Saint-Pierre-et-Miquelon: la France plus proche que vous ne le pensez

Marc Albert Cormier raconte l’archipel

L'entrée du port de Saint-Pierre. (Photo: Odile Collet)
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Un archipel trop canadien pour les Français métropolitain, mais très français selon les Canadiens? Voilà comment Marc Albert Cormier décrit l’archipel Saint-Pierre-et-Miquelon, au large de Terre-Neuve, lors de sa conférence à l’Alliance française de Toronto ce mercredi 15 mai.

Cette conférence, organisée par la Société d’Histoire de Toronto, qui fête ses 35 années d’existence cette année, a su réunir une soixantaine de personnes.

Marc Albert Cormier

Marc Albert Cormier est né à Saint-Pierre-et-Miquelon d’un père français et d’une mère canadienne. Cet enseignant et conseiller consulaire à Toronto est passionné par son archipel natal. Il étudiera en France pour finalement s’installer à Toronto.

Il nourrit régulièrement son site internet dédié à l’archipel de texte et de recherches.

AFT
Grâce à ces nombreuses diapositives, Marc Albert Cormier a su transporter son auditoire à travers l’histoire de l’archipel.

La France en Amérique du Nord

Petit rappel factuel sur l’archipel «grand comme un demi-alexandrin». Saint-Pierre-et-Miquelon se situe à 19 kilomètres de Terre-Neuve et décompte huit îles. C’est une collectivité d’outre-mer française où vivent un peu plus de 6 000 personnes.

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La monnaie utilisée y est l’Euro et son fuseau horaire fait de ses habitants «les premiers Français à voter» lors d’élections sur le Vieux Continent, aime rappeler le conférencier. Cet archipel sera dûment décrit par Chateaubriand en 1791 dans ses Mémoires d’outre-tombe.

Un archipel à l’histoire chargée

De 1497, quand les îles auraient été découvertes par Jean Cabot, à 1992, l’archipel est alternativement occupé par les Britanniques et les Français. Entre invasions et rétrocessions, l’archipel devient définitivement français en 1816.

L’archipel a été fortement impacté par la Première et la Seconde Guerre mondiale, ayant été sous le joug du régime de Vichy.

La conférence de Marc Albert Cormier a comporté son lot d’anecdotes concernant ces îlots français perdus dans l’Atlantique. On y compte une boulangerie, et il est possible d’y déguster des mets français, car vins, saucissons et autres fromages sont importés de France.

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Fantaisie décorative sur l’archipel. (Photo: Odile Collet)

Une économie insulaire particulière

La bonne santé économique d’un archipel dépend souvent du commerce d’une denrée particulière. Saint-Pierre-et-Miquelon a notamment connu une forte prospérité économique durant les années 20 et 30, les années de la Prohibition, grâce à son trafic d’alcool (de whisky notamment) et de vins français, acheminés illégalement sur les côtes canadiennes et américaines.

Un bateau navette à Saint-Pierre. (Photo: Odile Collet)

Autre pan important de l’histoire économique de Saint-Pierre-et-Miquelon: la morue. Si la pêche et le commerce de ce poisson ont su marquer l’histoire de l’île, sa surpêche a conduit à une raréfaction du poisson observée dès les années 70.

Des quotas de pêche ont alors été mis en place. Désormais, l’île semble se concentrer sur la culture d’un autre animal marin: le concombre de mer, dont le marché asiatique est très friand.

Cet événement est venu clôturer la saison des conférences de la Société d’Histoire de Toronto, qui reprendra en septembre. Par contre, ses Historitours se poursuivent, à raison de deux par mois tout au long de l’année.

Le drapeau de Saint-Pierre-et-Miquelon.

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