Quatre jeunes à l’aventure

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Gaëtan Benoit jouit de l’aventure en canot. «Le fait de vivre aux rythmes de la nature, du soleil, du vent, des tempêtes, des animaux, est aussi une expérience qui me fait énormément de bien.»(Photo: Gaëtan Lamarre)


8 septembre 2018 à 11h00

Pour certains, l’aventure ne représente qu’un divertissement, un passe-temps avec une dose d’adrénaline. Mais laissons quatre jeunes nous expliquer comment l’aventure a approfondi et enrichi leur vie.

Rossel Bérard : le tour du monde

Commençons avec Rossel Bérard, qui a littéralement complété le tour du monde.

Diplômé de l’École canadienne-française de Saskatoon, Rossel habite maintenant au Québec et il nous décrit comment son aventure autour de la planète a favorisé son développement personnel et professionnel. Son odyssée a duré deux ans.

Il a quitté le Canada en septembre 2002 et est revenu au mois d’août 2004. «Je suis parti de Vancouver après avoir fait la cueillette de pommes dans la vallée Okanagan, puis je suis allé en Corée deux semaines.»

Ensuite, Rossel a exploré la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam, le Laos, la Malaisie, l’Indonésie et Singapour avant de prendre l’avion pour l’Inde et le Népal.

Emprisonné un certain temps en Iran suite à un malentendu, Rossel a quitté le pays pour se rendre en Turquie. Il a également voyagé en Italie, en France, en Allemagne, en Espagne et au Maroc.

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L’ébéniste Rossel Bérard a fait le tour du monde: ici sur une plage du Grand Nord. (Photo: courtoisie)

«Je suis revenu au Canada sur un vol Paris-Montréal où j’ai passé quelques jours avant de prendre le bus pour Winnipeg où je suis arrivé la veille des funérailles de ma grand-mère Solange.»

«Je lui avais envoyé une carte postale de la Turquie puis, lorsque les ambulanciers sont venus chez elle suite à l’avant-dernier jour avant sa mort, elle a pris le temps de montrer ma carte postale aux ambulanciers avec fierté. Ç’a été un petit réchauffement de cœur pour moi», nous confie Rossel.

Pour Rossel Bérard, son contact avec d’autres cultures a fait croître en lui «de nouvelles capacités empathiques». Il se dit plus sensible à ce que les gens vivent. Il cherche à mieux les comprendre et à apprécier leurs différences.

«J’enseigne l’ébénisterie à des anglophones de Montréal. Plus de la moitié de mes étudiants viennent d’autres pays comme la Corée, l’Iran, le Maroc et les pays de l’Amérique centrale. Ce sont tous des endroits du monde que j’ai eu le privilège de visiter. Ça me permet de mieux comprendre d’où ils viennent et de bâtir des liens avec eux plus facilement.»

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Roger Dallaire, Gaëtan Lamarre, Francis Marchildon et Gaëtan Benoit devant York Factory. En 2015, ces voyageurs modernes ont traversé l’Ouest canadien en canot et ils se sont rendus à cet ancien entrepôt qui remonte à l’époque de la traite des fourrures, sur la rive de la baie d’Hudson. (Photo: Gaëtan Lamarre)

Gaëtan Benoit : passionné de canot

Gaëtan Benoit est un passionné du canotage. Sa passion l’a poussé à explorer le Grand Nord. En 2015, en compagnie de Roger Dallaire, Gaëtan Lamarre et Francis Marchildon, il a traversé l’Ouest canadien en canot, de Rocky Mountain House en Alberta jusqu’à la baie d’Hudson.

«Aventure pour moi égale aussi fraternité, du moins en canot», nous indique Gaëtan Benoit. «J’ai rarement vécu des moments et des expériences qui forgent une amitié comme un voyage en canot», affirme le natif de Prince Albert, Saskatchewan.

«Le fait de vivre et surmonter des épreuves ensemble, comme traverser un lac dans un gros vent, monter un camp dans une tempête ou chavirer dans les rapides, forge l’amitié et la fraternité. C’est le travail en équipe et les forces complémentaires, sans mentionner le pardon et la patience, qui nous permettent de nous en sortir», explique-t-il.

En plus de forger des amitiés, l’aventure a approfondi son existence. «Je dirais que mes aventures en nature m’ont permis de goûter à des moments de bonheur et de bien-être qui se rapprochent du spirituel. L’analogie au pèlerinage est certainement appropriée. C’est un rappel qu’il y a une partie de l’expérience humaine qu’on ne peut pas retrouver devant un écran ou à travers les bébelles qu’on peut acheter.»

Chantal Hamon : Europe et Amérique du Sud

Pour la Gravelbourgeoise Chantal Hamon, l’aventure a consisté à explorer des pays d’Europe et de l’Amérique du Sud.

Chantal indique que ses aventures ont fait croître sa débrouillardise. «Voyager seule m’a donné toute mon indépendance!»

«Ça sonne banal, mais juste le simple fait de décortiquer un plan de métro ou l’horaire d’un autobus dans un autre pays et dans une autre langue, et de réussir, ça augmente ta confiance», nous dit-elle.

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Joël Potié chasse surtout pour vivre dans la nature. (Photo: Dominique Liboiron, L’Eau vive)

Joël Potié : guide de chasse

Joël Potié, de Saskatoon, est un guide de chasse et un amateur de traîneau à chiens qui habite présentement au Yukon.

«C’est certain que l’aventure m’amène à des endroits sauvages et magnifiques, et de vivre des expériences réellement singulières», partage-t-il. «C’est aussi à travers l’aventure que j’ai appris à pousser mes limites du confort physique et spirituel.»

«Malgré tout cela, je dirais que l’aventure m’a surtout fait apprécier le savoir, c’est-à-dire que j’ai tendance à croire que je connais tout sur une région et ses personnes avant de la visiter, mais que je suis humblement surpris de constater que mes jugements préfabriqués sont perpétuellement faux. C’est dans les moments où je pensais que je n’avais plus rien à apprendre, que je cessais d’avoir l’esprit ouvert, que je cessais de regarder mon entourage, et que je cessais de poser des questions, que je me retrouvais soudainement dans le plus grand embarras.»

«Au final, l’aventure m’a appris que je ne sais rien, et que c’est en ne sachant rien que je continuerai à grandir.»

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