«Pas besoin d’être expert» pour transmettre la culture francophone aux enfants

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Les référents francophones se construisent dès la petite enfance, éveillant leur curiosité et créant des ponts avec leur héritage familial. Photo: iStock.com/Jacob Wackerhausen
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Publié 21/05/2026 par Camille Langlade

De Passe-Partout au pet de sœur, en passant par les comptines, les référents francophones se construisent dès la petite enfance. Les éducateurs et éducatrices jouent un rôle clé de passeurs et passeuses culturels pour éveiller la curiosité des enfants tout en créant des ponts avec leur propre héritage familial.

L’identité demeure la principale raison invoquée par les parents francophones pour choisir un service de garde en français plutôt qu’en anglais à l’extérieur du Québec, souligne Statistique Canada dans un récent rapport.

Lors d’un webinaire organisé par l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), le 12 mai, Isabelle Perron-Desjardins, enseignante et collaboratrice auprès du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick, et Catherine Isabel, chargée de projet à l’Association canadienne d’éducation de langue française, sont revenues sur le rôle essentiel de l’art et de la culture en petite enfance.

Période charnière

De 0 à 5 ans, les enfants grandissent, à tous les niveaux. «L’enfant est en pleine construction de sa propre identité culturelle, alimentée par ses références familiales, mais aussi son vécu au quotidien», décrit Isabelle Perron-Desjardins.

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«Les enfants ressentent notre rapport à la langue et notre rapport aux arts et à la culture», rappelle-t-elle à l’intention du personnel des services de la petite enfance et des éducateurs et éducatrices. Elle encourage à montrer son «plaisir à parler français».

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Isabelle Perron-Desjardins.

«Être passeur culturel, c’est cultiver son propre arbre dans un premier temps pour ensuite mieux faire grandir celui des enfants.»

L’intervenante rappelle que les parents eux-mêmes peuvent apprendre de leurs enfants quand il s’agit de culture francophone. Elle cite sa propre histoire.

«Étant native du Nord-Ouest du Nouveau-Brunswick et avec des racines plutôt québécoises, la fête acadienne était peut-être moins présente dans cette région.» C’est à travers ses enfants et leurs activités à l’école qu’elle a pu découvrir la culture acadienne.

La composition d’un babillard avec des collages de célébrités ou de références culturelles en tous genres peut être une activité à partager avec les enfants, mais aussi le personnel des services à la petite enfance.

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«On n’a pas besoin d’être expert»

Les deux présentatrices sont revenues sur le rôle de passeur et passeuse culturelle, ou comment faire découvrir la culture francophone tout en restant ouvert aux autres cultures.

«On n’a pas besoin d’être expert, on a besoin d’être ouvert, curieux, d’avoir une passion contagieuse», explique Isabelle Perron-Desjardins.

Les passeurs culturels jouent le rôle d’intermédiaire, pour favoriser la découverte d’une variété d’expressions culturelles et artistiques, mais aussi ouvrir les enfants à de nouvelles formes d’art.

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Catherine Isabel.

Il faut également «déconstruire l’idée qu’il faut avoir du talent pour créer», insiste Catherine Isabel.

Les spécialistes encouragent les membres du personnel à ne pas hésiter à sortir des murs des services de garde, pour aller voir des expositions, des pièces de théâtre, ou même tout simplement organiser des activités artistiques en pleine nature. Sans oublier d’amener les artistes de la communauté à la rencontre des tout-petits.

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Il s’agit aussi de stimuler le dialogue – par exemple par le biais de cercles de conversation – et d’éveiller la curiosité autour des arts d’ici, et d’ailleurs.

Ne pas chercher à remplacer

Quand l’enfant vient d’une famille où le français n’est pas la langue du foyer, «il faut être curieux pour chercher à comprendre d’où vient l’enfant et être ouvert, accueillir ses références et chercher à créer des ponts entre la réalité de cet enfant-là et la culture francophone», développe Catherine Isabel.

«Ce n’est pas de chercher à remplacer la culture de l’enfant par une culture francophone, mais au contraire à tisser des liens.»

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