Qui organisera vos funérailles à votre mort?

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Des changements sont proposés par le gouvernement provincial pour l’industrie des services funéraires en Ontario. Photo: iStock.com/Jacob Wackerhausen
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Publié 19/01/2026 par Émilie Gougeon-Pelletier

Lorsque vous perdrez la vie, qui sera responsable d’organiser l’embaumement, l’enterrement, la crémation de votre corps? Il fut une époque où la réponse était évidente, mais ce n’est plus tout à fait le cas aujourd’hui. Voici ce qu’il faut savoir sur les changements proposés dans l’industrie des services funéraires en Ontario.

Divorces, séparations légales, familles recomposées, unions civiles… Tant chez les vivants que chez les morts, beaucoup de choses ont changé au cours des 20 dernières années.

Une chose n’a pas beaucoup évolué, toutefois — la Loi ontarienne sur les services funéraires et les services d’enterrement et de crémation, qui date de 2002.

Une décision définitive

«C’est tellement définitif comme décision, et il faut rendre les choses un peu plus claires et nettes, pour que l’on puisse dire: “Voilà comment on fait, à qui on s’adresse et qui décide”», explique le directeur du salon funéraire Ridley de Toronto, Brad Jones.

Brad Jones œuvre auprès des familles nécessitant des services funéraires depuis 1990.

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«Je pense que la dynamique familiale a considérablement changé au cours des 20 ou 30 dernières années», note-t-il.

Ce directeur de salon funéraire mentionne qu’à ses débuts dans l’industrie, il comptait beaucoup plus de clients issus d’un mariage «traditionnel» qu’aujourd’hui.

À l’époque, même si le défunt n’avait pas identifié un exécuteur de son testament, il était plus simple de déterminer qui serait la personne qui prendrait les décisions portant sur la coordination des services funéraires du défunt.

«Le taux de divorce est plus élevé dans notre société, et en plus, la moitié du temps, on parle de séparations légales», remarque-t-il.

Les effets de la mondialisation se font aussi remarquer maintenant, avec des membres de la famille qui habitent à l’autre bout du pays, ou du monde.

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Ainsi, s’il vous n’avez pas de testament, à qui revient la responsabilité légale de décider de ce qui adviendra de votre corps?

Moderniser les activités funéraires

Le Québec a adopté en 2016 la Loi sur les activités funéraires, pour établir un nouveau régime juridique applicable aux activités funéraires afin d’assurer la protection de la santé publique et le respect de la dignité des personnes décédées.

Les lois en matière d’activités funéraires dataient, pour la plupart, des années 1970.

De son côté, le gouvernement de Doug Ford a adopté en décembre la Loi visant à protéger l’Ontario en réduisant la bureaucratie.

Cette loi omnibus modifie notamment celle sur les services funéraires, d’inhumation et de crémation.

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L’Ontario a ainsi voulu permettre l’adoption de règlements exigeant que les fournisseurs de services funéraires obtiennent l’autorisation d’une personne ou d’une entité avant de fournir certains services concernant la disposition finale de la dépouille d’une personne décédée.

Brad Jones fait partie de l’Association des services funéraires de l’Ontario, et il est membre du comité qui consulte la province au sujet des changements qui doivent être apportés.

L’exemple de la Colombie-Britannique

Alors que l’élaboration des règlements est toujours en cours en Ontario, ce comité s’est penché sur l’exemple de la Colombie-Britannique.

Dans cette province, les fournisseurs de services funéraires ont établi une liste décroissante des décideurs.

Si le défunt n’a pas de testament, son exécuteur serait d’abord l’époux.

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En l’absence d’un époux, ce serait plutôt son enfant qui prendrait les décisions.

S’il y a plus d’un enfant, c’est l’aîné qui choisit. Et ainsi de suite.

L’Ontario espère aussi établir une telle liste.

Ce processus serait «plus clair et plus rigoureux», selon le gouvernement Ford.

Il aiderait aussi à réduire les litiges familiaux et permettrait aux fournisseurs de s’assurer qu’ils suivent les instructions appropriées, a fait savoir une porte-parole du ministère de la Prestation des services publics et aux entreprises et de l’Approvisionnement.

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«C’est plutôt pratique quand une autre province a déjà fait le travail», estime Brad Jones. «En parlant avec les acteurs du secteur là-bas, on peut savoir ce qui fonctionne, et quels sont les problèmes, et donc on peut s’appuyer sur un modèle existant pour créer le nôtre.»

N’empêche, l’industrie ontarienne estime que cette façon de fonctionner n’est peut-être pas tout à fait la meilleure, affirme le directeur funéraire.

«Le défunt pourrait avoir été séparé légalement de son époux et en couple depuis 10 ou 15 ans, ou bien l’enfant aîné pourrait ne pas être nécessairement le mieux placé pour décider.»

L’Assemblée législative de l’Ontario est en pause hivernale jusqu’au 23 mars. Le gouvernement devrait pouvoir mettre en vigueur les modifications à partir de la rentrée parlementaire.

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