Un festival de films par et pour les jeunes

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Le Festival international du film de Toronto (TIFF) organise, pour une troisième année consécutive, un événement par et pour les jeunes: le Next Wave Film Festival, les 14, 15 et 16 février. Les 10 films américains, canadiens, britannique, allemand et coréen à l’affiche ont été sélectionnés par le TIFF en tenant compte de l’avis de 12 jeunes cinéphiles de 16 et 17 ans d’écoles secondaires de Toronto.

«C’est la formule originale de ce festival», indique la directrice de TIFF Kids, Elizabeth Muskala, «que de compter sur la participation d’un tel comité aviseur d’adolescents passionnés de cinéma. Ça nous permet de voir le monde à travers leurs yeux et de créer un festival qui reflète leurs intérêts.»

Dans leurs bios, ces jeunes citent comme films «qui ont tout changé» des oeuvres cérébrales comme The Social Network ou The Big Lebowski, mais aussi des films d’action comme The Dark Knight ou Star Wars. Ils visionnent une centaine de films au cours de l’année avant d’arrêter leur choix pour le festival, indique la directrice de la programmation famille et jeunesse du TIFF, Emily Scheer.

C’est Palo Alto, la première oeuvre de Gia Coppola – nièce de Sofia et petite-fille de Francis – qui est tout de suite remarquée dans la programmation. Le film s’inspire d’un premier recueil de nouvelles de James Franco (l’acteur, qui joue d’ailleurs dans le film), sur la vie d’adolescents dans cette ville californienne.

Mentionnons aussi:

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Fly Colt Fly: documentaire sur le jeune fugitif Colton Harris-Moore, héros ou anti-héros qui a réussi à dérober des avions dans une cavale qui en a tenu les États-Unis en haleine pendant trois ans.

A Birder’s Guide to Everything: un jeune se passionne pour l’observation des oiseaux.

GBF: sortie fracassante du placart pour un étudiant gai.

Gone Too Far!: difficile première rencontre d’un jeune Britannique avec son frère du Nigeria.

Leap 4 Your Life: faux documentaire sur une compétition de danse communautaire.

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Camp Takota: comédie sur le retour de trois femmes monitrices dans leur ancienne colonie de vacances.

Final Recipe: un jeune s’inscrit à un concours national de cuisine, en Chine, pour sauver le restaurant de son grand-père.

For No Eyes Only: thriller à la Hitchcock sur le thème du cybervoyeurisme.

École d’immigrants

On trouve enfin I Learn America, des réalisateurs Jean-Michel Dissard et Gitte Peng, un documentaire qui suit cinq élèves de l’International High School at Lafayette, une école publique de Brooklyn (New York) spécialisée dans l’accueil et l’intégration d’immigrants de partout dans le monde.

Le Français Jean-Michel Dissard s’est lui-même installé aux États-Unis, en Arizona, quand il était adolescent. «Je me suis identifié facilement à ces jeunes déracinés qui doivent tout apprendre rapidement de leur nouveau pays, y compris la langue», raconte-t-il en entrevue à L’Express. «Mais les spectateurs, eux, surtout les jeunes, se reconnaissent aussi dans leurs situations et leurs problèmes d’ado qui sont les mêmes partout.»

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C’est en cherchant des écoles susceptibles d’accueillir un grand nombre de jeunes immigrants que M. Dissard a croisé sa coréalisatrice Gitte Peng, alors à l’emploi de la ville de New York, qui l’a orienté vers l’école Lafayette. «Il est souvent plus facile de dénoncer ce qui ne marche pas que de montrer ce qui marche bien», croit-il. «Au début, les cinq jeunes suivis dans I Learn America ne comprenait pas pourquoi un cinéaste s’intéressait à leurs histoires tant elles leurs paraissaient banales.»

Jean-Michel Dissard a déjà présenté son film dans une vingtaine de festivals. Il sera présent au visionnement torontois pour répondre aux questions du public. Le film impressionne les jeunes, mais aussi les éducateurs, dit-il.

À Toronto comme à New York, métropoles multiculturelles, on connaît déjà les problématiques liées à l’immigration, mais «à l’intérieur du pays, dans des villes comme Denver ou St-Louis, l’arrivée d’immigrants de pays lointains qui ne parlent pas anglais suscite toutes sortes d’interrogations dans le milieu scolaire».

Sur ILearnAmerica.com, on traduit en actions concrètes le débat lancé par le film, permettant entre autres aux visiteurs de réclamer aux législateurs des améliorations au chapitre des droits des immigrants et de leur intégration à la société américaine. Plusieurs élèves de l’école Lafayette sont des sans-papier, ce qui ajoute à leurs inquiétudes.

«Il y a 11 millions de sans-papier aux États-Unis. Jusqu’à tout récemment, on voyait l’immigration à travers le prisme sécuritaire», explique Jean-Michel Dissard (citoyen américain depuis 5 ans). «Mais de plus en plus, on comprend qu’il faut chercher à les intégrer, pas à les emprisonner ou les déporter, et ce sont les jeunes qui ont relancé le débat dans cette direction.»

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Musique et ateliers

Le festival débute en musique avec la populaire Battle of the Scores, une compétition devant jury de groupes d’écoles secondaires de Toronto ayant réalisé la trame musicale de courts-métrages produits par des jeunes. Tous les billets sont déjà vendus pour cet événement.

TIFF Next Wave, qui attend environ 3000 spectateurs, selon Emily Scheer, présente ce samedi 15 février un marathon de cinq films «cultes» pour les jeunes: Juno, Scott Pilgrim vs. the World, Mean Girls, Rushmore et Donnie Darko.

Divers ateliers de création et débats complètent la programmation du festival, dont les billets sont en vente au guichet du TIFF Bell Lightbox, rue King ouest, par téléphone 416-599-8433 ou internet

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