récalcitrant peut aussi prendre le détour de l’éducation aux médias: c’est le pari qu’a pris PolitiFact en faisant une tournée de trois États américains, choisis parmi ceux qui ont voté pour Trump.

C’est que PolitiFact a beau se définir comme non-partisan, seulement 8% de ses lecteurs seraient d’allégeance républicaine, est venu dire à Global Fact son directeur, Aaron Sharockman. Et dans un climat où 88% des partisans de Trump jugent que les médias vérificateurs des faits tordent la vérité, on part de loin.

Ils sont donc quatre journalistes à avoir consacré l’automne dernier une semaine dans chacun de ces trois États, à des rencontres formelles et informelles. Dans les mois qui ont suivi, ils ont aussi produit 54 textes de vérification sur des enjeux locaux.

Impact: alors qu’une semaine avant cette visite, la moitié des électeurs de ces États jugeaient PolitiFact «non biaisé» et que l’autre moitié n’était «pas sûre», six mois plus tard, ceux qui les jugeaient non biaisés étaient passés à 80%.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Des sculptures asymétriques pour des réponses humaines inédites

sculpteur
Le nouveau musée The Modern.Toronto met en vedette des artistes de l’abstrait, comme le sculpteur ontarien André Fauteux jusqu'au 9 février.
En lire plus...

16 janvier 2019 à 9h00

Comment les écrivains parlent-ils des animaux?

À vos déguisements: l'émission radiophonique littéraire Quatrième de Couverture revient avec le «carnaval des animaux», le 19 janvier prochain à 14h30 au Collège Boréal.
En lire plus...

16 janvier 2019 à 7h00

10 nominations pour Damien Robitaille au 10e Gala Trille Or

Damien Robitaille est en lice pour le Prix Trille Or de l'«Artiste solo» de l'année et dans neuf autres catégories non genrées de l'APCM,...
En lire plus...

15 janvier 2019 à 19h31

Contestation judiciaire : les premières demandes de financement sont attendues

Programme de contestation judiciaire
Près de deux ans après la fermeture du Programme d’appui aux droits linguistiques (PADL) et 12 ans après l’abolition du Programme de contestation judiciaire...
En lire plus...

15 janvier 2019 à 16h00

Haro sur le gaspillage des aliments

Un tiers de la nourriture produite dans le monde finirait à la poubelle. Au Canada, plus de 60% de cette nourriture serait encore consommable....
En lire plus...

15 janvier 2019 à 14h25

La santé mentale dans le domaine de l’emploi: il faut en parler

C’est bien, pour une entreprise, d’avoir une approche définie sur papier pour traiter les problèmes de santé mentale – mais sa mise en pratique...
En lire plus...

15 janvier 2019 à 9h00

Un mystérieux signal cosmique, c’est bien, mais deux, c’est mieux

Des «sursauts radio rapides» venus des profondeurs du cosmos, mais qui ne durent que quelques millièmes de seconde, c’est déjà intrigant. Mais lorsqu’on en...
En lire plus...

15 janvier 2019 à 7h00

La débandade des Maple Leafs se poursuit

Les Maple Leafs recevaient la visite de l'Avalanche du Colorado pour la seule fois de la saison lundi soir à l'Aréna Scotiabank. Avant la...
En lire plus...

14 janvier 2019 à 22h54

1,9 million $ du fédéral pour le «Carrefour» de l’Université

Université de l'Ontario français
La ministre fédérale des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, a annoncé un investissement de 1,9 million $ pour le développement du...
En lire plus...

14 janvier 2019 à 20h40

L’immigration comme solution pour faire croître la francophonie en Ontario

Plusieurs politiques canadiennes ont été mises de l’avant au cours des dernières années, afin de favoriser l’immigration francophone hors Québec.
En lire plus...

14 janvier 2019 à 9h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur