Vélasquez, de l’ombre à la lumière

Autoportrait de Diego Vélasquez (1643), Musée des beaux-arts, Valence.
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Publié 12/01/2020 par Gabriel Racle

La récente revue de la collection Dada consacrée à Vélasquez (no 198) nous donne l’occasion de faire plus ample connaissance avec ce peintre espagnol de renommée internationale et avec un nombre important de ses œuvres.

Dada se présente comme «la première revue d’art pour toute la famille». Elle est publiée par les Éditions Arola, à Paris. Ce numéro qui présente Vélasquez compte 50 pages et une ou plusieurs reproductions par page.

Sebastián de Morra, en couverture de la revue Dada: tableau de Diego Vélasquez conservé à Madrid, au musée du Prado.

Précurseur de l’art moderne

L’éditeur ouvre ainsi la revue: «Peintre du roi? Oui, mais pas seulement! Diego Vélasquez (1599-1660) s’est fait connaître comme le peintre officiel de la cour d’Espagne, à l’époque où celle-ci domine le monde.»

«Mais dans son œuvre, c’est toute la société qui s’y retrouve, les princesses comme les esclaves, le pape comme les gens du peuple… Et, quelques siècles plus tard, Manet comme Picasso! Comment un artiste de la fin de la Renaissance a-t-il pu devenir l’un des précurseurs de l’art moderne?»

Dans Wikipédia, il est présenté comme «l’un des principaux représentants de la peinture espagnole et l’un des maîtres de la peinture universelle.»

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Séville

Diego Rodriguez de Silva y Vélasquez est né à Séville, ville d’Andalousie espagnole, le 6 juin 1599. Sa famille fait partie de la petite noblesse. À cette époque, Séville était la ville la plus riche d’Espagne, venant de ce qu’elle détenait le monopole du commerce avec l’Amérique.

Vélasquez: Philippe IV d’Espagne

Les activités artistiques y prospéraient donc. Et dès son enfance, Vélasquez fait preuve d’un don pour la peinture.

Ses parents le placent d’abord comme apprenti dans l’atelier du peintre et graveur Francisco de Herrera l’Ancien (1576 ou 1590-1654). Puis dans celui du théoricien de l’art Francisco Pacheco (1564-1644).

Il est resté brièvement chez le premier, mais six ans chez Pacheco (de 1610 à 1616). Ce peintre, auteur d’un traité intitulé L’Art de la peinture, est regardé comme le maître de Vélasquez.

Clair-obscur

En 1617, il devient membre de la corporation des peintres de Séville.

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«Ses premières toiles sont des natures mortes et des scènes de genre dans lesquelles il utilise le clair-obscur sans probablement avoir vu les œuvres de Caravage, l’initiateur de cette technique.» Mais il est possible qu’il ait admiré les œuvres du Gréco (1541-1614) qui utilise souvent le contraste noir-blanc.

Vélasquez s’oriente vers les sujets religieux, car les commanditaires sévillans sont principalement des ecclésiastiques.

Vélasquez: Vénus à son miroir

Madrid

Le beau-père de Vélasquez ayant une certaine influence dans les milieux de la royauté, Vélasquez se rend pour la première fois à Madrid en 1622. Il peut ainsi visiter les collections de peintures royales (Titien, Tintoret, Véronèse).

En 1623, Gaspar de Guzmán, Comte-Duc d’Olivares (1587-1645), premier ministre du jeune roi Philippe IV (1605-1665), lui demande de peindre le roi. Le portrait, terminé en 1623, suscite l’admiration générale.

Vélasquez devient peintre du roi et doit s’installer à Madrid.

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Peintre officiel de la cour d’Espagne

En 1628, il devient, peintre chambre, la charge la plus élevée pour un peintre de la cour, le titulaire de cette fonction étant décédé.

Cette charge lui impose de réaliser des portraits de la famille royale et des cadres décoratifs pour le palais royal. Mais il conserve la liberté de travailler pour des particuliers.

C’est lors de cette année qu’il rencontre Pierre Paul Rubens (1577-1640), qui séjourne à Madrid, et il devient son ami. Rubens réalise aussi des portraits de Philippe IV.

Vélasquez: Pablo de Valladolid

Voyages en Italie

Avec l’autorisation du roi, Vélasquez faut deux voyages en Italie: Gênes et Venise en 1629, puis Rome et notamment la Villa Médicis, en 1630, pour perfectionner son style.

«L’influence de l’art italien sur Vélasquez est particulièrement notable dans ses tableaux La Forge de Vulcain et La Tunique de Joseph, toiles réalisées de la propre initiative du peintre, et non sur commande.»

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Vélasquez meurt le 6 août 1660 à Madrid.

200 tableaux

«Le maître incontesté de tous les temps, choisi par le roi Philippe IV pour représenter sa famille, le grand spécialiste des jeux d’ombre et de lumière», Vélasquez aurait quelque 200 tableaux à son actif, répartis dans de nombreux musées du monde où l’on peut les admirer, ainsi que plusieurs dans la revue Dada, avec quelques articles explicatifs.

Auteur

  • Gabriel Racle

    Trente années de collaboration avec L'Express. Spécialisé en communication, psychocommunication, suggestologie, suggestopédie, rythmes biologiques, littérature française et domaine artistique. Auteur de très nombreux articles et d'une vingtaine de livres dont le dernier, «Des héros et leurs épopées», date de décembre 2015.

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