Sortir de la dépendance à la drogue, pour son enfant

Maria, 25 ans, n'aurait jamais imaginé se retrouver accroc à la drogue et à la rue

Maria
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Maria en a vu des documentaires sur des jeunes à la rue. Mais elle n’aurait jamais imaginé que ça serait son tour un jour.

Elle a à peine 25 ans, et pourtant sa mère ne l’a pas reconnue quand elle l’a retrouvé dans la rue, elle qui était toujours «impeccable», les cheveux et les ongles sains, beaux et soignés… Soudainement vieillie.

C’était bien la peine que Maria reproche à sa mère la nourriture non bio, ou les produits cosmétiques chimiques et potentiellement cancérigènes, quand elle vivait avec elle. Maintenant qu’elle se drogue et ne fait plus attention à elle.

Jeunesse agréable

Maria est d’origine arménienne. Seconde de deux filles dans une famille aisée, elle n’a jamais manqué de rien, a eu une jeunesse agréable, des parents cultivés qui l’ont gâtée, l’ont fait voyager, découvrir les musées.

Sa mère la décrit comme «pleine de talents, pleine de charisme, capable d’attirer l’attention, de faire rire». Mais aussi «impulsive et curieuse». Elle avait commencé une carrière dans la musique qui l’avait menée à New York, et elle envisageait de prendre des cours pour devenir actrice.

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Tombée dans la drogue

À une fête, elle a essayé la drogue qu’on lui a proposée. «La seule erreur de sa vie», d’après sa mère, qui se demande si elle-même a une part de responsabilité.

Maria ne pensait pas qu’on pouvait devenir autant accroc, et plonger si vite. À la suite de ce faux pas, elle a dépensé tout ce qu’elle avait. Dans un sursaut, elle est rentrée en Arménie chez ses parents pour se remettre. Ils l’ont accueillie et aidée.

Rechute

Remise, elle a souhaité revenir en Amérique du Nord, à Toronto cette fois-ci, pour reprendre ses études, pour un nouveau départ.

C’est là qu’elle a rechuté. En cherchant de la drogue, elle a rencontré un beau jeune homme tout aussi accroc, duquel elle est tombée enceinte.

Quand leur petite fille est née, la mère de Maria est venue la récupérer. C’est alors qu’elle a été si frappée de l’état terrible de Maria, à la rue, négligée. Maria a confié le bébé à sa mère, mais a refusé de la suivre elle aussi.

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Drôle de liberté

La maman de Maria ne comprend pas pourquoi quand on est drogué et qu’on commence une cure de désintoxication à Toronto, on laisse sortir le patient dès qu’il le veut, dès que c’est trop dur.

C’est arrivé à Maria plusieurs fois. Pour sa maman, c’est une «mauvaise définition de la liberté», que de ne pouvoir faire un choix a long terme, et de rester à la merci de toute décision à court terme. Une «mauvaise interprétation des droits de l’homme», qui va à l’encontre de ce dont sa fille a besoin: être extirpée de cette dépendance à une drogue dure qui la détruit.

En sevrage

Maria s’est donné pour mission de se sevrer, et de se remettre, pour pouvoir s’occuper de sa petite fille. Pas facile. En attendant, elle tient à partager son histoire pour éviter à d’autres de faire la même erreur.


Des gens du coin / Our Neighbours est un projet de recueil d’histoires de personnes qui sont marginalisées (ou l’ont été) à Toronto. Avec Constructive Productions.

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