TIFF 2018 : une vingtaine de films à voir

To Plant A Flag


6 septembre 2018 à 9h00

Avec 342 films à découvrir du 6 au 16 septembre prochains, le Festival international du film de Toronto est de retour en grande pompe et concentrera les tapis rouges dans l’hyper centre-ville après avoir abandonné les salles légèrement excentrées (Cinéma Bloor Hotdocs et Elizabeth Bader).

Aux projections s’ajoutent le dorénavant classique «Festival Street» avec de nombreuses activités de rue liées au cinéma, sur la rue King Ouest, qui sera fermée à la circulation du 6 au 10 septembre.

Le catalogue du festival est énorme, comme chaque année, et il est toujours difficile de faire un choix en dix jours. L’Express vous a donc concocté une sélection des métrages à ne pas manquer si vous voulez briller en société, avec une préférence pour ceux que l’on ne pourra très probablement plus voir en salle une fois le festival terminé.

Shadow

Conte médiéval chinois épique

Nous commencerons par les fictions étrangères avec Shadow du maître chinois Zhang Yimou, qui revient au festival avec un nouveau conte médiéval épique empli de scènes d’action et de combats aux chorégraphies incroyables qui, comme à son habitude, repoussent les limites du genre.

Deng Chao et Zheng Khai y interprètent un roi et son commandeur, happés par les intrigues politiques et guerrières de leur époque, et l’aventure de leur bataille finale pour le contrôle de la cité fortifiée de Jing. Le film s’annonce comme un gigantesque festin visuel aux touches poétiques caractéristiques du réalisateur, à voir sur grand écran exclusivement!

Ray & Liz

Accent British et humour noir

Dans un tout autre genre, mais toujours d’époque, Ray & Liz, premier long métrage du photographe anglais Richard Billingham, nous renvoie dans les années 80 pour l’hilarant et semi-autobiographique portrait d’une famille de la classe ouvrière à Birmingham.

Accent provincial British à couper au couteau, répliques cinglantes et humour noir, tourné en 16mm et avec un rendu fantastique, ce petit film ne laissera sans doute personne indifférent, et surtout pas les amateurs de musique de l’époque grâce à une bande-son éloquente.

Diamantino

Fantasmes de guerriers de la justice sociale

La fantaisie ne sera pas en reste, les amateurs de football non plus avec le magnifique Diamantino, satire des avant-gardistes Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt.

Se croisent, dans un nuage de délire, et toujours en 16mm, tous les fantasmes favoris des guerriers de la justice sociale dans une comédie bien programmée de la section Midnight Madness, à découvrir avec le public déchaîné de ces séances légendaires.

Freaks

Science-fiction philosophique et cauchemardesque

Aniara, drame de science-fiction suédois basé sur un poème du prix Nobel Harry Martinson, nous promet une bonne dose de réflexion philosophique sur la condition (et l’hypocrisie) humaine après qu’un vaisseau spatial de colonisation martienne ait involontairement dérivé de son cap, provoquant une crise existentielle chez ses passagers.

Toujours en science-fiction, mais teinté de fantaisie cauchemardesque, Freaks, des Canadiens Zach Lipovsky et Adam Stein, et avec Émile Hirsch, expose une allégorie sur la peur de l’inconnu à travers les yeux d’une enfant se libérant du joug paranoïaque et claustrophobe de son père, mais qui découvre un monde extérieur bien différent de celui qu’elle avait imaginé.

Recherche du bonheur avec un extra-terrestre

De Cuba nous vient une réflexion touchante sur la recherche du bonheur avec The Extraordinary Journey of Celeste Garcia, d’Arturo Infante, ou Celeste découvre que son voisin est en fait un extra-terrestre quand il l’invite personnellement à un voyage intersidéral pour découvrir sa planète d’origine.

Veuve et enseignante retraitée, dotée d’une curiosité insatiable, Celeste sera notre guide à travers cette vision non dépourvue d’humour et de tendresse de la société cubaine actuelle, dépeignant les épreuves qu’elle traverse lors de sa préparation au voyage tant attendu.

The Great Darkened Days

Les états d’âme d’une jeune veuve

Autre œuvre décrivant les épreuves psychologiques et les états d’âme d’une jeune veuve, Sorry for Your Loss avec Elizabeth Olsen, fera rire, peut être un peu jaune, de la découverte des secrets laissés par son mari, mais surtout par la réalisation progressive de son auto-dénégation bien agaçante.

La Chine sous la dynastie Tang

Pour finir, retour en Chine avec une magnifique adaptation fantasmagorique mêlée de romantisme du best-seller Legend of the Demon Cat par Chen Kaige.

Un poète chinois et un moine japonais forment une équipe surprenante et mènent une enquête mystique sur l’envoûtement de la femme de l’empereur par un chat maudit, ayant conduit au décès d’une concubine. Les images, ainsi que la reconstitution de Chang’an, capitale de Chine sous la dynastie Tang sont époustouflantes.

Doubles Vies / Non Fiction

La francophonie bien présente

Comme à son habitude, TIFF 2018 ne laissera pas le cinéma francophone en reste avec une solide sélection dont Doubles vies/non fiction, le nouvel Olivier Assayas, pour lequel Juliette Binoche et Guillaume Canet seront présents, qui interprètent avec humour un couple de Parisiens dans la fleur de l’âge, aux prises avec les nouvelles technologies et les médias sociaux.

