Roman à la fois fascinant et sombre

Caroline Jacques, Globe-trotteuse, tome 1, Aller simple pour l’Afrique, Montréal, Éditions Hurtubise, 2017, 248 pages, 24,95 $.
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Blogueuse de voyage et guide de safari en Tanzanie, Caroline Jacques a visité quinze pays africains. Elle a puisé dans son expérience pour écrire le roman Globe-trotteuse qui nous plonge dans l’aventure d’une coopérante au Niger. Fascinant et dépaysant, ce récit est aussi très sombre, car «Niamey n’a rien. Rien à envier.»

Carlie, 29 ans, arrive au Niger pour entamer un travail de coopération en matière de droits des femmes. Elle fuit le Québec à cause d’une douloureuse rupture amoureuse et croit pouvoir repartir à neuf sur un autre continent connu pour son humanité, sa chaleur maternelle et son authenticité. Elle croit que l’Afrique a la capacité de la faire exister de nouveau.

Le roman nous montre une femme qui, tranquillement, tisse des liens d’amitié et panse ses plaies. Elle s’intègre pour ne pas faire partie des «cacahuètes», c’est-à-dire les Blancs qui ignorent la réalité des gens qu’ils doivent desservir, qui se plaignent de l’inefficacité administrative et pour qui les Noirs font partie du décor, comme les cacahuètes dans un bar.

Tout au long de l’intrigue, l’auteure glisse de petites capsules d’information sur le Niger. Selon les indices des Nations Unies, le Niger était officiellement devenu le pays le plus pauvre de la planète en 2016. On ne lutte pas contre la pauvreté, mais plutôt pour «vaincre l’extrême pauvreté».

Pays réfractaire aux droits de la femme, le Niger affiche l’un des taux d’analphabétisme les plus élevés de la planète; 80 % des députés élus à l’Assemblée nationale du Niger savent ni lire ni écrire. Pour les filles, «la priorité n’est pas d’aller à l’école, mais bien de se mettre du riz sous la dent».

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On y apprend que les Nigériennes ont le plus haut taux de fécondité du monde (7-8 enfants par femme) et que les accouchements tournent souvent mal parce que la mère n’a pas encore 15 ans. Inutile de dire que «la prostitution est un sport extrême».

Svelte et d’allure athlétique, Carlie attire le regard des hommes. Chaque fois qu’on la drague, elle repense à sa relation avec celui qu’elle a laissé à Montréal. Il l’obsède toujours et «mes chimères ne sont jamais bien loin. Même si je change de continent.»

L’auteure aime parfois ciseler une phrase pour faire un jeu de mots: «cesser de réfléchir sous peine de fléchir». Ou encore, pour décrire la fracture entre les pauvres et les riches, elle écrit «ceux qui aspirent et ceux qui transpirent».

L’écriture de Globe-trotteuse est directe et dynamique. Les rebondissements s’enchaînent à qui mieux mieux. C’est un récit d’exil et de passion, mais également de déchirement et d’engagement.

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