Une expo multimédia colore l’aéroport de Toronto

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Le nouvel aérogare 1 de l’aéroport Pearson de Toronto vient de dévoiler le 1er juillet 2007 cinq œuvres multimédias d’artistes principalement pancanadiens, explorant la thématique des… aéroports, au sein d’une exposition intitulée «Terminal Zero One (T01)». Regroupées au sein d’un seul et unique ravissant petit kiosque, les œuvres seront exposées jusqu’au 13 janvier 2008, au niveau Départ.

Les créations interactives sur écran vidéo vont du ludique et humoristique (une série de 13 petits dessins animés noir et blanc, où le personnage principal n’est autre que la silhouette de la signalétique des toilettes pour hommes) jusqu’au politique et militant (les vols utilisés par les services secrets américains pour déporter clandestinement des suspects de terrorisme).

L’exposition T01 est organisée et préparée par deux artistes torontois, David Jhave Johnston et Michael Alstad, du collectif «Year 01», consacré à l’art numérique dans les lieux publics. «Les aéroports sont presque comme Internet, explique Michael Alstad. Ce sont des réseaux de liaisons aériennes et de gens et des non lieux, où les nationalités et les frontières sont entre parenthèses. Il était donc étrange qu’il n’y ait pas d’œuvres multimédia présentées sur écran dans ces lieux.»

Dessins animés en Flash

«Touch and Go» et ses aventures de l’icône des toilettes pour hommes, réalisée avec le logiciel Flash, est certainement la plus facile d’accès, avec ses 13 petits films muets et leur chute comique en fin de séquence, dans la tradition des Chaplin ou Marx Brothers.

«C’est quelque chose de simple, de divertissant, d’accessible à des gens de divers groupes d’âge, cultures et langues», explique Shelley Simmons, l’une des quatre artistes qui ont signé l’œuvre. «Un aéroport étant un lieu international, il y a des panneaux et des icônes que quiconque peut reconnaître quelque soit l’aéroport dans le monde. Tout le monde le connaît [l’homme sur l’icône des toilettes]. Par contre on connaît moins son identité, sa vie», conclut Shelley Simmons avec un petit sourire.

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Parmi les 13 séquences, on retiendra l’homme qui s’endort, s’élève dans les airs et devient un ballon flottant au bout du fil d’un enfant ou bien une poupée russe devant un douanier, qui n’en finit pas de fouiller les bagages, découvrant des valises toujours plus petites.

Jeff Howard, un autre membre de l’équipe aux côtés de David Clark et Nick Runicki, constate que l’on «ne voit pas vraiment les icônes signalétiques en temps normal tant elles font partie du décor». Le choix de différentes icônes au sein de ces animations muettes (ascenseurs, toilettes etc.) permet également de rejoindre le plus de monde possible. «Nous n’employons aucune langue parlée, cela évite de limiter notre public. Le choix de la comédie permet aussi de raconter des histoires plus facilement. Et si vous cherchez un personnage, quoi de plus universel qu’une icône [symbole des toilettes pour hommes]?», conclut Jeff Howard.

Déportations clandestines

«Passage oublié» et ses vols clandestins des services secrets, de la montréalaise Maroussia Lévesque en collaboration avec Jason Lewis, Yannick Assogba, Raed Mousa, est beaucoup moins didactique au premier abord, mais s’avère extrêmement touchant et révoltant.

Un écran tactile permet de choisir un aéroport en particulier pour voir s’afficher sous forme de lignes sur une carte du monde, les liaisons aériennes utilisées pour déporter lesdits suspects de terrorisme. Washington est bien évidemment la plaque tournante, vers les destinations de Guantanamo Bay, Bagdad, Kabul, Islamabad, mais aussi Francfort, Rabat, Alger, Le Caire et Aman.

«J’ai pensé aux gens qui se trouvaient dans un aéroport contre leur gré», explique Maroussia Lévesque, membre du laboratoire de recherche en multimédia OBX de l’Université Concordia et présente à Toronto lors du vernissage le 1er juillet.

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Choquée par une photo de détenus à Guantanamo Bay débarquant de l’avion en combinaison orange, l’artiste a entamé sa réflexion sur «le fait que l’on pouvait, en dehors de toute légitimité, prendre des individus et les insérer dans un réseau d’interrogation, sans recours légal et coupés du monde entier.» Les quelques aéroports représentés ont été sélectionnés pour avoir été identifiés par trois sources d’information différentes, explique l’artiste.

Parmi les trois autres œuvres qui complètent l’exposition, Dual Term recrée dans le monde virtuel de Second Life le couloir de l’aéroport de Toronto où se trouve l’exposition (Adresse: Centaur 186, 246, 164); ETA présente un tableau des heures d’arrivée et de départ des vols actuels de l’aéroport Pearson qui dès qu’une personne s’approche (détectée par une webcam montée sur l’écran) tourbillonnent et s’animent de couleurs; Arrivals and Departure affiche diverses photos aériennes d’un aéroport dans le monde (grâce à Google Earth) qui est la destination d’un vol qui a décollé de l’aéroport Pearson, en temps réel.

www.year01.com/terminal01

Aéroport Pearson de Toronto, Aérogare 1, niveau Départ (Hors zone de sécurité, Terrasse Niveau 3) – en face de la sculpture d’eau de Ingo Maurer, à l’arrière des banques de postes d’enregistrement E et F.

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