Ode à l’intemporelle New York

John Freeman Gill

John Freeman Gill, Les Chasseurs de gargouilles, roman traduit de l’anglais par Anne-Sylvie Homassel, Paris, Éditions Belfond, 2018, 444 pages, 34,95 $.


5 août 2018 à 9h00

Passionné de sa ville natale, John Freeman Gill a écrit pour tous les périodiques littéraires de New York. Son premier roman, Les Chasseurs de gargouilles, est une ode à la ville la plus chaotique de l’Amérique.

On y découvre que New York bat tous les records: «plus dominatrice et plus ordurière, plus industrieuse et plus contente d’elle-même, plus pressée et plus insolente, plus raffinée, plus dépravée, plus intemporelle…»

Griffin Watts, 13 ans, est le narrateur des Chasseurs de gargouilles. Nous sommes au début des années 1970; la sœur aînée de Griffin découvre les amourettes et leurs parents sont séparés.

Le père est poursuivi par la banque pour arriérés de paiement; il collectionne des gargouilles qui sont ensuite vendues à gros prix pour payer l’hypothèque en souffrance. Sa mère, elle, collectionne les amitiés pour trouver ses zones inconnues «qui ne peuvent être révélées ou créées que par le truchement d’autrui».

Reliques de cathédrales

John Freeman Gill écrit que «la seule ville qui vaille la peine d’être préservée est celle que nous avons perdue». New York a la métamorphose dans la peau. On rase des quartiers pour construire des tours de béton. Le père du jeune Griffin Watts s’est donné comme mission de sauver certaines reliques, de leur redonner vie.

Si Dieu avait secoué une cathédrale, son contenu se serait vidé dans l’atelier de monsieur Watts. Il récupère des gargouilles avant l’arrivée des démolisseurs pour leur rendre la liberté en les plaçant chez des gens qui savent les apprécier (et payer le gros prix).

Le terme «gargouilles» est pris au sens large et inclut aussi bien des monstres marins, angelots et médaillons de terre cuite que des portraits en clef de voûte, moulures d’ove et aigles robustement fragiles. «Il y a des tas de gens dans le monde qui veulent acheter des bouts de New York.»

Indiana Jones moderne

Une expédition nous conduit au Woolworth Building, ouvert en 1913; il s’agit d’un édifice de 60 étages dans un style néogothique flamboyant. Sa rénovation est sauvage; tous les motifs et ornements de ses quatre tourelles sont effacés ou décapités.

Le père de Griffin découvre qu’une gargouille n’a pas encore échappé au massacre; il faut la sauver et seul le jeune Griffin peut y arriver en raison de son poids léger. Une aventure digne d’un Indiana Jones des temps modernes!

L’auteur décrit comment Griffin perçoit le regard pénétrant de cette gargouille: «Elle avait la physionomie d’un labrador, ou d’un griffon, on d’un dragon, ou peut-être d’un lion. Elle était tout cela à la fois sans être précisément l’un ou l’autre. Mais j’avais de l’affection pour elle, qui m’enveloppait d’un sourire subreptice de conspirateur. Cela me plaisait.»

Relation père-fils

Père et fils ne sont pas les seuls pirates de la ville. New York s’autophagocyte à qui mieux mieux. La ville changerait tous les dix ans. Est-il possible de tout faire disparaître? Non, répond l’auteur: «La perte est probablement la seule chose qu’on ne peut jamais vous retirer.»

Le roman ne traite pas uniquement de notre rapport au passé face à l’attrait parfois ravageur de la modernité. Il aborde aussi la relation père-fils. Les gargouilles permettent à Griffin de se rapprocher de son père et d’apprendre des leçons qui ne sont pas toujours celles que son père croit lui enseigner…

Selon Annie Proulx, auteure de Brokeback Mountain et Prix Pulitzer, « Les Chasseurs de gargouilles est un roman exceptionnel, intense, drôle, porté par une langue magnifique. Ces pages sont un pur plaisir de lecture… Extraordinaire. »

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