Nzinga au TfT: une reine africaine et son héritière spirituelle

Trois représentations seulement

Tatiana Zinga Botao lors d'une représentation de sa pièce Nzinga
Tatiana Zinga Botao dans sa pièce Nzinga. Photo: Photo: Valérie Remise
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Publié 17/02/2026 par Anna Vigne

Coup de projecteur sur l’histoire d’une grande leader du continent africain: tel est le programme du Théâtre français de Toronto (TfT) les 26, 27 et 28 février. La pièce Nzinga, coproduite par le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et la compagnie montréalaise La Sentinelle, est proposée pour seulement trois représentations uniques en français avec surtitres anglais.

La pièce tisse deux trajectoires liées: celle de l’actrice Tatiana Zinga Botao, née au Congo, élevée à Bruxelles puis installée au Québec, et celle de son aïeule, la reine Nzinga Mbandi, souveraine africaine au 17e siècle. L’actrice retrace son héritage en suivant le triangle Congo-Belgique-Canada.

Photo prise pendant la pièce de théâtre Nzinga
Une scène du spectacle Nzinga. Photo: Valérie Remise

La reine Nzinga Mbandi

Véritable figure politique, la reine Nzinga Mbandi, qui donne son nom à la représentation, a incarné la résistance face aux puissances coloniales et au commerce triangulaire.

Elle acquiert cette renommée historique en s’imposant comme l’égale des représentants portugais lors des négociations territoriales tout au long de ses 40 années de règne.

Véritable stratège militaire et politique, elle gouverne dans un premier temps sur le royaume de Ndongo (le centre de l’Angola actuel) de 1624 à 1663, puis sur celui de Matamba (le Nord-Est de l’Angola actuel) de 1631 jusqu’à sa mort en 1663.

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Son royaume devient un refuge pour les esclaves en fuite et un symbole de résistance pour toute une partie du continent africain.

Nzinga
Statue de la reine Nzinga à Kinaxixi Square, Luanda, capitale de l’Angola.

Seule en scène, porteuse de plusieurs voix

Tatiana Zinga Botao découvre une fois adulte qu’elle partage son nom avec cette figure majeure. Elle décide donc de mettre son art au service de leur histoire commune.

Afin de construire cette représentation, Tatiana Zinga Botao est accompagnée de la comédienne et metteuse en scène française d’origine congolaise Albertine M. Itela.

Basée à Paris, elle a collaboré avec le Théâtre français de Toronto et au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui (Montréal) pour aborder à travers cette pièce les thèmes l’exil, la souveraineté féminine et les liens ancestraux.

Si l’artiste se présente seule en scène, elle s’est entourée pour écrire son récit. Le texte a été élaboré en collaboration avec Alexis Diamond, autrice, librettiste, commissaire et traductrice. Elle a également partagé ce travail avec Marie Louise Bibish, dramaturge, journaliste et autrice québécoise d’origine congolaise.

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Nzinga
Les co-autrices Alexis Diamond et Marie Louise Bibish. La metteuse en scène Albertine M. Itela. Photos: courtoisie

La force des mots des autrices

Dans un mot de présentation de la pièce disponible sur le site internet du TfT, les autrices précisent les contours de leur œuvre commune.

Premièrement le caractère, le ton de la représentation: «C’est une histoire fusionnelle, d’entrelacements. Ça vient du ventre, des tripes, c’est organique».

Elles évoquent également la force de la figure de Nzinga «femme-Reine, femme-Sœur, femme-Mère, femme-Citoyenne, parle de souveraineté, de légitimité, de choix, des vérités, de posture, d’amitié, de respect, de jugements, de sororité et d’angle-morts».

Photo prise pendant la pièce de théâtre Nzinga, elle met en valeur les décors.
Une scène de la pièce de théâtre Nzinga. Photo: Valérie Remise

Puis, elles reviennent sur l’importance de leur relation qui s’est avérée centrale dans la naissance de ce projet. «On a aimé être ensemble, réfléchir ensemble, délirer ensemble, rêver ensemble, se questionner ensemble, trouver des solutions ensemble.»

Enfin, les autrices mettent en lumière le message puissant de cette pièce, signée par trois femmes engagées, d’autant plus percutant en ce Mois de l’histoire des Noirs.

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«Nous ne sommes pas des artistes de service. Nous ne sommes pas des coches sur un formulaire. Nous ne sommes ni des étoiles filantes ni des étoiles lointaines dans les cieux. Nous faisons partie intégrante de la galaxie. Nous sommes là, nous occupons l’espace. Les espaces…»

Auteurs

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