Squaw manquée à la galerie Céline-Allard

Du sacré avec des matériaux de vidange

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Si sur l’annonce de l’exposition, on s’attend à voir des masques chamanes, attendez vous à entrer dans un tout autre monde! L’artiste Lisa Du Fresne investit une nouvelle fois la galerie Céline Allard pour le mois de mai et y a installé sa «jungle urbaine.»

L’exposition est intitulée la Squaw manquée. La «Squaw» étant un mot amérindien qui signifie femme, sa signification a changé avec l’arrivée des Européens et est devenue une insulte: une femme sauvageonne avec des connotations sexuelles.

Mais Lisa étant une artiste métis-urbaine qui revendique ses racines, elle a décidé de reprendre ce mot en revendiquant son sens original.

Dans la galerie, Lisa a mobilisé tout l’espace et a aménagé ses compositions avec des éléments recyclables. Toutes ses installations ne sont pas disposées au hasard et suivent un cheminement bien précis dans l’esprit de Lisa, qui trouve même de nouveaux symboles au fur et à mesure qu’elle nous fait la visite.

Cette organisation peut dérouter le spectateur, elle pose en effet plus de questions qu’elle ne donne de réponses. Une situation qui amuse Lisa: «J’invite les gens à venir se poser des questions!»

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Culture amérindienne

La galerie s’est donc transformée en jungle urbaine, avec des bouts de ficelles en guise de lianes, on se promène de cercles d’ordures en cercle d’ordures, qui représentent tantôt le foyer du feu pour Lisa, tantôt le tipi. Chaque élément a une signification et l’artiste y a savamment mélangé les références à la société occidentale. Sur un pilier, on peut par exemple reconnaître un corbeau qui représente un des «trickster», un esprit de la culture amérindienne. Dans un autre coin on retrouve la «roue medicine», une cosmologie de l’univers qui permettait au départ de calculer le calendrier, son usage a ensuite été détourné pour la guérison. Tous sont faits à partir d’éléments recyclés, des boites alimentaires, des paquets de cigarettes, des bouchons…

Explorer deux cultures

Lisa nous explique ce choix: «Je prends des matériaux recyclés, car c’est la grosse bête que je chasse dans ma forêt urbaine, c’est l’être qui prend le plus de place dans notre société et notre culture de la ville. C’est quelque chose que l’on jette… que l’on rejette même! Il y a une histoire, une vibration, une couleur, des messages publicitaires…»

Lisa Du Fresne puise dans ces multiples racines pour exprimer son art. Elle est Franco-Canadienne, née au Québec. De son côté paternel, son arbre généalogique compte cinq mariages directs avec des autochtones, et à peu près autant du côté de sa mère acadienne. Elle puise son inspiration dans ces racines métis, et s’amuse à mêler les objets issus de la société de consommation occidentale pour créer des pièces et recréer une jungle urbaine.

Au final cette exposition s’amuse à explorer les deux cultures de Lisa, qui s’amuse à en utiliser une pour représenter l’autre. Elle nous explique: «Mon exposition, c’est du sacré dans le profane. On s’assoit dans les vidanges et on trouve des trésors, ici, on s’assoit dans celles de mon histoire, de ma famille, de ma culture.»

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