Police arrogante… et autres frustrations estivales


16 août 2018 à 12h25

Il est inconcevable qu’on ne sache toujours pas, trois semaines après la tuerie de la rue Danforth, le 22 juillet, si le meurtrier a été abattu par la police ou s’il a retourné son arme contre lui.

Première incongruité: l’enquête de l’escouade provinciale sur l’intervention de la police de Toronto a préséance sur l’enquête de la police sur les crimes commis ce dimanche soir dans le quartier grec: une fillette et une jeune femme tuées, 13 personnes blessées.

L’Unité des enquêtes spéciales ne daignera nous informer que lorsqu’elle aura complété son travail. Déjà, que cette tâche prenne plusieurs semaines est suspect: les experts sont-ils en vacances? Le public n’a pas besoin de tous les détails, mais les plus pertinents pourraient être partagés rapidement.

La police de Toronto n’est pas plus exemplaire. On a fouillé l’appartement et l’ordi de Faisal Hussain, en plus d’interroger ses proches et ses connaissances, mais le chef Mark Saunders et son principal enquêteur n’ont pas encore émis d’avis sur les motivations du tueur. Débordement de rage d’un désespéré ou terrorisme politico-religieux?

Encore là, le public n’a pas à être tenu dans l’ignorance de ces informations de base. Si le tueur était aux prises avec de graves problèmes mentaux, qu’on le confirme. Si on ne trouve aucune piste terroriste, qu’on le mentionne aussi.

Et comment Faisal Hussain s’est-il procuré son arme? On ne le sait toujours pas après trois semaines d’enquête (incompétence) ou on refuse de le dire dans des délais raisonnables (arrogance). La police est à notre service, pas l’inverse, et le débat public mérite d’être alimenté par des faits, pas par des rumeurs.

Des fleurs pour les victimes de la tuerie de la rue Danforth.

Vols de vélos

Parlant d’incompétence (ou de paresse), on apprenait cette semaine que le nombre de vols de vélos continue d’augmenter à Toronto (3750 vols rapportés en 2017 à la police, qui a retrouvé 43 vélos), malgré l’usage généralisé de systèmes antivol et la multiplication des caméras de surveillance.

C’est frustrant. Ça ne devrait pas être si compliqué de cacher quelques policiers aux alentours de beaux vélos attrayants, et de pincer les voleurs sur le fait. La police peut sans doute aussi utiliser une puce électronique permettant de suivre le vol au GPS et de remonter la filière.

La même stratégie s’appliquerait aux autos et à d’autres objets volés. La police se ferait beaucoup d’amis à être ainsi proactive.

Décriminalisation du cannabis

Parlant de réduction de la criminalité, on ne peut guère faire mieux dans ce domaine que d’effacer le crime lui-même du Code criminel!

Les provinces s’adaptent à la décriminalisation du cannabis – rare vraie mesure libérale du gouvernement de Justin Trudeau, qui entrera en vigueur le 17 octobre — et le nouveau gouvernement ontarien vient d’annoncer qu’une société publique vendra la douce substance en ligne, alors que la vente en magasin sera laissée au secteur privé.

C’est un meilleur modèle que celui qu’avait choisi l’administration précédente: confier à la LCBO la gestion d’un réseau séparé de dispensaires. Mais tant qu’à faire confiance au secteur privé, pourquoi se mêler de la vente en ligne?

Ce sera réglementé, on se préoccupera de la sécurité routière et on protégera les enfants, nous assurent les ministres fédéraux et provinciaux… Bravo, mais tout ce que nous consommons est déjà réglementé, surveillé, testé: personne ne souhaite qu’il en soit autrement pour la drogue. Idem pour la conduite dangereuse: on la réprime déjà.

Et on a toujours aimé nos enfants. Ils ne seront pas plus exposés à la drogue qu’ils ne le sont aujourd’hui ou que ne l’ont été leurs parents. Ce sera juste moins cool quand ce sera légal.

Après le cannabis décriminalisé: le hachich, la cocaïne, l’héroïne? Ce serait logique, et un récent rapport de la Santé publique de la Ville de Toronto en fait la recommandation. La prohibition actuelle (aka «la guerre à la drogue» depuis les années 1960) est un échec, reconnaît d’ailleurs une majorité de citoyens selon un sondage attaché à cette recommandation audacieuse.

armes, police
Récente saisie de drogues et d’armes à feu par la police de Toronto dans le cadre d’une opération de plusieurs mois qui a mené à l’arrestation de six personnes.

Immigration illégale

Parlant d’incohérence des politiques publiques, d’incompétence de la police et de frustration des citoyens, environ 20 000 personnes (surtout des Haïtiens, Africains et Latino-Américains) entreront illégalement des États-Unis au Canada cette année, comme l’an dernier, par le sentier du bois de Lacolle au Québec ou à d’autres passages vers l’Ontario ou le Manitoba.

La complaisance de nos autorités, par calcul électoraliste, est manifeste ici. On sait par où passent la plupart de ces migrants, qui contournent nos postes-frontière parce qu’ils savent qu’ils y seront refoulés. Ce ne serait pas compliqué de bloquer ces sentiers ou d’y poster des gardes, même si ce serait souvent à recommencer ailleurs.

Même avec les technologies modernes, on peut difficilement surveiller chaque kilomètre de la très longue frontière canado-américaine, qui passe par des forêts, des lacs, des rivières et deux océans. Il est même étonnant que cette immigration «irrégulière» (le mot que tente d’imposer le gouvernement fédéral) ne soit pas plus importante. Peut-être l’est-elle d’ailleurs…

Le Canada accepte plus d’un quart de million d’immigrants et de réfugiés par année. 20 000 illégaux, dont certains seront éventuellement déportés, n’est donc pas si dramatique. Notre grand pays est encore sous-peuplé.

Certains analystes affirment que nous aurions besoin d’un million d’immigrants par année. Si ces futurs citoyens parlent français, je suis d’accord; encore plus s’ils sont motivés par l’amour de notre culture et de nos valeurs modernes.

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