Pas de consensus sur l’Université de l’Ontario français

Mais tous les participants au Grand débat de Radio-Canada appuient le projet

Grand débat Radio-Canada Université de l'Ontario français

Le débat s'est déroulé dans l'Atrium de Radio-Canada


7 mars 2018 à 13h35

Si le projet d’Université de l’Ontario français à Toronto emballe les principaux intervenants de la francophonie ontarienne, il est loin de faire consensus lorsqu’on se met à discuter de ses programmes, de sa clientèle cible, de son envergure provinciale ou de ses relations avec les universités bilingues déjà en place.

C’est ce qu’on a pu constater ce mardi 6 mars à l’occasion du «Grand débat» organisé et diffusé devant public par Radio-Canada depuis l’atrium de sa tour de la rue Front, qui réunissait autour de cet enjeu politiciennes, universitaires et dirigeants d’associations.

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Le panel de discussion : Carol Jolin, Stéphanie Chouinard, Luc Bussières, Koubra Haggar, Donald Ipperciel, Josée Joliat, Louis-Philippe Dion, Pablo Mhanna Sandoval

Provincial ou régional ?

Faut-il une université qui se décomposerait en plusieurs «campus satellites» dans la province ou bien faut-il la centraliser à Toronto et laisser tranquilles les universités bilingues d’Ottawa et Sudbury?

Luc Bussières pense que l’on doit «pouvoir parler d’une université franco-ontarienne qui couvre l’ensemble du territoire». En tant que recteur de la petite Université de Hearst (la seule et unique 100% francophone en Ontario), il a envie de participer au projet s’il est bel et bien fédérateur.

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Pour Koubra Haggar, conseillère-élève pour le Conseil scolaire Viamonde et présidente du Regroupement des élèves conseillers francophones de l’Ontario, avoir une université provinciale représente un risque pour la francophonie, qui se retrouverait alors dispersée dans la province. Une université centralisée à Toronto permettrait de «fortifier la communauté».

La députée néo-démocrate France Gélinas imagine les choses à plusieurs échelles: «les plus petites municipalités pourront bénéficier de campus satellites et, pour les plus rurales encore, nous avons la connectivité».

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Quels programmes?

Pablo Mhanna Sandoval, président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne, est plus radical. Il considère qu’il ne faut pas se limiter à quelques niches spécialisées et que l’Université de l’Ontario français doit pouvoir permettre de tout étudier. Pour cela, l’UOF devrait pouvoir récupérer des programmes actuellement enseignés dans les universités bilingues.

Pour beaucoup d’autres, ce n’est pas une bonne idée d’offrir des programmes qui existent déjà ailleurs. Pour Donald Ipperciel, principal du campus Glendon de l’Université York et président du Consortium des universités de la francophonie ontarienne, «la meilleure façon d’être compétitif, c’est d’offrir des programmes que les autres ne proposent pas».

France Gélinas préconise des campus avec des programmes généraux et d’autres avec des programmes spécialisés (droit, éducation et travail social notamment).

De son côté, Marie-France Lalonde, ministre des Affaires francophones, se mouille moins pour l’instant, répétant que le gouvernement libéral veut surtout «bonifier l’offre de programme pour les francophones de la région» de Toronto et du Centre-Sud de la province.

La tribune politique
La tribune politique : Gila Martow, Marie-France Lalonde, France Gélinas

Coexister avec les établissements bilingues

Pour Louis-Philipe Dion, membre du collectif satirique Garnements Inc., demander la disparition des programmes en français des universités bilingues, alors que l’on prône une meilleure accessibilité à un enseignement en français, est un «non-sens».

Les directeurs de campus Luc Bussières et Donald Ipperciel sont favorables à une collaboration entre la future université franco et les établissements bilingues. Ils la considèrent même nécessaire, notamment pour assurer une distribution rationnelle des programmes d’études en français à travers la province.

Plusieurs fois mis sur la sellette sur ce sujet, Donald Ipperciel confirme: «on va continuer à enseigner en français à Glendon».

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Regrouper les francos

Or, pour France Gélinas, «le bilinguisme institutionnel ne répond pas au besoin et au désir des Franco-Ontariens», un propos qui a suscité des acclamations du public présent dans la salle.

Pour Josée Joliat, coprésidente du Regroupement étudiant franco-ontarien, il faut regrouper les francophones pour que la communauté puisse prendre sa place.

Pablo Mhanna Sandoval va également dans ce sens. En effet, pour lui, «la minorité linguistique finit toujours pas être placée en bas de la liste des priorités». Unir les francophones dans un même espace physique rendrait la communauté francophone plus forte.

Là encore, le panel ne fait pas consensus. Stéphanie Chouinard, prof à l’Université d’Ottawa, n’exclut même pas la possibilité, pour la future UOF, d’accueillir des étudiants anglophones. «Ce serait manquer une occasion en or que de ne pas inviter les anglophones», dit-elle.

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