Ces fossiles humains qui ne sont pas là où ils devraient être


27 octobre 2015 à 10h20

À une extrémité du continent africain, des squelettes de ce qui est peut-être, ou peut-être pas, un Homo sapiens, à la morphologie étrange et à l’âge indéterminé. À l’extrémité opposée du continent asiatique, 47 dents témoignant de la présence d’Homo sapiens en Chine au moins 30 000 ans plus tôt que prévu.

Le lien entre ces deux découvertes, survenues à un mois d’intervalle? A priori, aucun. Le problème de la découverte sud-africaine est qu’on ignore l’âge des squelettes — baptisés Homo naledi.

C’est le seul reproche qui a été adressé aux découvreurs le mois dernier, mais il est de taille: beaucoup de fanfare, mais il y manque une information capitale avant de redessiner notre arbre généalogique.

Rites funéraires?

Leur découverte a certes été saluée avec enthousiasme par tous les préhistoriens — 1550 os représentant au moins 15 individus, c’est une rareté, de surcroît jetés dans une caverne réputée inaccessible, comme s’il s’agissait d’un rite funéraire.

Mais c’est l’âge qui fera foi de tout: si ces ossements ont 30 000 ans, c’est un Homo sapiens à la morphologie étrange — un mélange de traits «anciens» et «modernes». S’ils ont plus d’un million d’années, c’est un être dont on n’aurait jamais cru qu’il puisse avoir des rites funéraires.

À l’autre bout du monde, dans une caverne du sud de la Chine, les faits sont par contre plus clairs: les 47 dents ont entre 80 000 et 120 000 ans.

Et cet âge ouvre la porte sur une grosse remise en perspective: 100 000 ans, c’est à peu près l’âge, présumait-on jusqu’ici, des premiers Homo sapiens à peine sortis d’Afrique — ces plus anciennes traces étaient jusqu’ici en Israël, beaucoup plus près du continent africain.

L’Asie avant l’Europe?

Pour autant qu’on sache, les Homo sapiens ont mis pied en Europe il y a seulement 50 000 ans. Ce qui signifie qu’ils auraient eu le temps de marcher jusqu’en Asie, longtemps avant de peupler l’Europe.

Depuis la semaine dernière, des experts ont évoqué comme raison le climat: des humains nés sous les Tropiques auraient jugé la route de l’Est plus propice que celle du Nord. 

D’autres ont évoqué les Néandertaliens déjà établis en Europe, qui auraient agi comme «barrière naturelle»: une hypothèse difficile à faire avaler aux spécialistes des peuples de chasseurs-cueilleurs, tant la densité de population devait être réduite.

Cela dit, les dents sont «sans équivoque» celles d’un Homo sapiens, affirment les chercheurs qui, eux, ont publié dans une revue avec comité de révision par les pairs — leur article est paru le 14 octobre dans Nature.

Au final, entre l’Homo naledi sud-africain et l’Homo sapiens chinois, impossible de dire qui précède qui, faute d’une datation — et faute d’avoir un brin d’ADN. La recherche parue dans Nature n’évoque pas la possibilité de reconstruire l’ADN qui aurait peut-être pu survivre dans les dents, mais d’autres y rêvent déjà.

Du côté sud-africain, une dizaine d’autres articles seraient à venir, sur la physiologie des jambes et du crâne par exemple, mais rien sur un éventuel ADN pour l’instant.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Plongée au cœur de Liberty Village, ancien quartier industriel

Liberty Village
Le quartier de Liberty Village, entouré par la rue King et la Gardiner Expressway à l'Est de Toronto, est un concentré d'histoire où les...
En lire plus...

12 novembre 2018 à 11h00

Quand la lumière vient de l’intérieur

galerie Thompson Landry
Ognian Zekoff, l’un des principaux peintres hyperréalistes du Québec, spécialisé dans le «clair-obscur contemporain», veut montrer que les sources de lumière ne viennent pas seulement...
En lire plus...

12 novembre 2018 à 9h00

Hommage des Torontois aux soldats de 14-18

Centenaire armistice Jour du souvenir 2018
Ce 11 novembre au matin, des milliers de Torontois se sont rassemblées pour célébrer le centenaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale.
En lire plus...

11 novembre 2018 à 17h00

La Grande Guerre qu’on ne saurait oublier

Chaque année, le 11 novembre nous rappelle un moment important de notre histoire, celui de cet armistice signé le 11 novembre 1918 à 5 h15,...
En lire plus...

11 novembre 2018 à 11h11

Ces colonnes dressées vers le ciel

On remarque un grand nombre de colonnes imposantes dans les grandes villes d'Europe, mais il n'existe pratiquement pas de tels monuments dans nos villes...
En lire plus...

11 novembre 2018 à 11h00

Fin de vie sublime

livre
La journaliste suédoise Sofia Lundberg a autoédité Un petit carnet rouge, roman qui a connu un rare succès sur Internet avant d’être repéré par...
En lire plus...

11 novembre 2018 à 9h00

Quiz : Fin de la «Grande Guerre» 100 ans passés

quiz
Les combats de la Guerre de 1914-1918 prennent fin lorsque l’armistice est signé le 11 novembre 1918.
En lire plus...

11 novembre 2018 à 7h00

La musique a résonné en français aux quatre coins du pays

Une centaine d’artistes viennent de donner plus 200 spectacles de l’Atlantique au Pacifique dans le cadre du festival Coup de cœur.
En lire plus...

10 novembre 2018 à 15h00

Gérer le PLOE comme l’aide en santé?

La pression monte pour qu’Ottawa fasse un ménage du Programme des langues officielles dans l’enseignement (PLOE).
En lire plus...

10 novembre 2018 à 11h00

Le PLOE : un programme fédéral qui a besoin d’un grand ménage

L’année 2020 marquera le 50e anniversaire des transferts en éducation aux provinces et territoires, mais trouve-t-on dans le bilan du Programme de quoi célébrer?
En lire plus...

10 novembre 2018 à 9h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur