Plongée dans l’univers de Jacques Mayol

Le héros du Grand Bleu raconté dans L'homme dauphin

L'homme dauphin de Lefteris Charitos
Plongée libre du champion William Trubridge dans le Trou bleu de Dean, aux Bahamas.
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Mondialement connu grâce au film culte Le Grand Bleu de Luc Besson, le plongeur Jacques Mayol est de nouveau mis à l’honneur par le réalisateur grec Lefteris Charitos, dans un film de non-fiction poignant, L’homme dauphin.

À l’affiche du cinéma Carlton, du 9 au 15 novembre, le documentaire sera également projeté lors d’une soirée spéciale le 9 novembre au cinéma Hotdocs Ted Rogers, sur Bloor ouest.

L’acteur principal du Grand Bleu, Jean-Marc Barr, ici narrateur dans ce nouvel opus, s’est entretenu avec L’Express.

Une quête spirituelle sur l’apnée

Au départ du projet, Lefteris Charitos avait prévu de réaliser un documentaire sur les plongeurs d’éponges grecs. Ses recherches l’ont finalement amené vers Jacques Mayol.

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«Bien sûr, il avait vu Le Grand Bleu, mais il ne connaissait pas le personnage. Il a donc décidé de mener une quête spirituelle sur ce qu’était l’apnée pour Jacques», explique Jean-Marc Barr.

L'homme dauphin de Lefteris Charitos
Le réalisateur Lefteris Charitos avec le plongeur Umberto Pelizzari dans la piscine Y 40 à Leveda, en Italie, lors du tournage.

À travers des images d’archives, des plans de l’océan et des témoignages de ses proches et de champions de plongée, le réalisateur reconstitue la vie de cet homme hors du commun.

Le point de vue adopté dans la narration est celui de Jacques Mayol. Lefteris Charitos s’est en effet inspiré du livre autobiographique Homo Delphinus, publié en 1983.

L’homme de tous les records

La fascination de Jacques Mayol pour les dauphins commence dès ses sept ans, lors d’un voyage dans la Mer Noire. Amateur d’excursions, il boucle ses valises à ses 21 ans et s’en va parcourir plusieurs pays du globe: le Maroc, le Canada, la Suède, les États-Unis.

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Jacques Mayol nage avec un dauphin.

Installé à Miami avec sa femme, il est engagé dans un aquarium. Il se prend d’affection pour Clown, un dauphin qui lui donne la passion de la plongée en apnée. À partir de ce moment-là, il ne quitte plus l’océan, s’entraînant à longueur de journée à rester sous la surface de l’eau.

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Lorsqu’Enzo Maiorca devient le premier homme à atteindre 50 mètres de profondeur en apnée, Jacques Mayol décide de battre son record. Il atteint 60 mètres en 1966, puis 70 mètres deux ans plus tard.

Le 23 novembre 1976, il devient le premier homme à avoir plongé 100 mètres sous la surface en apnée. C’est la consécration. Luc Besson lui dédie son film Le Grand Bleu en 1988.

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Jacques Mayol dans les années 60, sur une carte envoyée à sa petite sœur.

Un solitaire dépressif

«De vivre cette liberté qu’il s’est permise, il s’est retrouvé seul», nous confie Jean-Marc Barr. Effectivement, fraîchement divorcé, le champion décide de quitter sa famille pour se dédier à sa passion.

Si dans les premières années, cela le satisfait pleinement, l’assassinat de sa compagne Gerda en 1975 le laisse seul et le plonge dans une sévère dépression. Il s’en relève grâce à la méditation bouddhiste et au yoga.

L'homme dauphin de Lefteris Charitos
Jean-Marc Barr, le narrateur de L’homme dauphin (Photo: WOWOW).

Toutefois, après la sortie du Grand Bleu, Jacques Mayol garde une profonde frustration de n’avoir pas incarné son rôle, et d’être progressivement oublié par le public.

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Il se suicide en 2001, à 74 ans. «Comme un dauphin, il s’est retiré pour mourir seul. Je pense que c’est une fin assez romantique pour l’homme qu’il était», rapporte Jean-Marc Barr.

«C’était lui la star, pas moi»

Lorsque Lefteris Charitos lui a proposé de narrer l’histoire de Jacques Mayol, Jean-Marc Barr n’a pas hésité. «C’était l’occasion pour moi de remettre les pendules à l’heure. Avec le succès du Grand Bleu, j’ai éclipsé le personnage. Quand les gens pensaient à lui, ils me voyaient moi.»

«Jacques savait que j’en étais conscient, nous étions amis. Deux semaines avant son suicide, il m’a appelé. J’ai bien vu qu’il était mal, mais je ne pouvais rien faire. Quand j’ai appris sa mort, je n’étais pas surpris», se souvient Jean-Marc Barr.

«C’était donc important pour moi de participer à un film qui montre cet homme dans toute sa folie et son génie. C’était lui la star, pas moi».

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Jacques Mayol et Jean-Marc Barr.

L’acte sensuel de l’apnée

L’homme dauphin est également un témoignage engagé pour l’environnement. Les plongeurs encouragent le public à se rapprocher de la nature, à ne pas seulement voir l’océan comme un territoire à exploiter. La prise de conscience environnementale est en effet de l’ordre du sensitif.

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«Lorsque tu plonges en profondeur, t’es un peu mort d’une certaine manière. Quand tu remontes à la surface, en connaissant ce rien, la vie devient tout», explique Jean-Marc Barr. Selon l’acteur, ce n’est pas l’intellect qui nous permettra de sauver la planète, ce sont les sensations, le spiritualisme auquel Jacques Mayol était tant attaché.

Selon ses mots: «Tout est connecté, je suis la mer.»

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