Raymond Théberge sera nommé commissaire aux langues officielles

Sensible aux défis des communautés francophones hors Québec

Raymond Théberge (Photo: L'Acadie Nouvelle)


24 novembre 2017 à 16h07

Le recteur de l’Université de Moncton, Raymond Théberge, sera bientôt nommé au poste de commissaire aux langues officielles du Canada, selon ce qu’a appris le quotidien L’Acadie Nouvelle.

Une source bien au fait du dossier, qui a accepté de nous parler à condition que l’on protège son identité, nous a confié que le gouvernement Trudeau proposera bientôt la candidature de Raymond Théberge à ce poste.

Comme des étapes restent à franchir, le recteur ne peut pas encore faire ses boîtes pour aller s’établir dans la capitale nationale. Les partis d’opposition fédéraux devront être consultés et les deux chambres devront se prononcer sur sa nomination.

S’il se voit bel et bien confier ce poste, Raymond Théberge – originaire du Manitoba – deviendra le premier commissaire aux langues officielles fédéral issu de l’extérieur du Québec et de l’Ontario.

Motus et bouche cousue dans le camp Joly

Nous avons eu des contacts avec le bureau de la ministre du Patrimoine canadien, jeudi. On s’est fait avare de commentaires de ce côté.

Dans un courriel, l’attaché de presse de la ministre Mélanie Joly s’est contenté de nous dire qu’afin de respecter le processus, «il serait inapproprié de commenter» la nouvelle. «Une annonce sera faite en temps et lieu.»

Nous avons contacté le bureau de Raymond Théberge, jeudi avant-midi, avant que la nouvelle n’éclate. Une membre de son équipe nous a indiqué qu’il n’était pas disponible pour nous parler.

Peu après que le lapin soit sorti du sac, le bureau du recteur de l’Université de Moncton nous a rappelé pour nous demander de soumettre notre demande au centre des médias du Bureau du Conseil privé à Ottawa.

Un choix bien accueilli en Acadie

La nouvelle de la nomination prochaine de Raymond Théberge est assez bien accueillie au Nouveau-Brunswick.

Lors d’une annonce portant sur un autre sujet, jeudi, à Moncton, le premier ministre Brian Gallant a saisi l’occasion de féliciter le recteur de l’U de M et de lui souhaiter bonne chance.

«C’est un poste important pour le Canada et le Nouveau-Brunswick. Je n’ai aucun doute que M. Théberge fera du beau travail. C’est quelqu’un qui comprend très bien les défis des communautés francophones hors Québec», a-t-il dit.

Sensible au vécu minoritaire

Le président par intérim de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, Joey Couturier, affirme qu’il espère que l’expérience de Raymond Théberge lui donnera une sensibilité aux réalités des Acadiens du Nouveau-Brunswick.

«Maintenant, il ne reste qu’à voir si M. Théberge aura la vision et les convictions nécessaires pour aider la francophonie canadienne à atteindre son plein potentiel en cette ère d’évolution et de mouvance constantes.» Il note que l’on en aura le cœur net lorsque le recteur de l’U de M comparaîtra devant des comités parlementaires. Cela devrait survenir plus tôt que tard.

La Société Nationale de l’Acadie a elle aussi réagi par voie de communiqué, jeudi. Sa présidente, Louise Imbeault, croit que le parcours de Raymond Théberge lui a permis de bien connaître les communautés francophones du Canada.

Modernisation de la Loi

Louise Imbeault ajoute que le Canada est à la croisée des chemins dans ses relations avec les francophones hors Québec, alors que le gouvernement libéral s’apprête à dévoiler son Plan sur les langues officielles et que les francophones attendent toujours la modernisation de la Loi sur les langues officielles.

Elle dit espérer que Raymond Théberge «aura le courage de se faire le champion des droits linguistiques afin de soutenir la vitalité de la francophonie dans les provinces atlantiques».

Nomination au commissariat, prise deux

Le commissaire précédent, Graham Fraser, a quitté ses fonctions en décembre 2016 après dix ans en poste. Après son départ, l’intérim a été assuré par la commissaire adjointe, Ghislaine Saikaley.

Le gouvernement Trudeau a annoncé en mai 2017 qu’il avait choisi l’ex-politicienne libérale ontarienne Madeleine Meilleur afin de succéder à Graham Fraser, ce qui n’est vraiment pas passé comme dans le beurre.

Le processus de sélection ayant mené à cette décision a été vivement critiqué par les partis d’opposition et par de nombreux intervenants de la société civile francophone.

Après des semaines mouvementées, Madeleine Meilleur a fini par retirer sa candidature, en juin dernier. Le gouvernement fédéral a alors lancé un nouveau processus de sélection.

– Avec la collaboration des journalistes Mathieu Roy-Comeau et Patrick Lacelle

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