Transpirer permet d’évacuer les toxines?

La chaleur ou l'exercice feraient «sortir le méchant». Cette image populaire est malheureusement fausse. (Photo: Lightfieldstudiosprod | Dreamstime.com)
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La peur des toxines est à la mode, et au-delà des jus de toutes sortes censés évacuer les toxines qui se logeraient soi-disant dans notre corps, plusieurs personnes vantent les bienfaits de cures de chaleur — ou de l’exercice physique — sous le prétexte que c’est en suant qu’on évacue ces toxines.

Comme disaient nos grands-parents: «ça fait sortir le méchant». La prémisse est malheureusement fausse.

La sueur rafraîchit

La sudation n’évacue pas les toxines. Elle a plutôt pour objet de rafraîchir le corps grâce à l’évaporation. La sueur est majoritairement de l’eau liquide prête à se transformer en vapeur d’eau si on lui donne assez de chaleur.

Certes, la sueur contient bel et bien de petites quantités de minéraux et de composés organiques, y compris des substances toxiques. Mais la quantité de ces substances qui se retrouve dans la sueur est infime: la grande majorité de ce que nous éliminons l’est par les urines.

Une équipe des universités d’Ottawa et McGill l’avait d’ailleurs confirmé en 2018 à propos des polluants organiques persistants, ou POP (dioxines, furanes, etc.).

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Polluants

N’importe quel échantillon d’urine ou même de sang peut révéler la présence de centaines de composés provenant de cosmétiques, d’agents nettoyants, de médicaments, de gaz d’échappement de véhicules, de fleurs, de litières, de poêles à bois et de nourriture.

Mais là encore, c’est notre corps qui élimine ces composés, à travers notre foie et nos reins, qui sont bien équipés pour accomplir cette tâche. Nos glandes sudoripares n’ont pas en effet l’expertise requise pour postuler pour cet emploi.

Parfum de bactéries

D’où vient donc l’odeur de notre sueur si ce n’est de ces toxines? En fait, ce sont les bactéries qui vivent à la surface de notre peau qui convertissent le gras qu’on trouve dans la sueur en composés odorants, comme l’acide butyrique.

On y retrouve aussi de petites quantités de composés comme l’androsténol et l’androstadiénone qui, croient certains, pourraient servir de phéromones.

Bains de pieds et lumière infrarouge

Ça n’empêche pas les vendeurs de proposer toutes sortes de «traitements». Il existe des bains de pieds ionisants et des timbres pour la peau, censés nous libérer de ces toxines. On nous vante aussi les mérites des saunas à infrarouge pour «détoxifier» le corps.

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Ces installations utilisent une lumière infrarouge qui pénètre la peau et réchauffe nos tissus de l’intérieur, au lieu de nous réchauffer de l’extérieur comme le sauna régulier. Ses promoteurs affirment que le processus mène à une relâche plus efficace des toxines parce que la lumière infrarouge pénètre le corps en profondeur.

Le problème est que très peu de ces vendeurs définissent ce qu’ils entendent par toxines… ce qui les libère du problème d’avoir à démontrer que ces toxines ont été éliminées.

Risque de déshydratation

Accessoirement, ces traitements peuvent s’avérer dangereux, lorsqu’ils sont poussés à l’extrême, menant à la déshydratation et nuisant au bon fonctionnement de nos reins.

C’est ce qui est arrivé à trois personnes qui sont mortes lors d’une cérémonie de sudation en Arizona organisée par le gourou James Arthur Ray, qui a été condamné à deux ans de prison pour négligence criminelle.

Ray demandait jusqu’à 10 000 $ pour participer à cette fin de semaine et se familiariser avec sa philosophie, décrite comme un mélange de spiritualité et de physique quantique.

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Une Québécoise «morte cuite»

Plus près de nous, à Durham-Sud en 2011, une Québécoise de 35 ans, Chantal Lavigne, est décédée après avoir participé à un séminaire où les participants devaient faire «mourir leur conscience» en s’enduisant de boue, puis en s’enveloppant dans une bâche de plastique, enfouis sous des couvertures, la tête recouverte d’une boîte de carton.

En entrevue, le coroner avait alors déclaré que la victime était littéralement «morte cuite»!

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