Sauvage roman épistolaire

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Comme vous, probablement, je ne connaissais pas l’auteur islandais Bergsveinn Birgisson avant de lire La Lettre à Helga, qui se veut la troublante et l’étrange confession amoureuse d’un éleveur de brebis.

Ce roman épistolaire a eu un immense succès en Islande, dans les pays scandinaves et en Allemagne. Sa traduction en français nous le rend maintenant disponible.

Dans la campagne islandaise, Bijarni vit avec son épousé Unnar; il est éleveur de brebis, elle est stérile. Leurs voisins sont Helga et son époux Hallgrimur. Chez un couple comme chez l’autre, l’amour demeure absent. L’inévitable se produit: le désir d’Helga s’incruste profondément dans la chair de Bijarni, et vice versa.

À 90 ans, Bijarni nous dévoile la lettre qu’il a écrite mais n’a jamais envoyée à Helga.

Il avoue «n’avoir jamais connu d’extase terrestre comparable à nos rapports, là, dans la grange, en ce jour de printemps, éternel dans mon souvenir». Il est évident qu’il aura eu soif de sa voisine jusqu’à son dernier souffle. «On n’éteint pas en un soir le brasier de la passion.»

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Les émotions décrites dans La Lettre à Helga ont presque toujours une connotation rurale ou campagnarde. Ainsi, la seule vue d’Helga nue dans les rayons de soleil est «revigorante comme la vision d’une fleur sur un escarpement rocheux». Rien ne peut égaler la beauté de ce spectacle, sauf peut-être «l’arrivée de mon tracteur Farmall».

Une telle comparaison, Bijarni le reconnaît, est une injure à la beauté d’Helga. Aussi, ajoute-t-il tout de go que… «pour ce qui était de faire l’amour, tu n’étais pas à la remorque». Joli jeu de mots!

Pour écrire ce petit roman de 144 pages, l’auteur Bergsveinn Birgisson a puisé dans les histoires que lui racontait son grand-père, fermier dans le nord-ouest de l’Islande.

Le style fait parfois sourire, Ainsi, lorsque Bijarni parle de «reins solides et bien râblés, de cuisses écartées et puissantes, de belle cage thoracique et de poitrine trapue», il ne se réfère pas à un homme mais à un bélier.

Bergsveinn Birgisson étaie son récit de réflexions que Bjarni a moissonnées au fil des ans. Il écrit que «le problème existentiel de l’homme réside dans le fait qu’il lui faut sans cesse faire des choix dans ce bas monde et que c’est ça la source de son malheur».

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Il ajoute que «le mal, dans cette vie, ce ne sont pas les échardes acérées qui vous piquent et vous blessent, mais le doux appel de l’amour auquel on a fait la sourde oreille».

L’auteur, comme son protagoniste, semble taillé dans la lave pétrifiée de sa terre d’Islande, avec le résultat que son écriture est irriguée de poésie et d’attention émerveillée à la nature sauvage.

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