Quand l’Égypte fascinait les Occidentaux

Au temps des expositions universelles

exposition universelle

Le pavillon de l'Égypte à l'Expo 1967 de Montréal.


13 juillet 2018 à 16h00

Les expositions universelles ont vu le jour à Londres en 1851. Elles ont pour but de dévoiler au public les dernières nouveautés en matière de développement scientifique et technologique.

Elles sont aussi des lieux de rassemblement et de partage des cultures.

Les Canadiens se souviennent bien de «l’Expo 67» de Montréal. La dernière avait lieu en 2015 à Milan, en Italie. Des pays tiennent parfois des expositions spécialisées, comme celle d’Astana, la capitale du Kazakhstan, en 2017, sur le thème de «l’énergie du futur». L’Expo 2020 est prévue à Dubaï, aux Émirats arabes unis.

Certains pays participant à ces expositions ont eu plus de succès que d’autres: le pavillon américain au dôme géodésique ou le pavillon soviétique avec ses capsules spatiales ont été les plus appréciés à l’Expo 67.

À la fin du 19e et au début du 20e siècle, c’était le cas de l’Égypte, dont la représentation a longtemps été à la croisée des fantasmes européens et la réalité historique du pays.

«L’Égypte est un pays qui faisait fantasmer les Occidentaux», explique Sherine El Sabaie, doctorante à l’Université de Toronto et elle-même d’origine égyptienne, conférencière le mois dernier à l’Alliance française de Toronto.

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La professeure Sherine El Sabaie de l’Université de Toronto a donné une conférence sur la représentation de l’Égypte dans les expositions universelles du 19e et du 20e siècle.

Royaume mystérieux

Depuis l’expo 1851 de Londres, chaque exposition a toujours accueilli un pavillon de l’Égypte.

À l’époque, l’Égypte était un pays assez mystérieux attirant de nombreux Occidentaux désireux d’en découvrir les richesses et les secrets.

«Lors des différentes expositions universelles, les pavillons égyptiens sont des reconstitutions de temples, mais également de mosquées ou de bâtiments à l’architecture islamique, et ils ont beaucoup de succès», explique la professeure Sherine El Sabaie.

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Le «Palais de l’Égypte» à l’expo de Liège en 1930.

Les Occidentaux, et en particulier les artistes et les architectes qui participeront par la suite à la mise en place des expositions universelles, partageaient leur point de vue à propos de ce pays.

«C’était aussi une aubaine pour l’Égypte», précise Sherine El Sabaie. «Cela permettait à ses dirigeants, notamment le vice-roi Ismaïl Pacha, d’ancrer l’Égypte dans la modernité.»

Une rue du Caire

«La plus célèbre représentation de l’Égypte au cours des expositions universelles est sans doute la reconstitution d’une rue du Caire permettant au visiteur de s’immerger complètement dans ce qu’était la ville du Caire à l’époque».

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La «rue du Caire» avec ses acteurs à l’exposition universelle de 1889 à Paris.

«Pourtant, ses représentations étaient plus proches de l’exotisme et du folklorisme que la réelle Égypte», affirme Sherine El Sabaie.

«Beaucoup de visiteurs égyptiens étaient déçus par la représentation de leur pays. En fait, ces représentations étaient plutôt des fantasmes occidentaux, validés par le vice-roi d’Égypte qui voulait donner une image de grandeur et d’exotisme à son pays.»

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Le pavillon de l’Égypte à l’exposition de 1900 à Paris.

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