Océans: rencontre avec l’immensément grand

Le dernier film de Jacques Perrin

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Dix ans après Le peuple migrateur, le réalisateur Jacques Perrin revient sur les écrans avec son odyssée marine très attendue, Océans. Sortie prévue le 22 avril 2010 sur les écrans nord-américains.

Immersion dans l’immensément grand

Dès les premières images, Océans nous plonge dans un univers impressionnant par ses dimensions, régi par des forces gigantesques: les immenses vagues qui soulèvent une mer métallique au large et qui viennent se jeter férocement sur les côtes déchiquetées d’Irlande permettent en effet d’apprécier la taille et l’importance dérisoires de l’homme face au gigantisme de la nature.

Cet océan qui nous fascine, nous émeut et nous terrifie depuis la nuit des temps, qu’en savons-nous au juste? Qu’en maîtrisons-nous? Qu’en faisons-nous?

Laissant les éléments se déchaîner en surface, Jacques Perrin et Jacques Clouzaud nous invitent à plonger sous la vague, à la rencontre du mystère, du majestueux, de l’insoupçonnable.

D’un sol tapissé d’araignées de mer qui se montent les unes sur les autres à la rencontre d’un grand requin blanc, le spectateur est invité à découvrir un royaume d’une beauté inégalée.

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Mieux qu’en situation d’observateur, le spectateur devient poisson parmi les poissons, grâce à l’importance accordée au mouvement et au cadrage serré sur les habitants de la mer. Au gré des courants, des mers et des fonds, nous accompagnons les migrations de méduses géantes, la chasse groupée de dauphins, le ballet d’une grâce sans pareille des baleines et les jeux des otaries.

Nous redécouvrons la dure loi du plus fort parmi les crustacés et les espèces étonnantes qu’aucun aquarium ne nous ait jamais présentées. Toute une faune, qui, surprise dans son élément naturel, invite à réfléchir sur nos connaissances réelles et notre approche du monde marin.

Épargnée de discours explicatifs, l’image prend toute sa puissance et devient l’unique vecteur d’émotion et de réflexion du film.

Un tournage à la dimension du sujet

Océans est un projet qui s’est développé et construit sur une période de sept ans entre les nombreuses écritures du scénario et les tournages dans plus de cinquante-quatre pays.

Il aura fallu près de 3700 heures de plongées entre 0 et 40 mètres de profondeur pour filmer 200 espèces (dont «seulement» 80 seront montrées dans le film) et 500 heures de rushes pour donner naissance à cette fable océane d’1h40.

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C’est la réalisation d’un projet, d’un rêve qui a pu se réaliser grâce à la passion de nombreux hommes et l’inestimable collaboration de la grande communauté scientifique. Des atouts qui ont incontestablement permis à Océans de révéler au public avec justesse et qualité la grandeur et la beauté sans égales de nos océans.

«L’océan, comme jamaisvous ne l’avez entendu»

Si la bande-annonce d’Océans, met l’accent sur «l’océan comme vous ne l’avez jamais vu», il est vrai que la plongée dans cet univers incroyable est rendue encore plus réelle grâce au bruitage.

Un travail sonore d’exception que l’on doit notamment au talent des techniciens en studio. En effet, du frottement des grains de sable dans les fonds marins au claquement des pinces des crabes et étoiles de mer qui s’agitent, en passant par les oiseaux qui fendent en piquet la surface des mers pour pêcher leurs proies, le spectateur participe pleinement à l’action, tant le réalisme sonore est sidérant.

Un travail ardu et pointu que les équipes de plongées n’ont pu toujours obtenir avec leur simple micro sous l’eau.

Une technique visuelle de pointe

Les tournages sous l’eau nécessitent toujours l’utilisation de techniques cinématographiques particulières afin de restituer le plus justement possible l’univers et le sujet filmés.

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Pour Océans, les équipes de tournage sont allées encore plus loin. Afin de s’immerger totalement et de surprendre dans leur intimité près d’une centaine d’espèces toutes plus sauvages et craintives les unes que les autres, il fallait en effet ajuster son mode d’opération.

Outre la décision de tourner en HD pour ne pas être pénalisé par l’autonomie de la pellicule, les équipes de tournages ont eu recours à quelques créations maison pour capturer le merveilleux.

Ainsi, des «caméras-torpille» ont été utilisées pour épouser la vitesse et le mouvement de certains mammifères.

Les plongeurs ont eu recours à des étalonnages et réglages automatiques de lumière et de couleur pour ne pas avoir à souffrir des changements de température et garder une constance dans les bleus et la luminosité.

Et pour de ne pas effrayer les poissons lors des tournages, les plongeurs ont utilisé des bouteilles à circuit fermé afin d’éviter les bulles.

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Des inventions et gadgets techniques qui se déclinent pour capturer dans toute sa justesse et son dynamisme, ces peuples des mers.

Un film superbe, un tantinet moralisateur

Après le magnifique Peuple migrateur, Jacques Perrin, également producteur de Microcosmos, continue à nous faire partager sa passion pour notre monde. Le bonheur de capter tous ces peuples dans leurs éléments pour nous en présenter l’extraordinaire beauté.

Des projets colossaux, merveilleux et risqués. Avec Océans, le pari est – presque – gagné. Car là où Microcosmos et Le peuple migrateur prolongeaient l’envoûtement au-delà du film, Océans, pêche par un soupçon de prêchi-prêcha.

Jacques Perrin prend son fils comme fil d’Ariane pour dérouler son film. Sous le regard et les questions candides d’un enfant «qu’est-ce que l’océan?», le film peut s’étendre, telle une invitation à découvrir les richesses d’un monde envoûtant, à méditer sur celles qui n’existent plus et celles qui pourraient disparaître très prochainement si nous n’y prenons pas garde.

Si d’un commun accord avec Jacques Clouzaud, Jacques Perrin privilégie l’image sur la narration, il n’évite cependant pas l’écueil moralisateur du film.

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En effet, séduit par la beauté des images et du sujet, le spectateur supporte mal les scènes où les réalisateurs abordent sans complaisance les questions de massacres de requins, de pêches massives et non contrôlées au filet ou harpon qui ont un effet désastreux sur nombre d’espèces ou encore sur la pollution des fonds marins qui fait froid dans le dos. Sorti de sa transe, extrait de la poésie du film, le spectateur décroche et regarde sa montre.

1h40, c’est finalement peut-être un peu long pour une plongée en océan!

Jacques Perrin et Jacques Clouzaud auraient pu se passer de cette dernière partie un peu longuette et redondante, sans pour autant que leur message ne passe à la trappe et que le spectateur oublie de réfléchir et d’agir pour préserver cet univers à la beauté si fragile.

Un choix qui jette une ombre sur le lyrisme et le sentiment lumineux de liberté qui émanent du film, et qui l’empêche d’atteindre l’ampleur et l’originalité du Peuple migrateur.

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