TIFF Top 10: un condensé de culture canuck

Du 12 au 21 janvier

You Are Here


8 janvier 2018 à 14h00

Considérant la faible présence de films canadiens projetés dans les salles obscures, ou même sur les services à la carte de l’internet, il est rassurant de voir que le cinéma national est toujours bien vivant.

Pour le clamer haut et fort, comme tous les ans, le Festival international du film de Toronto (TIFF) nous présente du 12 au 21 janvier, et par catégorie, la sélection des dix œuvres canadiennes favorites de ses programmeurs en 2017.

Certains seront surpris que ces films n’aient en apparence pas grand-chose de canadien, car les critères de participation, outre celui d’avoir beaucoup plu aux programmeurs, sont que le film doit être réalisé par un citoyen ou résident permanent canadien, doit inclure (non exclusivement) le Canada comme pays de production, et doit avoir été soit distribué commercialement, ou avoir été sélectionné dans un festival de cinéma majeur au Canada en 2017.

Il va sans dire qu’il existe sans doute d’autres critères de sélection secondaires pour départager les nombreux candidats, comme la représentation des valeurs canadiennes de justice et mixité sociale chères au TIFF par exemple.

Cette année, les amateurs et curieux de courts et longs-métrages pourront admirer un intéressant florilège de genres, de la fiction comédie romantique légère à la critique sociale documentaire ou sur fond de zombies, en passant par l’histoire et la musique. Pour ce qui est des projections dans la langue de Molière, malheureusement, le cinéphile devra faire face à une frugalité peu surprenante, mais compensée par une magnifique qualité des œuvres.

Pour les longs-métrages, et pour ceux qui les avaient manqués en septembre dernier, ce sera sans doute votre dernière chance de voir Les affamés, de Robin Aubert, et La petite fille qui aimait trop les allumettes, de Simon Lavoie, puisqu’il y a peu de probabilité qu’ils ne reviennent éclairer les écrans torontois ensuite.

Les affamés
Les affamés

Zombies

Le premier, dont nous avions déjà parlé à la fin de l’été, nous conte les aventures de survivants à une apocalypse zombie dans le Québec rural, et leurs efforts pour maintenir un semblant de civilisation alors que leurs proches se transforment tous peu à peu en bêtes féroces assoiffées de sang et de cervelle.

Plutôt violent, comportant même quelques scènes assez gore, cette critique des dérives consuméristes et de l’hypocrisie politiquement correcte de notre société, dans laquelle le réalisateur exorcise librement certains de ses démons, a justement emporté le prix du meilleur film canadien au TIFF 2017 et nous a laissés assez impressionnés.

La petite fille qui aimait trop les allumettes
La petite fille qui aimait trop les allumettes

Gothique

Comme Ceux qui font les révolutions ne font que creuser leur propre tombe, La petite fille qui aimait trop les allumettes n’est certainement pas pour tous les publics, mais enchantera les amateurs de contes gothiques à l’érotisme sous-jacent.

Le film suit deux jeunes orphelins dans le Québec des années 30, suite au décès de leur père alcoolique, alors qu’ils découvrent de troublants secrets familiaux leur faisant douter de l’éducation pseudo-religieuse dispensée par celui-ci.

L’ambiance de cette libre adaptation du roman éponyme de Gaétan Soucy est lourde et chargée de sous-entendus, soulignés par de somptueuses images en noir et blanc et les performances troublantes des jeunes acteurs.

Adventures in Public School
Adventures in Public School

Éducation

Toujours dans les longs-métrages et dans un registre plus léger, en anglais cette fois, c’est la comédie romantique Adventures in Public School du britanno-colombien Kyle Rideout qui aura le plus retenu notre attention par sa légèreté teintée de critique sociale sur le système d’éducation, les parents hélicoptères, et les choix de vie qui nous sont proposés à cet âge souvent ingrat qu’est l’adolescence.

