Une pièce de femmes signée Marivaux au Théâtre français

La seconde surprise de l'amour, du 17 au 28 octobre

Actrices

En partant de la gauche: la Marquise (Karine Ricard) et Lisette (Patricia Marceau) dans La seconde surprise de l'amour de Marivaux (Photo: Manuel Verreydt).


11 octobre 2018 à 17h00

Du 17 au 28 octobre prochain, les amateurs de dramaturgie pourront découvrir La seconde surprise de l’amour de Marivaux, au théâtre de la rue Berkeley.

C’est la première fois que cette pièce, qui se concentre sur deux personnages féminins, est montée professionnellement en français au Canada.

Le directeur artistique du Théâtre français et metteur en scène, Joël Beddows, avait lu la pièce il y a une vingtaine d’années, lorsqu’il était étudiant. C’est en assistant à une représentation théâtrale où il a vu jouer Karine Ricard, l’une de ses deux actrices principales, que la pièce de Marivaux lui est revenue en tête, et qu’il a décidé de la monter.

Les femmes mènent l’intrigue

«J’ai distribué les rôles aux femmes avant les hommes», explique Joël Beddows. En effet, cette pièce est avant tout une histoire de femmes, ce sont elles qui mènent l’intrigue.

Joël Beddows
Joël Beddows, le directeur artistique du Théâtre français et le metteur en scène de La seconde surprise de l’amour (Photo: Manuel Verreydt).

«J’ai eu un coup de cœur pour Karine Ricard, j’ai tout de suite su qu’elle interpréterait à merveille la Marquise». Dans la pièce, alors que la Marquise aime passionnément son époux, ce dernier meurt juste après leur mariage et la laisse veuve. Elle fait alors le choix de ne plus aimer, souhaitant garder son indépendance vis-à-vis des hommes.

Toutefois, par l’intermédiaire de sa suivante, Lisette, jouée par Patricia Marceau, elle rencontre le Chevalier. L’amour arrive alors comme par surprise, une deuxième fois. C’est une découverte qui prend du temps car la Marquise s’est constitué une carapace, qu’il lui est difficile de retirer.

«L’intrigue paraît très sociétale, mais c’est avant tout une comédie», précise le metteur en scène.

Résonance contemporaine

«La figure féminine au théâtre est un creuset auquel j’essaie de contribuer depuis longtemps», explique Joël Beddows. Dans cette histoire, contrairement aux pièces de la Renaissance, il ne s’agit pas d’une femme punie, mais d’une femme qui gagne. En ce sens, le discours est proto-féministe, c’est-à-dire qu’il anticipe le féminisme moderne à une époque où le concept n’existait pas encore.

Actrices
En partant de la gauche: Lisette (Patricia Marceau) et la Marquise (Karine Ricard) dans La seconde surprise de l’amour de Marivaux (Photo: Manuel Verreydt).

«C’est important pour moi de remettre en question les clichés de la femme contemporaine. La seconde surprise de l’amour est absolument nécessaire dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. La pièce donne de l’oxygène à la société. J’espère qu’en sortant, le public va se dire que c’est possible. Je fais ça aussi pour ma petite fille de 4 ans», nous confie-t-il.

À ce propos, c’est la première fois cette année que plus de la moitié des pièces présentées par le Théâtre français ont été écrites par des femmes.

«J’aime me mettre en danger»

Joël Beddows veut élargir le répertoire du Théâtre français. En effet, il est lassé de voir toujours les mêmes pièces de Shakespeare ou Molière. «Ces mêmes auteurs ont écrit d’autres œuvres magnifiques que peu de gens connaissent», affirme-t-il.

Par le passé, le Théâtre français a déjà monté deux pièces de Marivaux: Le jeu de l’amour et du hasard en 1986 et La double inconstance en 1994. Joël Boddows se réjouit de permettre aux Torontois de voir une nouvelle pièce de l’auteur.

«La langue employée est magnifique: imagée et nuancée. Avant, je fabriquais des univers dans mes pièces. Ici, on ne peut pas tricher, le ton doit être naturel pour permettre au spectateur de bien comprendre. Je ne suis pas habitué à travailler de cette façon, je me sens en danger, mais j’aime cela et je refuse de faire un théâtre moins rigoureux.»

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