Lorsque Air Canada a nommé Anko van der Werff à sa tête, cette semaine, le ministre québécois de la Langue française, Jean-François Roberge, a salué le multilinguisme du nouveau dirigeant. Mais il a aussitôt ajouté l’essentiel: au-delà de la langue parlée par le PDG, sa responsabilité est d’assurer l’accès à des services en français partout au pays — et là-dessus, il reste du travail à faire.
Le ministre a en effet mis le doigt sur ce que la couverture médiatique a presque entièrement occulté.
Pendant que les manchettes soulignaient que le Néerlandais, dirigeant depuis 2021 de Scandinavian Airlines (SAS), «maîtrise» le français, la vraie histoire linguistique de la semaine était ailleurs: dans une directive interne qu’Air Canada venait d’émettre.
Quelques jours plus tôt, le transporteur avait réduit de deux à un le nombre minimal d’agents de bord parlant français sur certains vols internationaux long-courriers au départ de Toronto et de Vancouver — vers Manille, Hong Kong ou Tokyo, notamment.
Son vice-président aux communications l’a confirmé à Radio-Canada, parlant d’une mesure temporaire liée à une pénurie de personnel bilingue, et précisant que ces vols — une dizaine par jour sur plus de 1 100 — ne font pas partie de ceux où l’entreprise est légalement tenue d’offrir un service bilingue.