Duelles est le nouveau et efficace thriller d’Olivier Masset-Depasse (Illegal), situé dans la banlieue des années 60 en France et dans lequel deux mères de famille voisines vont réévaluer leur relation fusionnelle suite à un évènement marquant.

Ne serait-ce que pour assister au retour à l’écran du géant Éric Cantona, il faudra absolument voir Ulysse et Mona, la nouvelle comédie de Sébastien Betbeder (Les nuits avec Théodore) qui a, il faut bien l’admettre, des aspects collant très bien à l’ex-footballeur et star du Bonheur est dans le Pré.

La chute de l’empire américain

Bien entendu La chute de l’empire américainde Denys Arcand, complément mais pas suite du Déclin de l’empire américain et des Invasions Barbares, figure dans notre liste des priorités à voir. Le film traite cette fois d’un grand fléau de notre société actuelle, à travers une vision québécoise : l’argent.

Toujours en provenance du Québec, La grande noirceur, de Maxime Giroux (Félix et Meira) est un portrait allégorique de notre époque troublée dans lequel Philippe, acteur québécois, se trouve bloqué dans un état du Sud des États-Unis, et se voit forcé de côtoyer et de gérer des fléaux sociaux lui rappelant les années 30: extrême pauvreté, persécution, guerre potentielle et fascisme latent.

Mercy of the Jungle

Mercy of the Jungle, second long métrage de Joël Karekezi, nous entraîne dans la jungle pendant la seconde guerre du Congo, en compagnie du sergent Xavier et du soldat Faustin, oubliés après une opération de représailles sur des rebelles et qui doivent compter l’un sur l’autre pour traverser la jungle en échappant aux milices congolaises.

Le film exhorte la camaraderie et les notions de complémentarité dans un décor magnifiquement oppressant, pour conclure en une touchante réflexion sur les conséquences de nos actions.

Juliette Binoche, omniprésente au festival avec pas moins de trois films, est aussi la vedette de Vision, de Naomi Kawase, ou elle effectue voyage initiatique a travers les montagnes Yoshino, à la recherche de Vision, une herbe légendaire supposée redonner force et joie de vivre à ceux qui la consomment. Empli de mélancolie et de merveilleux, le film est un régal de tranquillité et de découverte de soi.

Colette

Il n’est pas vraiment issu de la francophonie, ni vraiment un film indépendant, mais nous ne pouvions pas passer à côté de Colette, de Wash Westmoreland, avec Keira Knightley dans le rôle éponyme de l’auteure iconoclaste et féministe française du début du 20e siècle, que nous suivons ici dès son adolescence dans son combat pour l’égalité et sa reconnaissance comme femme libre.

Documentaires et musique

Le Torontois Ron Mann est de retour au festival avec son nouveau film, Carmine Street Guitars, sur le célèbre luthier de Greenwich Village a New York, qui fabrique des guitares à base de bois récupéré dans la destruction ou rénovation d’immeubles historiques de la capitale américaine.

Le documentaire nous présente la liste de célèbres clients du luthier, leurs raisons, la contre-culture anti-capitaliste des artistes et l’esprit de préservation de l’histoire qui règne dans l’atelier, tout en mettant les temps modernes et le futur en exergue, notamment à travers Cindy, la jeune apprentie, et ses créations.

Carmine Street Guitars

Une autre légende de la musique, Quincy Jones, est à l’honneur dans Quincy, un portrait plein de tendresse par sa fille Rashida alors qu’à 85 ans il se démène pour organiser un concert géant pour l’inauguration du Musée National de l’Histoire et de la Culture Africaine à Washington.

Toute la crème de la musique américaine fait une apparition dans le film, qui se termine par des performances exemplaires de Ray Charles et autres, démontrant l’immense impact du producteur sur l’histoire de celle-ci.

Quincy

Décédée en 1977 à l’âge de 53 ans, la cantatrice Maria Callas marqua indélébilement l’histoire de l’opéra et sa réputation n’est plus à faire… ou du moins le pensait-on jusqu’ici.

Après de nombreuses années de recherches et des découvertes saisissantes, le photographe et réalisateur français Tom Volf signe ici un film qui ouvre de nouvelles perspectives en montrant la célèbre artiste sur un nouveau jour, explorant sa vie, son enfance, ses relations tumultueuses et abusives avec sa mère et son mari.

Maria by Callas est un trésor d’informations qui ravira les amateurs du genre et ne manquera pas de faire réfléchir sur le statut mental des stars que nous percevons souvent uniquement à travers leurs performances publiques.

Maria by Callas

Des courts aussi!

Parmi la longue liste de courts métrages issus de la francophonie, nous avons été impressionnés par Bavure, de Donato Sansone, magnifique animation expérimentale aux relents d’Alien et de 2001 l’odyssée de l’espace.

Notable aussi: La chute, de Boris L’abbé, illustrant de manière très gothique et moderne la chute de l’ordre divin à l’aide de pas moins de 3500 dessins à l’encre indienne et aquarelle, accompagnés d’une envoûtante musique de Daniele Ghisi.

Dans un tout autre genre et pour finir, To Plant AFlag est une succulente et courte comédie noire de Bobbie Peers avec Jason Schwatzman et Jake Johnson interprétant deux stagiaires astronautes de la NASA et leurs péripéties lors de leur formation en Islande dans les années 60.

Ce film complémentera parfaitement First Man, le nouveau et beaucoup plus sérieux Damien Chazelle sur la mission Apollo 11 de Neil Armstrong.

Pour plus d’information sur les autres films du festival, l’horaire et comment se procurer des billets : https://www.tiff.net/tiff/

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