Une galerie de verre au milieu de la nature

Au campus de Mississauga de l'Université de Toronto


10 avril 2007 à 16h50

Il y a cinq ans, l’Université de Toronto à Mississauga se dotait d’un nouveau plan directeur pour accommoder une population de 12 000 étudiants. Il était requis que les travaux d’expansion protègent le site largement boisé du jeune campus. Depuis, plusieurs pavillons ont été érigés ou sont en cours de construction, et la plupart se font remarquer pour leur qualité architecturale.

La résidence Erindale Hall a valu aux architectes Baird Sampson Neuert le prix du Gouverneur Général pour l’année 2006, la plus haute récompense pour une œuvre d’architecture au Canada. À son tour, le CTC (Communication, Culture, Technology) apparaît comme un candidat probable à ce prix. En attendant, ce pavillon vient de mériter aux architectes montréalais Saucier + Perrotte un prix de l’Ordre des architectes du Québec.

Dans leur démarche créatrice, ces architectes, dont à peu près chaque œuvre nouvelle se distingue par son originalité, exploitent le concept du cheminement. Ce peut être le cheminement physique ou le cheminement intellectuel.

Le Perimeter Institute for Theoretical Physics à Waterloo, par exemple, est la traduction dans l’espace de la recherche scientifique où le cerveau rassemble des données nombreuses et les soumet à une grille analytique dans l’espoir d’aboutir à une découverte. La ligne ou un réseau de lignes se trouve donc au principe du processus créatif.

À Mississauga, les architectes étaient avantageusement servis par un programme où entraient en jeu plusieurs éléments reposant sur la ligne. On leur demandait d’établir un couloir de communication entre le coeur du campus, qu’est le South Building, et la nouvelle bibliothèque en cours d’achèvement. Leur pavillon devait en outre longer une des voies principales, la Middle Road, qui à son tour borde un boisé.

Saucier + Perrotte portent aussi beaucoup d’attention au site, mais leur intérêt pour celui-ci ne se limite pas à le protéger. Ils ne cherchent pas non plus une forme d’intégration romantique à la manière de Frank Lloyd Wright dont les œuvres se fusionnent à la nature. Leur approche du site est cérébrale, analytique, et pour cette raison celui-ci est source d’inspiration. Le pavillon de Mississauga illustre bien ce processus.

Quelques platanes occupaient l’emplacement qui était assigné aux architectes. Ils les ont, bien entendu, préservés et même mis en valeur en formant autour d’eux une cour qui réunit le CCT et le South Building. Ce qui est plus unique, c’est l’inspiration qu’ils puisent dans la nature de ces arbres. L’écorce du platane qui, semblables à des écailles, se détache en plaques leur a suggéré de transposer cette caractéristique dans le jeu des niveaux, de décaler ceux-ci entre eux subtilement et d’insister sur ce qui marque leur séparation, soit les escaliers, les pentes et les passerelles.

Une telle approche pourrait être jugée gratuite, comme un simple prétexte pour expliquer un résultat qui aurait pu être le même sans ce préalable. Néanmoins, elle conduit les créateurs à une solution, elle fait jaillir l’idée qui prend sa source dans le contexte et est susceptible d’ajouter une dimension poétique à la pure fonctionnalité et la stricte satisfaction du programme.

Au CCT, le résultat de tous ces préalables est un édifice établi sur le croisement de deux grands axes de circulation. L’axe majeur consiste en une très longue galerie de verre qui se termine dans l’atrium de la nouvelle bibliothèque.

La continuité du cheminement est rendue non seulement par la vaste étendue de cette galerie, mais aussi par ce qui la meuble. Les escaliers qui s’élèvent comme de longs rubans ondoyants enchaînent les étages. Au-dessus de nos têtes, les passerelles enjambent de larges espaces à des niveaux superposés.

Les deux grands axes de circulation, qui traversent aussi tous les lieux de rencontre, longent les murs extérieurs, garantissant un contact constant et étroit avec la nature ambiante. Aucune barrière ne semble séparer l’intérieur de l’extérieur. Parce qu’aucun cadre ne retient les parois de verre à leur base, celles-ci descendent jusqu’au sol pour créer l’agréable illusion que l’on circule sous l’arcade ouverte d’un cloître.

D’un côté, la vue donne sur la cour intérieure avec ses platanes et de l’autre sur la forêt. La promenade à l’extérieur, quant à elle, révèle l’impressionnant spectacle de la forêt qui se dédouble en entier dans les miroirs de l’interminable façade.

L’intégration au milieu naturel, recherchée dès le départ, est pleinement réussie, en dépit de la géométrie froide des volumes, de l’usage presque exclusif de matériaux industriels et de la sévérité de la palette chromatique réduite au noir, au blanc et à des teintes de gris.

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