La planète la plus proche du Soleil: six survols de Mercure d’ici 2025

Mercure
La double sonde BepiColombo près de Mercure au début d'octobre. Photo: ESA/BepiColombo
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Les amateurs d’astronomie ont eu une rare occasion de parler de la planète Mercure l’automne dernier, lorsque la sonde BepiColombo est passée à seulement 199 km de sa surface. Mais cet événement rappelle à quel point, dans l’espace, il faut être patient: ce n’était que le premier de six survols d’ici… décembre 2025.

BepiColombo, une mission lancée en octobre 2018, est constituée de deux sondes spatiales: une construite par le Japon, l’autre par l’Union européenne.

En orbite autour de Mercure

Elles se mettront en orbite permanente autour de Mercure en 2025, mais il leur faudra auparavant six passages, incluant celui réalisé dans la nuit du 1er au 2 octobre 2021, afin de freiner chaque fois un peu plus et de s’ajuster par rapport à l’immense force d’attraction du Soleil.

Le prochain rendez-vous est prévu pour le 23 juin 2022.

Mercure a beau être relativement proche de la Terre — à «seulement» une centaine de millions de kilomètres — c’est une planète qui a été très peu étudiée.

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Justement en raison des difficultés posées par la proximité du Soleil. En plus de sa masse, il y a la chaleur. Les appareils devront vivre à l’occasion avec des températures de l’ordre de 350 degrés Celsius.

Le concepteur de l’assistance gravitationnelle

La sonde a été baptisée en l’honneur de Giuseppe Colombo (1920-1984), un mathématicien italien à qui on doit les premiers calculs sur cette technique consistant à utiliser la force gravitationnelle d’une planète pour accélérer ou freiner. Cette «assistance gravitationnelle» est maintenant fréquemment utilisée par les ingénieurs spatiaux.

L’engin européen, ou MPO (Mercury Planetary Orbiter), abrite 11 instruments destinés à l’étude de la surface de Mercure, de son intérieur et de la couche externe de son atmosphère (ou exosphère).

L’engin japonais, ou MMO (Mercury Magnetospheric Orbiter), abrite 5 instruments destinés à l’étude du champ magnétique et de l’exosphère… Ainsi que de leur interaction avec les particules circulant dans l’environnement immédiat de la planète.

Des cratères et des escarpements

Les photos prises par BepiColombo lors de son passage sont le résultat d’une décision tardive. Jusqu’en 2016, il n’était même pas prévu dans les plans que l’engin transporterait trois petites caméras. Elles ont une faible résolution et sont surtout là dans le but de satisfaire la curiosité du public, a-t-on justifié en 2016.

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Les photos en noir et blanc, jugées d’excellente qualité considérant l’équipement, et le fait que BepiColombo se trouvait du côté nocturne de la planète, montrent un paysage d’allure lunaire… Des cratères — dont un semble avoir été rempli de lave dans un passé lointain — et des escarpements — dont un qui fait 250 km de long.

Les experts qui avaient analysé les données renvoyées par la sonde américaine Messenger — la seule à avoir jusqu’ici tourné autour de Mercure, de 2011 à 2015 — estiment que la planète aurait pu avoir une activité volcanique jusqu’à il y a 1 milliard d’années. Ce qui serait relativement récent pour cette planète.

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