Quand l’assassin a la voix de Dieu

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Un des derniers romans policiers de Louise Penny à être traduits est Le beau mystère. On y retrouve l’inspecteur-chef Armand Gamache qui fait enquête dans un monastère caché au creux d’une forêt sauvage du Québec. Saint-Gilbert-entre-les-Loups compte vingt-quatre moines cloîtrés. Je devrais plutôt dire vingt-trois puisque l’un d’eux a été assassiné.

Les moines cultivent des légumes, élèvent des poules, fabriquent du chocolat et prient. Ironiquement, la communauté qui a fait vœu de silence est devenue mondialement célèbre pour ses chants grégoriens.

Lorsque l’abbé découvre que son prieur et chef de chœur a eu la tête fracassée, il appelle la police. Armand Gamache et son adjoint Jean-Guy Beauvoir arrivent pour trouver le coupable. Ils devront d’abord contempler le divin, puis l’humain… et la distance qui les sépare.

Gamache trouve étrange le nom «Saint-Gilbert-entre-les-Loups» un peu étrange. Est-ce parmi les loups ou entre deux loups? Y aurait-il deux loups dans la bergerie? En questionnant chaque moine, un vieux principe refait surface: quand une personne dit «honnêtement», cela annonce souvent un mensonge.

L’inspecteur et son adjoint assistent aux prières des moines (matines, laudes, vêpres, etc.) et les entendent chanter «les mots de Dieu avec la voix de Dieu». Pourtant, l’un de ces moines est un assassin. Pour faire leur travail, les moines ont seulement besoin de croire; Gamache, lui, a besoin de preuves.

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Frère Luc est portier, mais à quoi sert un portier si on n’ouvre jamais la porte? Il est le plus jeune moine et celui qui chante le plus juste. Il explique que, dans une communauté qui chante, un moine seul n’est rien. Mais ensemble, ça donne quelque chose de divin. Le chant grégorien est le moyen que le moine à de se rapprocher le plus près de Dieu.

Des études scientifiques sont venues à la conclusion que les chants grégoriens produisent des ondes alpha qui correspondent à un état de grand calme, à une paix intérieure. L’Église appelle cet effet «le beau mystère», d’où le titre du roman.

L’inspecteur Gamache trouve mystérieux qu’un dominicain arrive soudainement du Vatican en pleine enquête. Il ne s’intéresse pas au meurtre qui a eu lieu à Saint-Gilbert-entre-les-Loups mais au trésor qu’on dit caché dans le monastère.

Les moines ont depuis longtemps exploré et fouillé chaque coin et recoin, toujours en vain. Mais si ledit trésor «n’était pas du tout caché, mais à la vue de tous»…

Loin de moi l’idée de vous révéler le dénouement de ce roman policier divinement ficelé (ce sera un de mes coups de cœur). Qu’il suffise de vous dire que, dans une communauté qui a fait vœu de silence, «vous seriez surpris du nombre de façons qui existent pour faire passer un message, lesquelles sont bien plus efficaces – et plus insultantes – que des mots».

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Le beau mystère vous en apprendra beaucoup sur les origines du plain-chant qui fut par la suite appelé chant grégorien. Ce chant a été composé avant même l’invention des notes de musique. On utilisait alors des neumes (du grec pneuma: souffle, émission de voix).

Comme toujours, Louise Penny accorde une grande importance aux relations entre les personnages, notamment entre l’inspecteur Gamache et son adjoint Beauvoir. Ce dernier fréquente la fille se son patron et se remet difficilement d’une enquête qui a mal tourné. Des démons refont surface et créent une dépendance à une forte drogue.

La traduction de Claire et Louise Chabalier ne laisse jamais à désirer. Le texte coule comme un chant envoûtant.

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