TNO: l’Assemblée la plus féminine au pays

9 femmes, 10 hommes

La conseillère municipale de Yellowknife, Cynthia Mufandaedza, félicite Julie Green pour sa réélection dans Yellowknife Centre. Photo: Laureen Laboret
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Depuis le 1er octobre, l’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest compte 9 femmes et 10 hommes, soit 7 élues de plus que lors de l’élection de 2015. Ce record fait des heureuses et également des heureux.

C’était un enjeu scruté par de nombreuses personnalités ténoises et canadiennes.

Le soir de l’élection, alors que trois femmes seulement avaient reçu la confirmation d’être élues, Caroline Cochrane, députée sortante réélue de Range Lake, s’est exclamée: «Je suis extatique! Nous n’avons jamais eu plus de trois femmes dans l’histoire de l’Assemblée législative. À partir de quatre, nous allons donc écrire l’Histoire.»

Celle qui s’intéresse au poste de premier ministre ne croyait pas si bien dire aux vues des résultats à la fin de la soirée.

Yelowknife, capitale et plus grande ville des TNO, sur la rive nord du Grand Lac des Esclaves.

Encourager les femmes à se présenter

Si le nombre de candidates en 2015 était si bas, c’est parce que les femmes n’avaient pas été encouragées à se présenter. À cette époque, seulement 9 femmes sur un total de 60 candidats étaient présentes dans la campagne.

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La semaine dernière, 22 femmes affrontaient 36 de leurs homologues masculins, soit plus du double qu’il y a quatre ans. Ce fait historique propulse les TNO à la tête des provinces et territoires canadiens ayant le plus de représentation féminine dans leur législature.

Cette percée considérable n’aurait certainement pas pu avoir lieu sans l’aide de plusieurs campagnes de sensibilisation pour mobiliser leur participation à la vie politique.

Julie Green, qui a activement participé à promouvoir des campagnes telles que Women in Ballot, laisse éclater sa joie à l’annonce des résultats. «Je suis très fière de toutes les candidates qui se sont présentées pendant cette campagne», confiait-elle avec émotion durant la soirée électorale.

Ce n’est pas Katrina Nokleby qui dirait le contraire. «Si je n’avais pas suivi les ateliers des campagnes encourageant les femmes à faire de la politique, je sais que je n’aurai pas été candidate», avoue-t-elle, peu après sa victoire.

Elle ajoute que de tels ateliers lui ont également permis de construire une forte appartenance de groupe avec d’autres participantes telles que Caitlin Cleveland et Caroline Wawzonek, elles aussi élues.

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Pour elle, ce travail va jeter les bases de bonnes relations à l’Assemblée lorsqu’elles seront rejointes par leurs consœurs Lesa Semmler, Diane Thom, Chinna Paulie et Frieda Martselos.

Les TNO, avec le Grand Lac des Esclaves au Sud et le Grand Lac de l’Ours au Nord.

Des hommes heureux

Du côté des hommes, cette évolution est également très appréciée. Rylund Johnson, député nouvellement élu à Yellowknife Nord, ne cache pas son enthousiasme. «Emmenez-en des femmes», lâche-t-il en ajoutant que «c’est la meilleure des choses possibles, je suis très excité!»

Du côté de Kevin O’Reilly, c’est le même sentiment de satisfaction qui prévaut. «J’espère que le futur des TNO est meilleur ce soir, avec beaucoup de députées féminines.»

Jackson Lafferty, réélu sans opposition du côté de Monfwi, met en avant son implication dans les campagnes d’encouragement. «J’ai présenté une motion à la chambre afin d’augmenter le nombre de femmes dans l’Assemblée législative. J’ai hâte de travailler avec elles, elles apportent une expérience très valorisante.»

Il confirme que c’était très important de voir un leadeurship plus féminin émaner de ces élections.

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Malgré tout, Caroline Cochrane tempère: «C’est le moment pour les femmes d’avoir un siège à la table des discussions, mais nous ne voulons pas tous les sièges, nous voulons juste la parité!»

Le drapeau des TNO

Un changement de dynamique à l’Assemblée?

Nul doute qu’avec autant de femmes députées, les conversations vont aussi évoluer à l’Assemblée.

C’est en tout cas ce qu’affirme Katrina Nokleby. «Je pense que lorsqu’il y a plus de femmes au gouvernement, on se concentre plus sur les aspects sociaux, la famille et l’éducation. Je pense que l’on va voir un changement dans ce sens. Mais je suis aussi excitée d’apporter le côté science et ingénieur qui va de pair avec la pensée critique et la résolution de problèmes.»

Pour Julie Green aussi, le changement va s’installer à la table des négociations. «Autant de femmes élues, cela va changer la façon dont les choses se passent à l’Assemblée», confie-t-elle, pleine d’espoir.

Quant à Caroline Wawzonek, elle est un peu plus prudente, mais ne cache pas, elle non plus, ses espoirs. «Les femmes ont des expériences qui sont différentes. La plupart du temps, nous avons l’habitude de prendre soin d’autres personnes. On verra si cela fait une différence. J’espère que cela sera plus agréable de travailler toutes ensemble.»

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La question reste de savoir si avec autant de femmes élues, la parité sera respectée jusque dans le cabinet ministériel.

Il faudra pour cela patienter encore un peu. Le plus important, conclut Caroline Wawzonek, est avant tout de se concentrer à «trouver un moyen d’avoir une vision unifiée et travailler ensemble à réaliser cette vision».

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