Si les vagins pouvaient parler…

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«Je dis vagin, car ce mot n’est pas censé représenter le dégoût, le mépris et la gène, je dis vagin, car ce qu’on ne nomme pas, on ne s’en souvient pas et cela engendre la peur»… Le mot vagin revient 123 fois dans la pièce adaptée par Thomas Gallezot et présentée le 6 mars dernier au Young People’s Theatre.

Les Monologues du Vagin ont pris forme à partir de 230 entrevues de femmes. Sur scène, six actrices parlent de cet organe «si mystérieux dont personne n’est revenu pour en parler», à travers les histoires de femmes différentes, d’une enfant à une vieille dame, en passant par un couple de lesbiennes.

1h30 de représentation pour parler de viol, de mutilations génitales, de cancer ou encore d’homosexualité à la fois avec humour et justesse. «Il faut admettre qu’elles existent pour que cela s’arrête», explique l’une des membres d’Oasis avant la représentation.

La pièce séduit autant les femmes que les hommes. Ils rient tous aux éclats en même temps, ce n’est pas tous les jours que l’on voit des femmes simuler des orgasmes sur scène.

Divertissante, la pièce Les Monologues du Vagin se veut aussi pédagogique. À la fin de la pièce, des petites questions sont posées au public pour connaître le nombre de femmes victimes de mutilations génitales dans le monde (140 millions), pour connaître les conséquences d’une excision, etc.

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Le bilan est dur. Depuis la date de l’écriture de la pièce (1996), rien n’a réellement changé.

Dada Gasirabo, la présidente d’Oasis Centre des femmes, tient à cette pièce qui permet de «démystifier le vagin, parce que tout passe par lui, tant la maladie que la vie».

«Cette pièce rend merveilleusement bien hommage aux femmes», croit-elle. «Elle permet de réfléchir sur ce qui est possible de faire, je suis fière de ce qu’on montré les actrices».

C’est une occasion pour Oasis de souligner ses 20 ans d’actions, et le long chemin qu’il reste à parcourir. «Nous agissons contre les agressions sexuelles, pour aider les femmes à devenir indépendantes, mais aussi éduquer la société. Cela se passe dans nos maisons, au travail, tant de lieux où la femme est encore profanée et si on ne touche pas à la racine, on ne peut pas y arriver.»

À la question, pourquoi avoir tenu à jouer un rôle dans cette pièce, l’une des actrices répond simplement: «c’est juste important, et on en parle pas assez, il faut se rendre vraiment compte qu’une femme a un vagin, que c’est normal et voilà quoi».

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Pour Françoise, responsable de la Maison d’hébergement, la pièce s’est montrée très juste. «Les actrices ont donné la parole aux femmes, ce qu’elles ont dit, je l’entends tous les jours à la Maison d’hébergement.»

Scuderia Productions et Oasis Centre des femmes souhaite faire de cette pièce un rendez-vous annuel à l’occasion de la Journée des femmes.

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