Une nouvelle stratégie de défense canadienne

Cette semaine en politique fédérale

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Mark Carney a annoncé un investissement de 500 milliards de dollars sur 10 ans dans la première Stratégie industrielle de défense du Canada. Photo: Op Impact, DND KW06-2017-0009-009
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Publié 20/02/2026 par Inès Lombardo

Le premier ministre Mark Carney a lancé cette semaine la première Stratégie industrielle de défense du Canada, pour corriger un système d’approvisionnement jugé «trop lent et trop dépendant de l’étranger», dit gouvernement dans son communiqué.

Le Canada veut réinvestir massivement dans les Forces armées canadiennes pour atteindre la cible de dépenses de 2% fixée par l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), avec une hausse des demandes d’enrôlement.

La stratégie priorise la production nationale, les partenariats avec des alliés et des retombées économiques au pays pour les achats à l’international.

Des milliards : Prévue sur dix ans, cette stratégie coûtera plus de 500 milliards $ en investissements. Le gouvernement Carney a précisé qu’elle vise aussi à créer 125 000 emplois, à accroître les exportations en défense et à porter à 70% la part des contrats attribués à des entreprises canadiennes.

L’un des objectifs majeurs reste également d’améliorer l’état de préparation des flottes maritime, terrestre et aérospatiale, tout en renforçant l’innovation et les chaînes d’approvisionnement du Canada.

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Débat des candidats à la direction du NPD

Les cinq candidats aspirants à la direction du Nouveau Parti démocratique (NPD) ont tenu leur deuxième débat, en anglais, le 19 février, à New Westminster, en Colombie-Britannique.

Ils ont débattu autour des thèmes de la souveraineté du Canada et de l’insécurité économique, ainsi que de la crise climatique, du travail et du logement et enfin du futur du parti néo-démocrate.

La menace Trump : Avi Lewis a mentionné un «bouclier canadien» et des négociations «fermes» pour éviter les tarifs imposés par l’administration Trump, tandis que la seule élue fédérale sur le plateau, Heather McPherson, a de son côté affirmé qu’il fallait investir dans les travailleurs et les matériaux canadiens via des lois. Elle a également mentionné un réseau est-ouest d’énergies renouvelables.

Rob Ashton, leader syndical, veut de son côté créer une «sécurité économique», de bons emplois, et des «partenariats solides avec le monde».

Tanille Johnston a assuré qu’elle souhaitait investir dans le secteur manufacturier pour éviter que la production ne se fasse à l’étranger.

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Tony McQuail s’est différencié des quatre autres en parlant d’une «défense non-violente». Il souhaite notamment repenser la façon actuelle du Canada de faire du commerce en prenant en compte la transition environnementale, le respect des agriculteurs et l’éducation, notamment les garderies.

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Les cinq candidats à la direction du NPD. Photo: capture d’écran CPAC

Environnement et énergies renouvelables : Avi Lewis veut éliminer les combustibles fossiles avec un «nouvel accord vert canadien» qui remet les travailleurs au centre de l’économie.

Tanille Johnston vise la fin de la dépendance aux «30 milliards de subventions pétrolières».

Cette dernière, Heather McPherson et Tony McQuail croient que les travailleurs canadiens doivent être au centre de la transition vers des métiers axés sur les énergies renouvelables.

«Il y a de la désinformation à propos de ces métiers: ils sont très bien payés!», a affirmé Tanille Johnston.

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La francophonie : Dans une question posée en français, les candidats se sont prononcés sur la possibilité pour le NPD d’une autre vague orange, comme en 2011 sous Jack Layton. Les aspirants à la chefferie néo-démocrate ont répondu dans un français inégal, très approximatif pour Rob Ashton, Tanille Johnston et Tony McQuail.

Ce dernier a affirmé qu’il n’était pas nécessaire d’apprendre le français et qu’il s’entourerait d’interprètes. «En cas de crise, les francophones au Québec ne vont pas disparaître», a-t-il affirmé, en faisant primer la compétence de reconstruire le parti et une vision plutôt sur la compétence linguistique.

Les autres se sont engagés à apprendre le français, Tanille Johnston rappelant également que des langues autochtones et les cultures locales ont été «décimées par le colonialisme» et qu’elle aurait besoin d’au moins «un an» pour apprendre le français. «Je compte maintenir ma culture», a-t-elle fait savoir, étant la seule Autochtone candidate.

Avi Lewis s’est démarqué sur la question francophone, en étant le seul à affirmer que les Canadiens ne devraient pas «avoir confiance dans un chef qui ne parle pas le français».

