Ubu maire: un classique remanié aux couleurs de la vie politique torontoise

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Ubu Mayor, satire de la vie politique torontoise sous Rob Ford, c’est la nouvelle pièce de One Little Goat, inspirée de Ubu Roi, de l’auteur français Alfred Jarry, publiée, en 1896. Elle fera sa première représentation au théâtre Wychwood à Toronto du 12 au 21 septembre. L’Express s’est entretenu avec le directeur artistique de la compagnie, auteur et metteur en scène de la pièce, Adam Seelig.

One Little Goat, c’est une compagnie théâtrale, fondée par Adam Seelig à New York en 2002 mais basée à Toronto depuis 2005. Elle se centre sur le «théâtre poétique» et revendique son approche provocatrice. Le groupe s’est produit à Toronto, Chicago, New York et Philadelphie.

Pour Ubu Mayor, l’idée d’Adam Seelig est de lier le personnage de Jarry à Rob Ford. «Ubu est un personnage qui a plus de 100 ans maintenant, mais dont la folie et l’absurdité parlent à tout le monde aujourd’hui. Il me semblait intéressant de faire une connexion entre Ubu Roi et Rob Ford. car la pièce de Jarry met en scène un politicien grotesque et machiavélique qui à mon sens fait penser à Ford.»

Ubu Roi, c’est l’histoire absurde et comique d’un officier et homme de confiance du roi de Pologne et de sa mère, qui le pousse à tuer pour s’emparer du trône. L’œuvre de Jarry est considérée comme avant-gardiste du mouvement surréaliste, mais aussi du théâtre de l’absurde. Elle n’hésite pas, à introduire des éléments cocasses, d’humour plutôt gras, populaire et de franches provocations.

On retrouve divers éléments liés à la pièce de Jarry. Le trio ici est composé d’un maire, Ubu, qui aime sa femme, Huhu, qui, elle, aime le frère d’Ubu, Dudu. C’est une comédie basée sur ce triangle amoureux et l’absurdité de la politique.

De plus, c’est un théâtre provocateur, avec un humour grotesque et obscène comme Jarry. Adam Seelig a cherché à montrer comment ridicule est notre situation politique. Pour lui, «il vaut mieux en rire que d’en pleurer».

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On retrouve enfin des clins d’œil à la biographie de Jarry. «Jarry adorait la bicyclette, on a alors mis des scènes avec des vélos, car dans notre pièce, le maire adore la bicyclette.»

On mise aussi sur une présence musicale: huit chansons. Dans l’original Ubu Roi, il y a de la musique. Ce sera une première pour l’équipe de One Little Goat que de chanter, et tous ont hâte. Pour Adam Seelig, la musique, c’est important: «avec la musique on peut dire des choses très grotesques, amusantes qu’on ne se permettrait pas normalement».

Richard Harte (Ubu), Micheal Dufays (Dudu) et Astrid Van Wieren (Huhu) seront accompagnés de trois musiciens: Adam Seelig au piano, plus un bassiste et… une contorsionniste.

Enfin il faut noter que la pièce s’inscrit dans la lignée du théâtre poétique de la compagnie. La pièce de Jarry est écrite avec peu de mots, nous explique le metteur en scène. Il a donc fait la même chose et n’a pas utilisé de ponctuation.

«C’est donc aux acteurs de mettre les mots ensemble et gérer la ponctuation, ils doivent interpréter le texte comme ils le veulent.» Une très grande confiance est alors attribuée aux acteurs qui n’ont aucune indication. Adam Seelig est très fier d’eux: «ils sont incroyables, très dynamiques».

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