Un avenir pour le théâtre francophone en région?

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L’Alliance française présentait vendredi dernier Confiance! et Bang!, de Carol Ann Pilon. Qu’est-ce que cette œuvre cinématographique non identifiée? Un documentaire qui suit le parcours de création cahotant de deux pièces de théâtre issues d’une coproduction entre le théâtre de la Catapulte à Ottawa et le théâtre du Nouvel-Ontario de Sudbury: Confiance! et Bang! Et la démarche de l’auteur et du metteur en scène sort des sentiers battus…

Joël Beddows mettra en scène les pièces du jeune Luc Moquin lorsqu’elles seront écrites… à l’issue d’un périple qui mènera la troupe et l’auteur aux quatre coins de l’Ontario francophone. Car le constat est simple : les francophones vivant en région ne connaissent pas les créateurs qui vivent dans les centres urbains et hésitent souvent à se rendre au théâtre.

Le défi est de taille: comment attirer le public vivant en région? L’hypothèse est la suivante: en l’impliquant dans le processus de création de la pièce. C’est ainsi que muni d’une première version de ses pièces, Luc Moquin et sa troupe se sont rendus à Kingston, Hearst, Windsor et Penetanguishene. Chaque nouvelle mise en lecture amènera l’auteur à retravailler sa pièce.

La démarche soulève de nombreuses questions: quel est le statut du théâtre en Ontario français? Y a-t-il de la place en région pour du theâtre professionnel? Comment produire une pièce susceptible d’être appréciée tant d’un public citadin que d’un public éloigné des centres urbains ?

Une metteure en scène de Kingston soulève avec justesse cette question : «Notre public n’est pas assez avancé dans sa culture artistique pour accepter certaines choses. On n’est pas à Montréal ici! Il faut faire attention à ne pas choquer, sinon on risque de perdre ce public.»

Pour le responsable d’un centre communautaire de Windsor, le théâtre amateur est plus approprié en région. Le dilemme est bien là: comment apporter en région un théâtre ambitieux, nouveau, osé, sans perdre le public? Est-ce même possible?

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Pour Guy Mignault, présent lors de la diffusion du documentaire, il est essentiel de faire venir le théâtre en région. «Le théâtre est victime de nombreux préjugés, le mot théâtre fait peur! Et c’est à cela qu’il faut s’attaquer.» 

Pour Carol Ann Pilon, «il serait dommage d’abandonner» les efforts faits pour amener le théâtre en région.

Guy Mignault compte sur la création d’un «star system» qui donnerait plus de visibilité aux comédiens et au théâtre professionnel. Jean-Claude Duthion, directeur de l’Alliance française suggère quant à lui de faire sortir le théâtre de ses lieux consacrés pour le porter là où se trouve le public.

Au bout du compte, les deux pièces prévues initialement se fondront en une seule pièce – Exit(s) – mais à l’issue de sa tournée ontarienne d’écriture, l’auteur Luc Moquin semble demeurer sceptique: a-t-il écrit «sa» pièce ou n’a-t-il pas plutôt réalisé un travail de commande?

Pour Guy Mignault, on retrouve là un des défis d’une telle expérience: «Il faut trouver un équilibre entre la création personnelle et l’envie découter les commentaires du public. Désormais les auteurs sont également épaulés par des aides à la dramaturgie. Les auteurs perdent-ils alors la paternité de leurs textes? C’est une bonne chose de questionner son travail mais il ne faut pas non plus oublier son rêve de départ.»

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