Perseverance sur Mars: une dizaine d’années pour ramener ses cailloux sur la Terre

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Le véhicule de la sonde Perseverance déposé sur Mars le 18 février. Photos: NASA
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Les prochaines semaines seront excitantes pour les amateurs d’exploration martienne. Mais Perseverance est aussi la première mission martienne de l’histoire dont l’aboutissement — ramener des fragments de Mars sur Terre — pourrait prendre 11 ans.

Cela nécessiterait la collaboration de plusieurs pays… et les détails ne sont pas encore ficelés.

Quelques cailloux

Bien que le petit véhicule américain ait en effet tout ce qu’il lui faut à bord pour ramasser des cailloux et les entreposer dans 38 «tubes d’échantillons», l’identité du robot qui viendra ramasser cette précieuse cargaison n’est même pas encore établie, et la réussite de cette opération à long terme est loin d’être assurée.

En théorie, c’est en 2031 qu’un engin revenu de Mars devrait larguer sur Terre ces roches martiennes. Ce moment marquerait l’aboutissement de la mission appelée Mars Sample Return, une collaboration des agences spatiales américaine et européenne, et de plusieurs partenaires privés.

Perseverance est la première étape de cette mission.

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La première photo couleur de Mars prise par Perseverance.

2026

En 2026, une sonde appelée pour l’instant Sample Retrieval (littéralement: le ramasseur d’échantillons) arrivera en orbite, d’où elle larguera un véhicule, chargé de ramasser les tubes (Sample Fetch Rover) laissés par Perseverance sur la surface martienne, ainsi qu’un appareil chargé de redécoller de Mars avec ces tubes à son bord (Mars Ascent Vehicle ou MVA).

La puissance des réacteurs du MVA ne lui permettra que de se rendre en orbite, et d’attendre.

2030

En 2030, une nouvelle sonde spatiale arriverait en orbite martienne, récupérerait la cargaison du MVA et la ramènerait sur Terre.

Facture totale de ces étapes: entre 3,8 et 4,4 milliards $ selon un comité indépendant d’examen de la NASA.

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Le sol martien près d’une roue du véhicule de la mission Perseverance.

Pas de Plan B

Mais ce plan est fragile. D’une part, il suppose que deux agences spatiales avec des priorités différentes et des gouvernements différents respectent à la lettre ces différentes étapes pendant la prochaine décennie.

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D’autre part, si le véhicule de 2026 ne réussit pas à ramasser les tubes laissés sur le sol martien ou que le MVA ne parvient pas à décoller, il n’y a pas d’alternatives.

Tout au plus les ingénieurs de la NASA envisagent-ils que certains des tubes pourraient être entreposés à bord de Perseverance. Si son moteur nucléaire fonctionnait toujours en 2026, elle pourrait peut-être aller porter elle-même sa cargaison au MVA.

Bond en avant

«Il y a toutes les chances que ça échoue», lisait-on l’an dernier dans le Scientific American. Si ça échoue, «une bonne partie de l’édifice de l’exploration martienne laborieusement construit pourrait s’effondrer», renchérit le même magazine ce mois-ci.

Mais si ça marche, ce sera «un pivot de l’essentiel, sinon de la totalité, de ce qui est à venir dans notre future relation avec la planète rouge»: d’indispensables collaborations internationales; des engins polyvalents et de plus en plus autonomes; et un bond en avant dans notre connaissance de la planète la plus susceptible d’être un jour habitée par des humains.

Pour l’heure toutefois, les ingénieurs ont l’œil sur des objectifs à plus court terme. Ils ont un véhicule mobile à mettre en marche. Et un mini-hélicoptère à faire voler au-dessus d’un lac asséché où l’on aimerait bien trouver des traces de glace et de vie passée.

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