Une lune de Saturne habitable?

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La lune Encelade, de Saturne, contiendrait de l'eau liquide sous son épaisse surface de glace. Photo: NASA/JPL/Space Science Institute
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Publié 08/01/2026 par Agence Science-Presse

Une lune de Saturne pourrait-elle abriter, en dessous de son épaisse couche de glace, une couche d’eau qui pourrait demeurer à l’état liquide pendant de très longues périodes?

C’est l’espoir que suscitent des «fuites» de chaleur découvertes parmi les données vieilles de 20 ans d’une sonde spatiale. Cet excès de chaleur s’est produit à la hauteur du pôle Nord d’Encelade, une des plus grosses lunes de Saturne.

Jets de vapeur

La sonde américaine Cassini, qui avait tourné autour de la planète aux anneaux entre 2004 et 2017, avait déjà établi, il y a 20 ans, qu’il y avait de l’eau liquide cachée là-dessous.

Elle avait alors détecté de larges jets de vapeur d’eau émergeant des fissures de la surface glacée. Ces jets pourraient être la conséquence des puissantes forces gravitationnelles auxquelles est soumise Encelade, dans l’orbite de la gigantesque Saturne.

Saturne, Cassini
Cassini plongeant dans l’atmosphère de Saturne, selon une illustration de la NASA.

Mais la question la plus importante était ailleurs: l’eau pouvait-elle demeurer stable, c’est-à-dire à l’état liquide, pendant suffisamment longtemps pour qu’on puisse rêver d’y voir émerger de la vie?

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Autrement dit, les forces saturniennes, en «tirant» le roc d’Encelade régulièrement vers elles, créaient-elles suffisamment de chaleur pour garder la couche inférieure de glace à l’état liquide?

Chimie complexe

En attendant une réponse, cette découverte de Cassini avait ajouté Encelade à la courte liste des lunes glacées de Jupiter et Saturne qui pourraient potentiellement abriter une chimie complexe, voire de la vie.

C’est dans ce contexte qu’arrive une analyse comparative de données récoltées par Cassini en 2005 et 2015. Une équipe dirigée par la physicienne américaine Georgina Miles affirme qu’un état d’équilibre pourrait exister là-bas à une échelle de centaines de millions d’années.

Saturne, lunes
La planète Saturne, située au-delà de Mars et de Jupiter dans notre système solaire. Photo: NASA

Elle base cette conclusion sur deux choses.

D’une part, les nouvelles émanations de chaleur qui étaient restées inaperçues jusqu’ici, sont au pôle Nord, alors que les autres observations de Cassini étaient près du pôle Sud. Additionnées, ces deux «fuites» sont, en termes d’énergie, dans la fourchette de ce que les modèles prédisent compte tenu des forces gravitationnelles.

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D’autre part, les émanations de chaleur de 2015 sont supérieures à celles auxquelles on était en droit de s’attendre pendant ce qui était alors le début de «l’été» sur Encelade. Autrement dit, il y a une autre source de chaleur que celle du Soleil «estival».

La recherche est parue en novembre dernier dans la revue Science Advances.

Molécules organiques?

Plus tôt cet automne, une autre recherche, également consacrée à de vieilles données de Cassini, avait annoncé avoir détecté, dans les analyses des jets de vapeur d’eau et de glace, des traces de molécules organiques.

La même série de molécules avait précédemment été détectée sur le plus proche des anneaux de Saturne, mais sans que l’on ne puisse prouver qu’ils arrivaient d’Encelade.

Aller vérifier sur place pourrait toutefois s’avérer difficile. L’épaisseur de la couche de glace est estimée entre 20 et 23 km. Aucun matériel de forage susceptible d’être transporté par une simple sonde spatiale ne pourrait se rendre jusqu’au bout.

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Reste la possibilité de descendre par une des fissures, aux risques et périls du robot. L’Agence spatiale européenne a un projet de mission dans ses cartons pour les années 2040.

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