Projets «médiocres» financés: l’Ontario garde secrètes les évaluations

Ontario
Qui est choqué que des projets «médiocres» aient été financés par le gouvernement de l'Ontario:?
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Publié 14/04/2026 par Émilie Gougeon-Pelletier

Le ministre du Travail David Piccini, qui fait toujours l’objet d’une enquête d’éthique, préfère garder secrètes les évaluations faites par son ministère des projets soumis dans le cadre du controversé Fonds de développement des compétences.

Le ministre du Travail a indiqué qu’il continuera de garder secrètes les évaluations faites par ses fonctionnaires dans le cadre de ce fonds de 2,5 milliards $, malgré les critiques formulées l’automne dernier par la vérificatrice générale de l’Ontario et l’enquête d’éthique en cours de la commissaire à l’intégrité de la province.

«Nous ne publierons pas les évaluations des demandes. Il s’agit d’un travail important que nous effectuons avec les fonctionnaires», a répondu David Piccini, lorsque questionné à ce sujet par un journaliste, cette semaine.

Des centaines de millions de dollars

La vérificatrice générale, Shelley Spence, a révélé en octobre dernier que le processus de sélection derrière l’octroi, par le gouvernement de Doug Ford, de centaines de millions de dollars provenant du Fonds de développement des compétences, n’était «pas juste, transparent ou responsable».

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David Piccini.

Le ministre David Piccini avait décidé d’outrepasser les évaluations de son propre ministère et de financer des projets qui avaient été classés aux rangs «faible» et médiocre», au détriment d’idées de plus grande qualité, selon la VG.

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La commissaire à l’intégrité, Cathryn Motherwell, avait ensuite décidé d’ouvrir une enquête, en décembre, concernant la gestion de ce fonds par le gouvernement, à la suite de plaintes déposées par les partis d’opposition.

Les néo-démocrates et les libéraux ont accusé le ministre du Travail d’avoir enfreint la Loi sur l’intégrité des députés dans sa gestion du processus de demande et de sélection du fonds, et d’avoir accordé un traitement préférentiel à certains groupes.

Intervenu dans le processus

Le ministre David Piccini a admis être intervenu dans le processus de sélection et avoir outrepassé l’avis des fonctionnaires de son ministère qui avaient fait l’évaluation des projets à financer.

Il nie toutefois avoir brisé les règles.

David Piccini a refusé de commenter l’enquête de la commissaire à l’intégrité qui est en cours, mais a réitéré qu’il collabore avec son bureau.

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Il a aussi rappelé mercredi que le fonds «a aidé 100 000 travailleurs, leur permettant de sortir du chômage et de trouver un emploi». Une sixième ronde de financement dans le cadre de ce fonds sera annoncée «très bientôt», a-t-il ajouté.

La commissaire à l’intégrité de l’Ontario dispose de pouvoirs étendus pour mener une enquête, notamment celui de convoquer des témoins, de les interroger sous serment et de produire des preuves.

On ne sait pas encore à quel moment la commissaire aura conclu son enquête, mais, une fois qu’elle sera terminée, elle déposera son rapport auprès de la présidente de l’Assemblée législative de l’Ontario.

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