Tout juste sorti d’une éducation à domicile par sa mère hyper-protectrice, et alors qu’il passe son examen d’équivalence pour aller poursuivre ses études à Cambridge, Liam croise le regard d’Anastasia et va tout faire pour la revoir, y compris saboter ses réponses pour devoir repasser l’examen, après avoir à passer un semestre dans la jungle inconnue de l’école secondaire publique ou étudie la jeune fille.

Résolument ancré dans le 21e siècle et ses récentes modes et tendances «nouvel-âge», le film ne fera pas changer d’avis les fidèles de ces méthodes, mais tente, tout en restant très «canadiennement» politiquement correct, de faire passer un message aux générations X et Y et nous a tout de même fait passer un très bon moment.

Luk'Luk'I
Luk’Luk’I

Marginaux

Citons également Luk’Luk’I du métis vancouvérois Wayne Wapeemukwa, hybride fascinant entre drame social fictif et documentaire, qui suit, s’essayant à la manière d’un Collision ou d’un Magnolia, le quotidien de cinq personnages marginaux chacun affligés de leurs troubles propres, dans le quartier Est du centre de la cité pendant les Jeux olympiques d’hiver de 2010.

Tour à tour attachant, dégoûtant, décevant, amusant ou même surprenant, cet ovni cinématographique, qui s’éternise tout de même un peu, ne laissera certainement pas insensible aux défis d’insertion et d’intégration auxquels ces populations ignorées et délaissées par le système font toujours face aujourd’hui, souvent juste sous notre nez.

RUMBLE, The Indians Who Rocked The World
RUMBLE, The Indians Who Rocked The World

Musique

Bien entendu, les mélomanes devront absolument aller voir RUMBLE, The Indians Who Rocked The World, l’excellent documentaire musical de Catherine Bainbridge et Alfonso Maiorana, qui retrace l’histoire presque oubliée des grands musiciens autochtones ayant participé, souvent de manière anonyme ou en cachant leurs origines des premières nations, à la grande aventure de la musique pop de ses débuts à nos jours.

On y croise tout à tour Charlie Patton, qui cachait ses racines, de grands guitaristes comme Link Wray, auteur du hit Rumble en 1958, ou Jesse Ed Davis, qui joua avec la plupart des stars des années 60 à 80, mais aussi Peter La Farge, auteur de La ballade d’Ira Hayes, ou encore Randy Castillo, célèbre batteur de Mötley Crue et d’Ozzy Osbourne, et bien entendu des légendes du genre comme Robbie Robertson (The Band), Buffy Sainte-Marie ou encore le poète John Trudell.

Le film a bien atteint son but et nous laissé les jambes agitées, et avec l’envie d’aller réécouter tous ces hits ainsi que de redécouvrir ces fabuleux artistes.

Tesla : Lumière Mondiale
Tesla : Lumière Mondiale

Courts

En ce qui concerne les courts-métrages, chez les professionnels, nous avons apprécié:

Le cri du Lambi de Vincent Toi, magnifique petit film en créole haïtien;

Tesla : Lumière Mondiale, de Matthew Rankin, merveilleux conte onirique mi-animation, mi-filmé, en anglais sur les divagations créatrices et fantasmatiques du grand inventeur;

ainsi que Pre-Drink, l’acidulé court métrage en français de Marc-Antoine Lemire qui questionne amitié, amour, sexe et idées reçues.

Du côté films étudiants:

Prends ma main, d’Alexandre Lefebvre, court mais efficace documentaire décrivant le quotidien d’enfants aveugles au Québec, nous a conquis.

Leila, d’Aziz Zoromba, nous a marqués par son esthétisme s’alliant au sujet de la rébellion d’une adolescente musulmane face aux règles d’éducation instaurées par ses parents.

Et En attendant Lou, de Katerine Martineau nous a ému et rappelé des souvenirs de notre grand-mère.

Pre-Drink
Pre-Drink

Compliqué

N’oublions tout de même pas la projection gratuite de You Are Here, le fascinant documentaire hybride avant-garde du Torontois Daniel Cockburn, parfois qualifié de «Inception avec plus de puzzles» qui remporta en 2010 le prix Jay Scott de l’Association des critiques de films de Toronto et a été projeté dans plus de 40 festivals de cinéma majeurs dans le monde.

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