Programmes bidon: les ministères réexaminent leurs subventions à La Passerelle

Le Toronto Star a tout faux, selon Léonie Tchatat

Léonie Tchatat (au centre) lors d'un événement international à Toronto. (Photo: page Facebook de La Passerelle)
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La Passerelle-I.D.É. conteste toutes les allégations de détournement de fonds publics qui indisposent les ministères et agences fédérales, provinciales et municipales fournissant l’essentiel de son budget annuel de 2,2 millions $.

En plus de la distribution à des employés et des amis de billets de concerts et d’événements sportifs destinés par Kids Up Front à des familles démunies, l’organisme franco-torontois d’intégration des immigrants, fondé et dirigé par Léonie Tchatat depuis 25 ans, aurait mal géré un programme fédéral de soutien à des prostituées.

Pas de prostituées

Selon le Toronto Star, son programme «Sans visage» de 1,5 million $ sur cinq ans n’aurait organisé jusqu’à maintenant qu’une rencontre de réseautage pour 26 femmes dans un restaurant, sans lien avec la prostitution.

«Le projet semble fictif», écrit Kevin Donovan du Star, qui protège l’anonymité de ses sources travaillant avec La Passerelle: «pas de prostituées, pas de programmes».

Léonie Tchatat

Fausse représentation

«L’article du Star offre sciemment une fausse représentation du but et du contenu de Sans visage», se défend La Passerelle dans un nouveau communiqué ce lundi 8 avril.

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La semaine dernière, la directrice générale Léonie Tchatat et la présidente Farah Ghorbel Taï affirmaient que l’histoire des billets de Kids Up Front était un «malentendu».

Selon le Star, Kids Up Front a toutefois rompu son association avec La Passerelle. Et selon Radio-Canada, les ministères fédéraux de la Sécurité publique et du Patrimoine canadien, ainsi que les ministères ontariens des Affaires francophones et de la Formation, demandent maintenant des comptes à La Passerelle.

Dépenses conformes

La Passerelle nie que «les participantes au programme Sans visage auraient été décrites comme étant des prostituées».

«Cela est absolument faux. Cette fausse allégation de la part du Star stigmatise davantage des femmes francophones racialisées se trouvant dans une position de vulnérabilité.»

«Les fonds liés à Sans visage sont dépensés de conformité avec le budget soumis au gouvernement. Des rapports sur Sans visage sont soumis au gouvernement tous les trois mois.»

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Léonie Tchatat lors d’une activité dans les locaux de La Passerelle, rue Carlton.

Drôle de gouvernance

Une représentante de La Passerelle à Paris (!), Siham Sahed, qui serait l’évaluatrice du programme Sans visage, a dit à Radio-Canada que le projet a pour but «d’accompagner de jeunes femmes dans un processus de valorisation personnelle et professionnelle et leur éviter d’être dans un processus pernicieux tel que la prostitution».

Le mari de Léonie Tchatat, Guy Taffo, est le comptable de La Passerelle. Ce n’est jamais une bonne idée, selon des dirigeants d’organismes à buts non lucratif contactés par L’Express, qui s’étonnent du laxisme des bailleurs de fonds face à ce qu’ils qualifient de «manque de transparence» de La Passerelle au fil des années.

Certains doutent aussi du rendement réél, c’est-à-dire des résultats concrets, des fonds investis dans les projets de La Passerelle par les gouvernements et les agences publiques.

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