Paul Gauguin et ses vahinés

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Si le nom de Gauguin est bien connu comme celui d’un peintre français, si à son nom sont souvent attachées les îles «enchanteresses» de la Polynésie française, il n’en reste pas mois que l’on n’a pas souvent l’occasion d’admirer le talent de cet artiste, tant sont rares les expositions qui lui sont consacrées.

Et ce n’est pas à Tahiti qu’il faut aller pour découvrir les tableaux qu’il a consacrés aux Polynésiennes du cru. Appelé à Tahiti pour des raisons professionnelles, je n’ai de Gauguin trouvé que le souvenir flottant dans l’ambiance doucereuse du climat et vu que les spectacles organisés pour les touristes de vahinés gainées de plastique se déhanchant sur des airs folkloriques.

Les mêmes spectacles artificiels auxquels on m’avait convié lors d’un déplacement professionnel à Honolulu ou au cours d’une escale dans la partie étatsunienne de Samoa, en route pour Tahiti. Et en dehors de paysages somptueux, le tour de cette île effectué grâce à l’amabilité d’un résidant, ne m’a rien appris de plus sur Gauguin, même à Papeete, la capitale.

Gauguin serait-il insaisissable? Sous le superbe ciel étoilé de l’hémisphère sud ne resterait-il que sa tombe, proche de celle de Jacques Brel, dans le cimetière d’Antuoa, dans les Marquises, après son décès le mai 1903, ou dans l’espace culturel Paul Gauguin ouvert dans cette ville en 2003?

Gauguin sous la main

Point n’est besoin d’aller si loin pour ne découvrir de Gauguin que des souvenirs, grâce à l’ouvrage que publient les éditions Hatje Cantz à l’occasion d’une exposition de la Fondation Beyeler, Baselstrasse 101, 4125 Bâle, Suisse, en cours jusqu’au 2 juin 2015.

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«Offrant ainsi l’un des grands sommets culturels européens de l’année 2015, l’exposition de la Fondation Beyeler rassemble une cinquantaine de chefs-d’œuvre de Gauguin provenant des musées et des collections particulières les plus renommés du monde», indique un communiqué de la Fondation. «Les tableaux novateurs de Gauguin, véritables icônes de l’art moderne, comptent parmi les trésors culturels les plus marquants et les plus précieux au monde.»

Et tous ces tableaux, rarement visibles du fait de leur dispersion, se retrouvent dans l’ouvrage cité, en pleine page, parfois en double ou même en triple page, en couleurs, avec, exceptionnellement, des sculptures réalisées par l’artiste et d’autres documents ou photographies qui illustrent la vie et le travail de Gauguin.

Présentation biographique et artistique

L’ouvrage combine une présentation chronologique, qui suit Gauguin de la Bretagne à la Polynésie, avec des essais artistiques qui permettent de mieux saisir l’influence internationale de ses tableaux. «Avec leurs couleurs éclatantes et leurs formes élémentaires, ils ont révolutionné l’art et continuent d’enthousiasmer les spectateurs d’aujourd’hui.»

Paul Gauguin est né le 7 juin 1848 à Paris. Son père est journaliste et sa mère est la fille de propriétaires terriens espagnols d’Amérique du Sud. La légende la fait descendre d’un vice-roi du Pérou.

Gauguin passe sa jeune enfance à Lima lorsque son père, républicain convaincu, décide de fuir l’empire de Napoléon III en 1851. Il décédait durant le voyage. Paul revient en France à 7 ans. Il fait ses études, devient marin dans le civil puis dans la marine militaire française, puis courtier en bourse, il se marie, aura trois enfants et fait la connaissance de peintres impressionnistes et notamment de Pissarro.

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La Bretagne 1860-1891

Devenu amateur d’art, il abandonne son métier et se joint aux expositions des impressionnistes. «Entre 1860 et 1891 Gauguin séjourne à plusieurs reprises en Bretagne, une dernière fois en 1894, au retour de son premier voyage à Tahiti. Ces séjours auront été décisifs pour sa peinture.»

«Loin de la métropole artistique parisienne, enthousiasmé par les rudes paysages de roche et le cours tranquille de l’existence dans les villages bretons, Gauguin crée une série d’œuvres dont fa facture picturale est en complète rupture avec les habitudes visuelles de son temps et qui surprennent par leurs sujets.» (p. 45 et suivantes pour cette section du livre)

Tahiti 1891-1893

«Lorsqu’il débarque à Tahiti en juillet 1891, c’est un vieux rêve que Paul Gauguin voit enfin se concrétiser. Pour lui, l’invention d’un art neuf ne pouvait se faire qu’à l’écart de la civilisation occidentale et en harmonie avec la nature. Le désir d’une existence dans la simplicité primitive, la recherche de motifs que l’esthétique n’aurait pas encore usés jusqu’à la corde l’ont fait partir jusqu’au bout du monde, jusqu’en Océanie.» (p. 75 et suivantes pour cette section)

Et l’on peut admirer dans cet ouvrage ce que l’on pourrait appeler les résultats de cette recherche faire par «Paul Gauguin, peintre sauvage mort au paradis», pour reprendre un titre du journal suisse Le Temps du 7 février.

«Le volume accorde une place prépondérante aux toiles mondialement célèbres que Gauguin a créées à Tahiti: des figures féminines sensuelles, souvent accompagnées d’animaux symboliques, sont enchâssées dans des paysages idylliques. L’artiste y célèbre son idéal d’un monde exotique intact, liant nature et culture, mysticisme et érotisme, rêve et réalité dans une parfaite harmonie.»

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