Rapprochement des francophonies canadiennes

Vers un sommet national et une troisième politique québécoise

La ministre québécoise Sonia Lebel et le président de la FCFA, Jean Johnson.
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La mobilisation des Franco-Ontariens contre les reculs que leur a infligés le gouvernement de Doug Ford à l’automne 2018, aurait généré une nouvelle solidarité pancanadienne, incluant les Québécois. Le gouvernement de François Legault annonçait le 7 mai la tenue d’un Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes en 2020, dans la vieille capitale.

«Beaucoup de chemin reste à parcourir pour assurer la pérennité du français au Canada», a déclaré Sonia Lebel, ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne. La continuité des communautés et de la langue française passerait obligatoirement par la solidarité.

La ministre note que les Québécois ont été sensibilisés à la situation des minoritaires depuis les manifestations en appui aux Franco-Ontariens. La nouvelle administration conservatrice avait stoppé le financement de l’Université de l’Ontario français et rétrogradé le Commissariat aux services en français.

La prise de conscience, estime Sonia Lebel, «s’est exprimée chez nous par un vœu de solidarité et une admiration pour la résilience et la fierté des communautés francophones. Le gouvernement du Québec souhaite que l’élan se poursuive.»

Le Sommet des 16 et 17 juin 2020 rassemblera des représentants du gouvernement et de la société civile, ainsi que des délégués des provinces et des territoires, précise-t-elle. L’objectif est de rapprocher les communautés et de renforcer «l’appartenance à l’échelle nationale».

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«Dix millions à parler français au pays»

L’évènement sera organisé en collaboration avec la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, présidée par Jean Johnson. «Nous avons trouvé au Québec des locuteurs et des partenaires», s’est-il félicité. «Cet élan de solidarité ne doit pas s’effriter. Les contestations de la place du français nous interpellent tous. Ce qui est en jeu est la légitimité de notre langue en Amérique.»

Le président considère le Sommet comme une occasion pour les francophones en milieu minoritaire de découvrir «qu’on n’est pas seuls, qu’on est dix millions à parler français au pays».

Le rassemblement se tiendra à la veille de la Conférence ministérielle de la francophonie canadienne, les 18 et 19 juin 2020, réunissant les responsables des services en français de toutes les juridictions.

Accroître l’espace francophone

«J’aurai le plaisir d’accueillir les ministres pour faire le point sur les conclusions du Sommet dans un but particulier», lance Sonia Lebel: «prendre des mesures pour accroître l’espace francophone.» Les quatre jours de rencontres seront «un exercice de consultation» en vue d’élaborer une 3e Politique du Québec pour la francophonie canadienne.

Après les États généraux des années 1960 qui avaient divisé les communautés, l’initiative originale de retrouvailles avait été lancée par les péquistes de René Lévesque en 1976 avec de la création du Secrétariat permanent des peuples francophones.

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La première politique officielle remonte à 1995, sous la gouverne de Lucien Bouchard, et la 2e était lancée en 2006 par les Libéraux de Jean Charest, pilotée par le ministre Benoît Pelletier et comprenant la création du Centre de la francophonie des Amériques.

«Il ne faut pas que cette énergie se perde»

L’ancien parlementaire participait en janvier à une journée de réflexion à l’Université d’Ottawa sur l’avenir des relations entre les francophonies canadiennes. «On a vu un élan de solidarité partout au Canada, avait-il déclaré. Il ne faut pas que cette énergie se perde et on a besoin d’une réflexion sur le sens à donner à la francophonie canadienne.»

Benoît Pelletier avait recommandé l’organisation d’un grand forum sous l’égide du gouvernement du Québec réunissant «des francophones et francophiles de partout au pays» pour discuter d’avenir.

«Certains conférenciers ont dit que la FCFA du Canada devait assumer ce leadership politique. J’ai plaidé en faveur du Québec parce que ça prend beaucoup de moyens pour mener une large consultation.»

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