Lui et Heather McPherson ont été les deux seuls candidats à mentionner qu’ils protégeraient la langue française au Québec, mais aussi ailleurs au Canada.

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Le nom de la prochaine cheffe ou du prochain chef du NPD sera connu le 29 mars prochain, lors d’un congrès à Winnipeg, au Manitoba.

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Le député Matt Jeneroux et le premier ministre Mark Carney. Photo: Chambre des Communes

Chez les Libéraux, une de perdue, un de trouvé

Matt Jeneroux, député conservateur de la circonscription albertaine d’Edmonton Riverbend, est passé du côté des Libéraux cette semaine.

Il s’agit du troisième député conservateur à traverser le plancher, après Chris d’Entremont, député d’Acadie–Annapolis en Nouvelle-Écosse, et Michael Ma, député de Markham–Unionville, à Toronto en Ontario.

Matt Jeneroux a été immédiatement nommé «conseiller spécial sur les partenariats économiques et de sécurité», un nouveau titre.

Dans une entrevue avec LCN, son ancien chef de parti, Pierre Poilievre, a affirmé que Matt Jeneroux a «trahi ses commettants», accusant Mark Carney d’agir de façon «anti-démocratique».

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Retour à la case départ à Terrebonne : La Cour suprême a tranché: Tatiana Auguste, députée élue à Terrebonne au Québec, doit laisser son siège au Parlement du Canada et l’élection doit être reprise.

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Tatiana Auguste.

L’ex-députée libérale avait remporté la circonscription en avril 2025 par une seule voix, juste devant la candidate du Bloc québécois. Une électrice avait indiqué que son bulletin de vote spécial lui avait été renvoyé à cause d’une erreur d’adresse sur l’enveloppe fournie par Élections Canada.

La candidate bloquiste a soutenu que l’erreur correspond à une irrégularité, qui a influencé le résultat serré.

Le premier ministre devra déclencher une élection partielle dans Terrebonne dans les prochaines semaines.

Les Libéraux comptent toujours 169 députés, à trois sièges de la majorité de 172 requise. Le caucus conservateur compte de son côté 141 députés, contre 144 lors de l’élection d’avril dernier.

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Mission commerciale inédite au Mexique

Le ministre du Commerce intérieur, Dominic LeBlanc, a estimé cette semaine que la mission commerciale du Canada au Mexique pourrait mener à de nouvelles ententes d’ici le printemps.

La mission rassemble plus de 370 délégués issus d’environ 230 organisations et comprend des visites à Mexico, Monterrey et Guadalajara, afin de renforcer les relations commerciales entre le Canada et le Mexique.

L’incertitude entourant la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) suscite des inquiétudes chez les entreprises canadiennes.

Le ministre LeBlanc espère sceller des accords concrets d’ici la fin du mois de mars.

Élargissement de l’accès à la résidence permanente

La ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Canada (IRCC), Lena Diab, a annoncé l’ajout de trois nouveaux volets de résidence permanente au système Entrée Express du Canada.

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Ceux-ci visent notamment les chercheurs, certains cadres ayant une expérience de travail au pays, des professionnels du transport (pilotes, mécaniciens et inspecteurs) ainsi que des militaires étrangers recrutés par les Forces armées canadiennes, dont des médecins, des infirmiers et des pilotes.

Ces nouveaux volets s’ajoutent aux catégories déjà existantes pour les professionnels de la santé et les métiers spécialisés.

Entrée express et les francophones : En conférence de presse, la ministre Diab a affirmé qu’elle continuera d’utiliser Entrée Express pour augmenter le nombre de francophones hors Québec.

Une approche critiquée par le consultant en immigration, Steve J. Paolasini, lors de la séance du 9 février dernier devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration. Celui-ci demande qu’Entrée Express ne soit pas utilisé pour augmenter l’immigration francophone et laisse plus de place à l’immigration économique.

Ces mesures s’inscrivent dans la stratégie fédérale visant à attirer des talents hautement qualifiés tout en réduisant le nombre global de résidents permanents et temporaires admis chaque année. Pour 2026, le budget fédéral prévoit l’accueil de 380 000 résidents permanents en 2026, 2027 et 2028.

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L’annonce fait partie du plan de 1,7 milliard $ pour attirer des chercheurs et soutient aussi la nouvelle stratégie industrielle de défense (détails ci-dessous).

Apprentissage du français en Nouvelle-Écosse

Lena Diab a annoncé un financement de plus de 540 000 $ pour soutenir le programme annuel de Canadian Parents for French en Nouvelle-Écosse. Il vise à faciliter l’accès des familles aux programmes de français langue seconde.

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