Peur du noir


25 octobre 2016 à 0h12

Nuit de pleine lune, complice de fantastique et de violence, placard sombre dans lequel on enferme les enfants récalcitrants, cachot où sont séquestrés dangereux prisonniers ou ennemis à abattre, l’ombre est souvent synonyme de menace et provoque la peur.

Comment apaiser votre enfant la nuit venue dans sa chambre plongée dans la pénombre? Sur le chemin de la maison, l’hiver venu, quand les jours sont plus courts?

Depuis la nuit des temps, le noir est associé dans notre culture au malheur et à la mort. On se méfie des chats noirs, on chasse le corbeau et on représente les vampires et sorcières habillés de sombre qui se déchaînent la nuit.

Les contes d’enfants sont peuplés de méchants aux cheveux et vêtements sombres, de choses horribles qui se produisent la nuit. Fantasme que relaient les films d’horreur pour adolescents (c’est pendant le sommeil, la nuit, que le monstre de Elm Street attaque ses victimes totalement démunies).

C’est le soir du 31 octobre que l’on célèbre l’Halloween, car c’est dans l’ombre que tout crime se commet et se perpétue.

Pas étonnant donc si votre enfant (et certains adultes) deviennent nerveux quand le jour décline et vivent la terreur lorsqu’il s’agit de se coucher, seul, dans sa chambre, loin de la douce lumière du foyer. Il leur semble alors se retrouver abandonnés (comme Le Petit Poucet, Hansel et Gretel) à la nuit et à son cortège de maléfices et de dangers.

Certaines crises entraînent pleurs incessants, incontinence, insomnie et parfois vomissements. Si certains appliquent la manière forte – lumière éteinte et porte fermée car c’est le rituel du sommeil de la nuit, les punissions répondant aux pleurs –, d’autres optent pour une solution plus douce et différée – un repas léger avant de se coucher, pour que la digestion soit facile et ne perturbe pas l’organisme, favorisant la détente; une baisse graduelle des lumières avec des bougies ou des lumières tamisées pour éclairer la pénombre dans laquelle on plonge volontairement et progressivement la pièce dans le noir tandis que le jour décline; des histoires plutôt gaies à lire et à se raconter avant d’aller se coucher, un moment dans la chambre de son enfant à partager avec lui à lire, le câliner ou colorier pour qu’il ne passe pas brutalement de l’ambiance familiale lumineuse au noir, à la solitude et au silence de sa chambre.

Il est possible aussi de démystifier la menace de la nuit, en s’attachant à ce qu’elle offre de plus beau: observer et étudier les étoiles, contempler les lumières d’une ville la nuit, privilégier les histoires et film de Noël, d’aurores boréales et de merveilleux. Montrer à son enfant comme tout ralentit et s’apaise une fois le jour couché.

C’est un moment doux, où l’on se retrouve après l’école et le travail, où on prend le temps de se poser et de faire des choses qui nous plaisent et qui détendent. Le moment du bain, du repas et de la lecture. Des câlins et des rêves.

J’en connais aussi qui surjouent pour démystifier la peur de la nuit: apparaître dans la chambre de son enfant sous un drap blanc en faisant Bouh!… et s’empêtrer les pieds dedans et s’étaler de tout son long devant le petit lit. Le drame de la nuit est alors désamorcé par le rire, qui singent les monstres des livres, s’amusent à faire sursauter les jeunes frères et sœurs et à se moquer de leurs réactions, qui claquent les portes la nuit ou tire la chasse d’eau, qui mettent des musiques d’ambiance du type Alien ou Halloween. L’effet recherché n’est pas toujours au rendez-vous, mais il y a du divertissement dans ces foyers en soirée.

En y pensant, on peut décliner les bien-être qu’apporte la nuit à l’infini et se créer des plaisirs renouvelés, seuls, ensemble… Le temps s’étire. C’est le moment de la pause. À vous de l’agrémenter et de la savourer à votre gré.

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