Molière s’empare du Théâtre français de Toronto

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Adapter une pièce de Molière à la période de l’entre-deux-guerres pourrait sembler trop anachronique. Or, toute la force du dramaturge français réside dans le fait que ses sujets et ses personnages sont transposables à toutes les époques. Le Théâtre français de Toronto a tenté le coup avec une mise en scène originale de L’École des femmes.

Montréal, années 1920. Cela semble très loin de l’univers de Molière. Pourtant, c’est le décor qu’a choisi Diana Leblanc, metteure en scène, pour son adaptation de L’École des femmes.

«Au Québec, cette période était très misogyne avec le gouvernement de La Grande Noirceur. Elle semblait donc convenir tout à fait à une pièce comme L’École des femmes. Cette époque permet tout ce qui se passe dans la pièce», explique Diana Leblanc à L’Express.

Le décor change, mais le texte reste le même, mis à part quelques vers en anglais à la fin de la pièce.

La metteure en scène a aussi été poussée par une volonté de proximité et d’identification. Elle a voulu que la pièce nous parle directement.

«Avec ces costumes que l’on connaît parce que nos grands-parents s’habillaient comme ça, on se sent plus proche de l’histoire, ce qui ne serait pas le cas avec des costumes du siècle de Molière. Au lieu de heurter, cela illumine la pièce.»

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Et si on se fie aux rires de la salle, le public de la première représentation, vendredi soir, semble avoir été conquis. Hypothèse confirmée avec le résultat du vote proposé à la fin de la pièce, puisque 59% du public a «adoré» et 41% a «bien aimé».

Le jeu impressionnant des comédiens a contribué à ce succès. Alain Doom, qui interprète Arnolphe le personnage principal, est sur scène presque pendant toute la pièce, soit pendant 2h15.

Et avec ces 2h15 d’alexandrins à débiter, même avec un entracte, il s’agit d’une véritable prouesse. Les autres comédiens sont tout aussi talentueux, notamment les deux serviteurs interprétés par France Gauthier et Jean-Simon Traversy, très drôles dans ces rôles.

Dans un registre baroque, à l’instar de Jean-Baptiste Lully musicien de Louis XIV qui a aussi composé pour les pièces de Molière, la musique de Pat Clemence, spécialement écrite pour L’École des femmes, rythme la pièce et nous plonge dans le XVIIe siècle français. Et cela entre en contraste avec le décor et les costumes.

L’École des femmes est jouée au TfT jusqu’au 23 avril avec des surtitres en anglais.

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