Vengeance réelle ou imaginaire

Louise Dandeneau, Buffet froid, nouvelles, Saint-Boniface, Éditions du Blé, 2020, 136 pages, 19,95 $.
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Un proverbe français dit que la vengeance est un plat qui se mange froid. Louise Dandeneau nous propose neuf nouvelles qui traitent de vengeance dans un recueil justement intitulé Buffet froid. Imagination, rythme saccadé et humour noir font bon ménage.

La première nouvelle met en scène Frédéric, fils fier de son identité, qui se décide à donner une leçon à ses parents. Pas question d’essayer une thérapie de conversion. Il aime Jimmy et veut que son partenaire fasse partie de la famille, n’en déplaise à son père qui peine à prononcer le mot «gai».

Dans la nouvelle suivante, une femme a servi son mari pendant quarante-huit ans et semble maintenant prête à se débarrasser de ce fainéant en lui servant un dernier hamburger… L’auteure joue, ici, sur le réel, le fantasme et l’imaginaire.

Lutte fratricide

On entend parfois dire que la vengeance est douce au cœur de l’indien, elle l’est certainement au cœur du grand frère qui se fait voler sa blonde par le petit frère. «Une raclée de mon grand frère, ça aurait été la preuve qu’il m’aimait assez pour me remettre sur le droit chemin.»

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Une fois adulte, on peut penser que l’intimidation à l’école est chose du passé. Pas nécessairement; sa vengeance peut prendre des proportions quasi meurtrières en mûrissant.

Un comportement inacceptable entre couples d’amis peut aussi se régler drastiquement: «J’le veux pu dans le chalet… J’le veux pu dans mon lit… J’le veux pu dans not’ groupe… J’le veux pu dans ma vie…»

Relations hors du commun

Si la première nouvelle met un fils gai sur le piédestal, la dernière conduit en soubresauts bien dosés un frère traité de tapette à profiter d’une sœur championne de boxe. Dans un cas comme dans l’autre, la nouvelliste se délecte à nous faire découvrir des comportements et des relations humaines souvent hors du commun.

La maison d’édition clame haut et fort que ces nouvelles sont «à déguster sans modération». Elle a bien raison. Louise Dandeneau sait sculpter ses personnages finement et ciseler ses mises en scène habilement, tout comme elle l’avait fait dans son premier recueil, Les quatre commères de la rue des Ormes, en 2016.

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