Services en français: les priorités du commissaire intérimaire Carl Bouchard

Le départ de Kelly Burke demeure inexpliqué

Nathalie Des Rosiers, directrice principale du Collège Massey, et Carl Bouchard, commissaire intérimaire aux services en français de l’Ontario
Nathalie Des Rosiers, directrice principale du Collège Massey, et Carl Bouchard, commissaire intérimaire aux services en français de l’Ontario. Photo: Ombudsman de l'Ontario.
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Publié 20/03/2023 à 15h20 par Gérard Lévesque

Dans sa première allocution depuis qu’il a été nommé, le 3 mars, commissaire intérimaire aux services en français de l’Ontario, Carl Bouchard a profité d’une rencontre organisée le 17 mars par le Collège Massey de l’Université de Toronto, dans le cadre du Mois de la Francophonie, pour identifier trois priorités:

  • Confirmer que chaque ministère développe ou a un plan de services en français qui contient des mesures de performances.
  • Confirmer que les 19 recommandations émises dans l’enquête sur les coupes à la programmation de langue française à l’Université Laurentienne ont été mises en œuvre.
  • Obtenir, d’ici le 30 septembre 2023, un plan du ministère des Affaires francophones pour la mise à jour du Règlement de l’Ontario 398/93, lequel liste les organismes désignés comme offrant des services publics.
Carl Bouchard, commissaire intérimaire aux services en français de l’Ontario (photo : www.MarcLemyre.com)
Carl Bouchard, commissaire intérimaire aux services en français de l’Ontario. Photo: MarcLemyre.com, courtoisie.

Journaliste de formation et de profession, Carl Bouchard est un ancien employé de Radio-Canada et TFO qui a fait le saut dans la fonction publique ontarienne en 2014, au sein du ministère des Affaires francophones.

Depuis février 2020, il est directeur des opérations de l’Unité des services en français de l’Ombudsman. M. Bouchard se dit fier du travail accompli depuis trois ans par l’Unité des services en français du Bureau de l’Ombudsman de l’Ontario.

Il rappelle que l’intervention de l’Unité a mené ou contribué à des changements en profondeur:

  • L’émission d’alertes Amber bilingues.
  • Les accents sur les permis de conduire et les cartes-santé.
  • La traduction des points de presse quotidiens du premier ministre dans le cadre de la pandémie.
  • Le dépôt du premier rapport annuel sur les services en français de la ministre Caroline Mulroney.
  • La reconnaissance dans la modernisation de la Loi sur les services en français de l’importance pour chaque ministre de faire rapport sur la mise en œuvre de la Loi et sur la qualité des services en français pour leur ministère.
  • La reconnaissance dans la Loi d’encadrer les communications du gouvernement.
  • La reconnaissance dans le nouveau règlement sur l’offre active que les services en français doivent être des services équivalents à ceux offerts en anglais et sans délai.
Quelques participantes à la soirée du Collège Massey pour célébrer la Francophonie
Quelques participantes à la soirée du Collège Massey. Angela Ogang, avocate et candidate à l’élection d’avril prochain au Conseil du Barreau de l’Ontario. Barbara Martin, directrice du Lycée français de Toronto. Julie Thorburn, juge à la Cour d’appel de l’Ontario. Nathalie Des Rosiers, directrice du Collège Massey. Julie Lutete, présidente de la Coalition des Noir.e.s francophones de l’Ontario. Louise Hurteau, avocate à la discipline, Service du contentieux au Barreau de l’Ontario.

Carl Bouchard affirme qu’au total, une trentaine de recommandations ont été présentées pour améliorer les services en français en Ontario. Elles ont toutes été acceptées et ont été ou sont en voie d’être mises en œuvre.

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L’Unité a travaillé sur plus de 1 000 cas ou plaintes, dont la majorité d’entre eux sont résolus.

«Ce sont de grands succès: le gouvernement suit les pistes que nous lui avons recommandé de suivre pour améliorer les services en français en Ontario.»

Un départ précipité

Sur le site Internet des évènements prévus à Toronto pour le Mois de la Francophonie, on peut lire que, le 17 mars, la commissaire aux services en français Kelly Burke va présenter au Collège Massey son plus récent rapport.

Cette information n’a toutefois pas été mise à jour depuis la diffusion, le 3 mars dernier, du communiqué par lequel l’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, lance une recherche pour trouver un(e) nouveau(elle) Commissaire aux services en français, et annonce que Kelly Burke, commissaire aux services en français depuis janvier 2020, ne fait plus partie du Bureau de l’Ombudsman.

«Je tiens à remercier Mme Burke de ses services et je lui souhaite de réussir dans ses futurs projets», a déclaré l’Ombudsman, sans plus de précision.

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J’ai tenté d’obtenir des renseignements sur ce qui avait motivé le départ précipité de la Commissaire et ombudsman adjointe Kelly Burke. La gestionnaire des communications de l’Unité des services en français, Emmanuelle Bleytou, répète depuis le 3 mars: «nous n’ajouterons rien de plus que ce qui figure déjà dans notre communiqué de presse».

L’Ombudsman Paul Dubé et son adjointe aux Services en français, la Commissaire Kelly Burke, en 2020. Photo: courtoisie.

Manque de transparence

Plusieurs participants à l’évènement du Collège Massey n’étaient pas au courant de cette nouvelle. Tout le monde se demande comment expliquer le départ soudain de Kelly Burke. L’absence de transparence sur ce qui s’est passé fournit à tous l’occasion d’avancer des hypothèses.

Certains allèguent que la commissaire n’a pas eu tout l’appui du gouvernement dont elle aurait dû bénéficier. Ils donnent comme exemple le fait que la Commissaire et les membres de son équipe n’ont pas eu accès aux documents et aux archives du Commissariat précédent, alors dirigé par François Boileau.

Ils notent que la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, n’a pas commenté le départ soudain de Kelly Burke lorsqu’invitée à le faire par un journaliste de Radio-Canada.

5 à 7 AFO Queen's Park députés francophones
Qu’en pense la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney? Mystère. Le président de l’AFO, Fabien Hébert, en sait-il plus que nous?

Conflit de personnalités?

D’autres indiquent que le témoignage élogieux présenté par Carl Bouchard, pour les années où Kelly Burke a dirigé l’Unité des services en français, ne semble pas laisser de place à des reproches à l’égard de Kelly Burke.

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D’ailleurs, l’ombudsman lui-même reconnait que les résultats obtenus, depuis que son Bureau s’est vu confier la responsabilité des Services en français en mai 2019, ont été remarquables.

Plusieurs s’interrogent: s’agit-il d’un renvoi ou du résultat d’un désaccord fondamental entre l’ombudsman et son adjointe? Tant qu’il n’y pas plus de transparence, toutes les spéculations sont permises.

Pour une personne occupant un poste élevé, un limogeage est le fait d’être privé brutalement par sa hiérarchie de ses responsabilités et de son poste. Les personnes qui ont bien connu Kelly Burke, au cours de sa carrière et pendant son mandat de Commissaire et ombudsman adjointe, se demandent si elle a été traitée équitablement.

Auteur

  • Gérard Lévesque

    Chroniqueur juridique et sur l'actualité. Avocat et notaire depuis 1988, ex-directeur général de l'Association des juristes d'expression française de l'Ontario. Souvent impliqué dans des causes portant sur les droits linguistiques.

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